Développement

Exploiter les terres rares, un travail de fourmi

L’exploitation des terres rares de Gakara suit un long processus. Pour le faire, on part de la cartographie et des conditions consignées dans la convention d’exploitation. Même les concentrés des terres rares recueillis ici dans le pays ne sont pas un produit fini. Les 14 éléments qui forment les terres rares sont toujours ensemble. Ils ne seront séparés qu’après avoir subi d’autres traitements dans le seul pays détenant le monopole de les séparer qui est la Chine

C’est mercredi le 24 février 2021 que la découverte par Burundi Eco des sites d’exploitation des terres rares de Gakara et de l’usine de traitement a eu lieu.

De Bujumbura à Mutambu à plus de 35 kilomètres, la voirie fait défaut surtout de Kabezi à Mutambu sur environ 20 kilomètres. La route est en terre battue. A notre passage, les employés de Rainbow Mining Burundi (RMB) stabilisaient une bise sur la route Kabezi-Mutambu au niveau de la colline Mubone, commune Kabezi. La bise était menacée par une érosion régressive. Une machine niveleuse réhabilitait à son tour la route sur la colline Gomvyi, commune Mutambu.

A l’entrée du bureau de RMB à Mutambu, tout est en ordre. Un système anti-incendie est installé à l’entrée. L’horaire de travail et de restauration est affiché. Les employés sont logés, nourris et assurés. Pour ce qui est de la restauration, la convention minière d’exploitation des terres rares de Gakara planifie d’utiliser 500 mille USD par an. La commune dans laquelle on exploite les terres rares bénéficie annuellement d’une contribution de 15 mille USD par an.

Pour entrer dans une mine, un engagement à respecter les consignes à suivre par les visiteurs doit être signé. Avant d’entrer dans le site, la sécurité exige. Le visiteur doit porter un casque, un gilet transparent et des bottines.

L’exploitation des terres rares est à la fois mécanique et manuelle

Un travail de longue haleine

Les sites des terres rares sont repérés selon une cartographie déjà établie. Avant son exploitation, les propriétaires des terrains sont indemnisés par la société Rainbow Mining Burundi. L’exploitation est à la fois mécanique et manuelle.

Par ailleurs, un plan d’aménagement progressif du site est conçu à l’avance. Après l’exploitation du site, l’entreprise exploitante doit faire une remise en état du site.

Au site de Gasagwe par exemple, à partir de 2021 il y a un projet de plantation d’arbres antiérosifs pour protéger les rivières ainsi que des arbres destinés à améliorer le paysage. Un terrain de football a été aménagé pour les riverains du site. Pour éviter les effondrements, les sites sont aménagés en terrasses.

A la mine de Murambi, des excavations étaient en cours. Les machines ne cessaient de creuser pour chercher des filons (veines). C’est à partir de ceux-ci qu’on extrait les concentrés de terres rares. A l’entrée de la mine de Murambi déjà, les mesures de sécurité sont rappelées. Un employé oriente par sifflet des camions vides ou transportant les stériles (déchets). Le dépôt des stériles se trouvant au pied de la mine est aussi aménagé en terrasses.

Les concentrés de terres rares obtenus à Kabezi ne constituent pas le produit fini. L’entreprise qui les achète les amène en Chine pour subir un dernier traitement avant leur usage.

De la mine à l’usine

Les mats de terres rares enlevés à Murambi sont acheminés à l’usine de traitement des minerais de terres rares de Gakara située à Kabezi. L’état de la route laisse à désirer.

Le travail à l’usine n’est pas si simple qu’on l’imagine. Cela pour produire les concentrés des oxydes de terres rares.

Il commence d’abord par le concassage, ensuite il y a le lavage et le tamisage.  Quatre produits (fractions) sont recueillis. La première fraction est comprise entre 6 et 18mm, la deuxième fraction est comprise entre 3 et 6mm, la troisième fraction est comprise entre 1 et 3mm et la quatrième fraction est inférieure à 1mm.

Les trois premières fractions sont traitées par une machine dénommée JIG. Celle-ci fait une séparation basée sur la différence de densité. Les particules les plus denses étant les concentrés des terres rares tandis que les particulières légères constituent des stériles.

Les fractions inférieures à 1mm sont traitées par une table à secousses. Il est aussi pratiqué la séparation par gravité basée sur la différence de densité. Sont obtenus les concentrés de terres rares, les stériles et la boue. Celle-ci donne à son tour le cake et l’eau. L’eau est recyclée et réutilisée. Sa source tire origine du forage. Comme là où on traite les terres rares à Kabezi, il n’y a pas de courant électrique, on utilise un groupe électrogène. Celui-ci consomme du carburant.

Les concentrés de terres rares obtenus à Kabezi sont par après exportés. L’entreprise qui les achète les amène en Chine pour subir un dernier traitement avant leur usage.

Pour le moment, deux sites sont en exploitation, à savoir : Gasagwe et Murambi (en activité) en commune Mutambu. Dans la même commune, quatre sites sont en exploration. Ce sont les sites de Gomvyi, de Kiyenzi, de Kivungwe et de Burima. Un autre site appelé Gashigwe se trouve dans la commune Kabezi.

L’exploration de nouveaux sites permettra d’identifier les nouvelles ressources minières et, partant, d’augmenter la production.  Depuis 2017, seulement 1850 tonnes de terres rares sont exportées. Le processus d’extraction et de traitement des terres rares se résumé en deux étapes. Celles-ci sont l’extraction à ciel ouvert et le traitement.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

éditorial

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Au moment où la plupart des burundais sont confrontés à un problème de financement de leurs projets, une autre source de financement a été mise en place par l’Etat. Il s’agit du marché des capitaux qui est fonctionnel depuis deux ans.

    Abonnez-vous à notre bulletin

    Journal n° 703

    Dossiers Pédagogiques

    Facebook

éditorial

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Marché des capitaux, une autre source de financement dont il faut profiter

Au moment où la plupart des burundais sont confrontés à un problème de financement de leurs projets, une autre source de financement a été mise en place par l’Etat. Il s’agit du marché des capitaux qui est fonctionnel depuis deux ans.
  • Journal n° 703

  • Dossiers Pédagogiques