Le change de devises revient désormais aux banques commerciales opérant au Burundi. Les banques commerciales ayant déjà ouvert les bureaux de change n’acceptent que l’Euro et le Dollar américain. Burundi Eco dresse le bilan de la situation
La mesure de la BRB retirait aux bureaux de change privés leur agrément depuis le mois de février dernier. Des critiques se sont levées contre la nouvelle mesure de drainage des monnaies étrangères. Selon certaines opinions, la Banque centrale aurait pris une mesure maladroite qui risque d’impacter négativement l’économie.
Il y a quatre semaines, Faustin Ndikumana, consultant indépendant s’exprimait sur cette situation. Cet analyste jugeait la mesure inadéquate par rapport à la situation économique du moment. Pour Ndikumana, les bureaux de change devaient être des « centres de captage de toutes les devises qui entrent au pays ». Cet observateur économique doutait de la capacité de la BRB à satisfaire les besoins de la population en général et des opérateurs économiques stratégiques dans l’économie nationale en particulier.

Les activités commerciales transfrontalières sont parmi les plus touchées par les conséquences liées à la mesure de fermeture des bureaux de change.
Certains défis sont remarquables au niveau du change des monnaies. Seuls l’Euro et le dollar américain sont changés dans différentes banques commerciales de la place. Obtempérant aux injonctions de la Banque centrale, ces dernières rejettent d’autres monnaies étrangères. Contactées par nos collègues de la radio Isanganiro sur ce sujet, les autorités ont donné la lumière. « Il faut d’abord des conventions entre le Burundi et les pays utilisateurs de ces monnaies », rapporte la radio Isanganiro dans son journal du 9 mars 2020.
Certains commerçants inquiets
Selon un commerçant opérant au centre-ville de Bujumbura qui a requis l’anonymat, les devises ne sont pas facilement distribuées. Il dit qu’il a déjà échoué à être servi à plusieurs reprises. Ce commerçant dit avoir déjà vécu la situation. «Et si j’en manque, que dois-je faire? Rendez-vous dans à la banque commerciale pour te rendre compte toi-même de la situation», lance-t-il d’un air embarrassé. Ce dernier indique que la mesure exigeant certains documents aux demandeurs de devises freine l’action commerciale. Il dit qu’il est demandé aux commerçants de déposer un billet d’avion alors que tout le monde n’emprunte pas la voie aérienne. Signalons ici qu’à part le billet d’avion, d’autres documents de voyage sont acceptables. Les documents comme le registre de commerce et la copie du passeport valide figurent aussi parmi les pièces justificatives demandées pour un voyage d’affaires.
Un autre commerçant rencontré juge que les documents ne constituent pas un problème pour son travail. « On peut toujours justifier ses besoins en devises par divers documents. Un registre de commerce par exemple », explique-t-il. Celui-ci dit ne pas avoir demandé de devises depuis que la nouvelle mesure de la Banque centrale est entrée en vigueur. A la différence de ceux qui se sentent dérangés par les mesures de la BRB, ce commerçant est optimiste et croit que son activité va continuer normalement.
Les échanges transfrontaliers sont aussi concernés
Au niveau du commerce transfrontalier, les commerçants disent être fortement touchés. Ils ne peuvent plus trouver ou changer les monnaies utilisées par les pays voisins. C’est le cas des commerçants opérant au port de Rumonge. A ce centre de négoce, le commerce se fait à base du shilling tanzanien, du franc congolais et du franc burundais. Les hommes d’affaires de cet endroit disent que leurs activités sont en berne.
Après la fermeture des bureaux de change, ils ne trouvent plus où changer le shilling tanzanien et le franc congolais. La conséquence de cette situation est que les échanges entre les trois pays ont fortement diminué ces derniers temps, réduisant les commerçants au chômage. Les échanges entre le Burundi et le Congo sont aussi touchés. Les opérateurs transfrontaliers s’inquiètent de la fouille effectuée par la police Burundaise sur eux et disent que leurs activités sont torpillées. Les fouilles viseraient les probables utilisateurs de devises en dehors de la mesure de la Banque centrale en vigueur.
Les officiels tranquillisent et promettent des solutions
La BRB multiplie les mesures d’apaisement et rassure l’opinion. Dans le but d’éclairer l’opinion sur la récente mesure concernant les transferts instantanés de monnaies, Prosper Ngendanganya, directeur de la Supervision à la BRB a animé une conférence de presse mardi le 17 mars 2020. Cette personnalité a eu l’occasion de répondre à différentes questions liées au problème de change. Selon Ngendanganya, la mesure concerne uniquement les transferts instantanés. Il tranquillise l’opinion indiquant que les détenteurs des comptes en devises peuvent toujours verser et retirer leurs devises. Il souligne surtout que seules les banques commerciales ont le droit de changer les monnaies.
Sur la question concernant le change des monnaies autres que l’Euro et le dollar américain, ce responsable promet une solution spécifique pour faciliter les activités commerciales transfrontalières. Ngendanganya indique que les importateurs bénéficient du change auprès des banques commerciales selon les disponibilités en devises. Selon une source dans l’une des banques commerciales de la place, le problème se situe parfois au niveau des dossiers des demandeurs de devises qui doivent attendre que leurs dossiers soient soumis à l’analyse.




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