Société

Epargner un vain mot chez les menuisiers

La menuiserie est l’un des métiers moins pratiqués dans la ville de Bujumbura. Elle est exercée en grande majorité par des personnes qui l’ont apprise sur le tas. Burundi Eco est allé à la rencontre des professionnels de ce métier

Les ateliers de menuiserie ne se rencontrent pas partout dans la ville de Bujumbura.  Rien d’incompréhensible. Dans le temps, la politique burundaise n’a pas favorisé l’enseignement des métiers. C’est également un métier qu’on apprend souvent de père en fils. Bon nombre de ces manipulateurs du clou et du marteau  ne savent que tracer une ligne à la latte, lisser la planche et planter le clou à l’endroit qu’il faut. Ce métier discrimine délibérément le sexe féminin et s’exerce tout au long de la journée.

A 6h 45 min du matin, sous un ciel nuageux, Gérard Ndayishimiye est déjà là dans son modeste atelier à manipuler clous, marteau et enclume. Deux jeunes garçons  à ses côtés semblent être des novices dans le métier. Nous découvrons un homme d’une cinquantaine d’années qui se veut professionnel du domaine.

Dans le métier de ménuisier, il est difficile de gagner suffisamment pour épargner

Ndayishimiye est menuisier depuis son jeune âge. Père d’une famille de trois enfants, il affirme avoir manié le marteau depuis plus de 30 ans. Installé dans la ville de Bujumbura depuis 2009, il vit principalement de son métier tandis que sa femme est vendeuse de fruits.

Dans le passé, autour des années 98, il est parti exercer son métier au Rwanda et a goûté pour quelques années à la dure expérience de la vie ouvrière à l’étranger. Issu d‘une famille de menuisiers, Ndayishimiye n’a pas dérogé à la règle. Il abandonnera ses études très tôt à l’âge de 12 ans pour gagner de l’argent en tant que menuisier. Il regrette de n’avoir pas continué ses études car, en effet, il n’a jamais mené une vie aisée.

Gestion et épargne, un exercice difficile pour le menuisier 

Selon Ndayishimiye,  il s’agit d’un métier qui rapporte de l’argent. Pourtant, il est  difficile de gagner suffisamment pour l’épargner. «Il est difficile de gérer l’argent qu’on gagne dans ce métier», dit-il. Cet homme de métier  affirme qu’il ne lui serait pas facile d’être employé ailleurs. La raison à cela est qu’on perçoit chaque fois une avance à chaque marché gagné. En conséquence, on est habitué à avoir de l’argent tous les jours. A la question de savoir combien un menuisier gagne par jour quand il est employé comme journalier, Ndayishimiye affirme qu’il gagne jusqu’à 17 mille FBu par jour.

A Mutanga Nord, un jeune menuisier qui a requis l’anonymat  nous explique les méandres de son métier. Cet homme natif de Bujumbura Rural est marié et a trois enfants. Il dit avoir exercé ce métier depuis son jeune âge et avoir gagné beaucoup d’argent dans le passé. Selon lui, c’est le seul métier qui le fait vivre lui et sa famille. Contrairement à son collègue Ndayishimiye, celui-ci apprécie positivement son métier. Il n’accepterait pas de travailler pour un salaire journalier. Selon ses explications, accepter de travailler pour un salaire journalier  serait aller vers la dérive. Le salaire journalier  est de 17000 FBu. Pour lui, ce salaire n’est pas suffisant. « J’ai choisi plutôt d’être rémunéré sur chaque commande. C’est ce qui est plus avantageux», fait-il savoir. Il affirme qu’un grand nombre de ceux qui travaillent dans ce domaine choisissent de travailler librement plutôt qu’attendre un salaire mensuel.

Au sujet des revenus, les propos des deux hommes convergent. Néanmoins, le problème de gestion se pose. Presque tous les jours, l’argent entre dans la poche  et en ressort  aussitôt. Beaucoup de menuisiers ne mènent pas une vie aisée. Selon Ndayishimiye, cet argent qui entre quotidiennement dans la poche est difficile à gérer. Ne faut-il pas une éducation à l’épargne pour ces gens qui vivent au jour le jour des revenus tirés de leur métier.

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

éditorial

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Au moment où la plupart des burundais sont confrontés à un problème de financement de leurs projets, une autre source de financement a été mise en place par l’Etat. Il s’agit du marché des capitaux qui est fonctionnel depuis deux ans.

    Abonnez-vous à notre bulletin

    Journal n° 703

    Dossiers Pédagogiques

    Facebook

éditorial

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Au moment où la plupart des burundais sont confrontés à un problème de financement de leurs projets, une autre source de financement a été mise en place par l’Etat. Il s’agit du marché des capitaux qui est fonctionnel depuis deux ans.
  • Journal n° 703

  • Dossiers Pédagogiques