Les femmes enseignantes se lamentent du fait que leurs conditions socioprofessionnelles ne sont pas bonnes. Les frustrations fusent de partout. Malgré cette situation, elles continuent à prester afin que les enfants burundais puissent acquérir des connaissances qui leur permettront de contribuer au développement du pays
Nous sommes lundi le 4 mai 2021 sur le parking des bus situé dans la zone Kinama de la commune Ntahangwa, précisément à l’ endroit dénommé «Main d’œuvre». Il est 6h 20 min du matin. Les femmes enseignantes qui viennent de différents quartiers attendent avec impatience les bus pour aller vaquer à leurs activités quotidiennes. Elles relatent le calvaire qu’elles sont en train de vivre dans le métier d’enseignant. « J’habite à Kanyosha. J’enseigne dans l’une des écoles de la direction provinciale de l’éducation de Bubanza. Je me réveille à 4h30 du matin pour me préparer afin de me présenter à l’école à temps», laisse-t- elle entendre.
Selon elle, se présenter toujours sur le lieu de travail n’est pas chose facile. C’est un parcours du combattant. «Je paie des frais de déplacement qui s’évaluent à 8000 FBu par jour, car il n’y a pas de homes pour abriter les enseignants. Tout le monde rentre chez eux », martèle-t-elle. Elle dépense par semaine 40 000 FBu de frais de déplacement.

Les femmes enseignantes se lamentent du fait que leurs conditions socioprofessionnelles ne sont pas bonnes.
Des frais de déplacements colossaux
Et cette enseignante de s’inquiéter du fait que les dépenses qu’elle engage sont colossales par rapport à son salaire qui est estimé à 250 000 FBu. Quelquefois, cette enseignante indique qu’elle passe la journée ventre creux suite au manque de moyens financiers. « Il arrive des cas où nous demandons des lifts. Si on en trouve, là c’est la fête au village et on remercie le Tout puissant. Dans le cas contraire, c’est le désarroi total, car nous sommes sommés de nous vider les poches pour payer les frais de déplacement afin de ne pas être en retard», révèle-t-elle.
Mêmes lamentations pour une autre enseignante habitant la zone Kamenge qui preste à Bubanza rencontrée au même endroit dénommé « Main d’œuvre». Elle s’apprêtait à prendre le bus pour se rendre au travail. Elle indique qu’elle se réveille à 5 h du matin pour se préparer. Et de s’inquiéter que ses enfants sont souvent victimes de cette déconvenue. «Tantôt, je pars sans toutefois donner du thé à mes enfants avant qu’ils aillent à l’école», renchérit-elle. Elle profite de cette occasion pour remercier son époux qui s’occupe de ses enfants chaque fois qu’elle se rend au travail.
Certains chauffeurs les traitent souvent en de paria
En plus des frais de déplacement colossaux, cette enseignante déplore que certains chauffeurs les traitent souvent en de paria lorsqu’elles leur demandent des lifts. Ils manifestent un certain dédain à leur endroit. De plus, le calvaire s’intensifie s’il pleut. Elle fait remarquer que parfois on arrive sur le lieu de travail étant mouillée suite aux pluies diluviennes. Pour les enseignantes qui prestent dans des lieux inaccessibles qui nécessitent de se déplacer à moto, c’est le pire, car elles sont souvent victimes d’accidents, étant donné que le terrain devient glissant pendant la saison pluvieuse.
Ces enseignantes soulignent qu’il y a beaucoup de leurs collègues habitant la Mairie de Bujumbura qui ne cessent d’escalader les collines surplombant la capitale économique pour aller prester dans les autres provinces du pays. Selon ces dernières, seule la persévérance les caractérise pour s’acquitter convenablement de leur mission. Sinon, elles pourraient abandonner le métier.




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