Développement

Filière Café : Des efforts encore insatisfaisants

Au moment où les ventes fraudées du café s’intensifient surtout dans le nord du pays, la Confédération Nationale des Associations des Caféiculteurs, CNAC-Murima W’isangi fait savoir que le meilleur remède est de revoir encore une fois à la hausse le prix d’un kg de café. Pour la confédération, 800 FBu reste insignifiant et réclame au moins 2000 FBu    

L’introduction du café au Burundi s’est effectué au début des années 1920, mais son extension a été effective en 1950. Cette nouvelle culture d’exportation allait mobiliser tout le pays, en commençant par la population «indigène». Elle a pris une grande ampleur économique et politique qui explique la multiplicité des acteurs. 

A voir récolte qui diminue du jour au jour, les caféiculteurs qui se désintéressent par rapport à cette culture, la filière qui alterne entre les mains des privés et de l’Etat sans apporter une valeur ajoutée, l’opinion se demande si le café n’a pas été un échec et les caféiculteurs sont insatisfaisants

800 FBu le kg, encore insignifiant

Le 25 mai 2022, 27 tonnes de café parche frauduleux ont été saisies dans sept ménages sur la colline Kigume de la zone Ngoro dans la commune de Gatara en province de Kayanza lors d’une fouille. La vente illégale du café dans les provinces du Nord du pays devient monnaie courante puisque depuis le mois d’avril, au moins cinq cas de fraude ont été signalés. Les caféiculteurs démotivés, les prix encore faibles et le retard dans le paiement des caféiculteurs seraient les principales raisons de cette vente illégale de café.

Une raison qui est également avancée par Jean Pierre Ntahomenyereye, président de la Confédération Nationale des Associations des Caféiculteurs, CNAC-MURIMA W’isangi. « Sans doute que si le prix du café payé aux caféiculteurs était satisfaisant, les ventes illégales cesseront ». Il explique que les pays voisins où transite le café burundais fraudé proposent des prix est très élevé. Par exemple au Rwanda, le prix du café vert est de 9000 FBu par Kg alors que le caféiculteur burundais ne reçoit que 4000 FBu par kg.

Le président de CNAC-MURIMA W’isangi fait savoir qu’en 2015 les députés avaient demandé le kg du café cerise soit vendu à 1500 FBu, mais trouve que le caféiculteur serait mieux rémunéré une fois que le kg de café cerise serait vendu à aumoins 2000 FBu.

En 2015, les députés avaient demandé que le kg de café cerise soit vendu à 1500 Fbu, mais à la CNAC-MURIMA W’isangi, on trouve que le caféiculteur serait mieux rémunéré une fois que le kg de café cerise serait vendu à 2000 FBu.

Pourquoi les caféiculteurs sont moins rémunérés ?

Les cours du café s’établissent dans deux bourses d’échanges internationales, à savoir : New York et  Londres, selon les qualités. Ces bourses fonctionnent selon le principe des marchés à termes et sont le lieu d’intervention privilégié des professionnels de la filière, mais également des fonds d’investissements.Les prix réels du café payés aux planteurs s’évaluent par rapport à ces cours, selon les qualités avec un différentiel en négatif ou en positif par rapport au cours de la qualité proposée.

Même si le prix au producteur par kg de café cerise A vient d’être augmenté de 100 FBu (de 700 à 800 FBu), ce montant reste insuffisant pour les agriculteurs. Et les caféiculteurs se demandent, pourquoi le prix est moins cher au Burundi alors qu’on vend sur le même marché et surtout quand le café burundais est jugé de bonne qualité.

La nationalisation de la filière : des avantages, mais surtout des inconvénients

Depuis que l’Etat a repris le secteur café en mains, le président de la CNAC-MURIMA W’isangi indique qu’il y a eu des avantages surtout pour ce qui est du paiement des caféiculteurs. Mais il évoque cependant des contraintes liées surtout au manque d’encadrement de proximité que lorsque la CNAC avait les choses en main. Il fait savoir aussi que certaines sociétés de déparchage volent les caféiculteurs. Quant à ce qui est de l’engrais, Ntahomenyereye fait savoir que les caféiculteurs reçoivent de petites quantités suite à une enquête de l’ISTEEBU qu’il juge biaisée mais à quoi on fait référence pour octroyer les engrais.

Du côté de l’ODECA, il est encore tôt pour évaluer

Pour ceux qui considèrent la nationalisation du secteur café comme motif de cette faible production, Emmanuel Niyungeko, DG de l’ODECA s’en lave les mains. « L’Etat s’est réengagé en 2020 alors qu’il y avait des activités en cours. Les résultats qui sont en train d’être enregistrés au niveau de la production sont les résultats des activités d’InterCafé et CENAC-Murima w’Isangi. Les résultats de l’Etat à travers l’ODECA seront évalués au moins après 5 ans ». Il explique que le travail de l’ODECA est de tout recommencer de l’entretien du sol à la vente du café.

Le pays ne fait pas assez de marketing pour le café

Le café est exporté sous deux formes: le café vert et le café torréfié transformé localement. Mais le premier occupe presque toute la totalité des exportations du café. Toutefois, le café burundais n’est pas traçable. On ne sait pas où le café burundais transite. Pire même, on se l’approprie là où il transite. « On dirait que le café burundais est destiné à être vendu sur le marché international classique. Et le pays perd énormément puisque sur le marché classique le prix est beaucoup moins cher que si une fois le Burundi développait son propre marché », analyse Désiré Nimubona, journaliste économique. Pour lui, la meilleure solution serait de créer un marché de niche. Pour Nimubona, ce qui manque c’est la volonté politique.

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A propos de l'auteur

Dona Fabiola Ruzagiriza.

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