Agriculture

Filière café : Un prix au producteur inchangé malgré la baisse des cours mondiaux

Face à la baisse des cours mondiaux du café, le gouvernement burundais réaffirme son soutien à la filière en maintenant le prix d’achat aux producteurs à 2 800 FBu le kilo de cerise A et à 1400 FBu le kilo de cerise B pour la campagne 2026-2027. Parallèlement, ce secteur met en œuvre une transformation numérique, menée par l’ODECA et le Bureau d’études stratégiques de développement (BESD) afin de garantir une traçabilité totale des flux financiers et de sécuriser les revenus des caféiculteurs.

Pour la campagne 2026-2027, les tarifs resteraient inchangés : 2 800 FBu le kilo pour le café cerise A et 1 400 FBu pour le café cerise B.

 

Bien que le prix du café sur le marché international ait récemment chuté, passant de 8 à 6 dollars le kilo, le gouvernement du Burundi a pris une décision de ne pas répercuter cette baisse sur les producteurs locaux. Pour la campagne 2026-2027, le ministre en charge du commerce, Dr Hassan Kibeya, a annoncé lors d’une conférence de presse tenue le 18 avril 2026 que les tarifs resteraient inchangés : 2 800 FBu le kilo pour le café cerise A et 1 400 FBu pour le café cerise B. Le ministre Kibeya a d’ailleurs précisé qu’en cas de remontée des cours mondiaux, un mécanisme de prime serait activé au profit des caféiculteurs burundais.

Dr Kibeya a également souligné que depuis que l’Etat s’est réimpliqué dans le secteur avec la création de l’ODECA, le gouvernement a augmenté chaque année le prix d’achat d’un kilo de café auprès des producteurs. En quelques années, le prix d’un kilo de café cerise A est passé de 700 FBu en 2021 à 850 FBu en 2022, puis 1 200 FBu en 2023 avant d’atteindre le palier actuel de 2 800 FBu fixé en mai 2025. Cette hausse significative a permis d’atténuer l’abandon massif de cette culture par les agriculteurs qui jugeaient les prix du café très dérisoires. Si les producteurs saluent aujourd’hui cet effort gouvernemental, certains estiment néanmoins que la rentabilité doit encore progresser pour rivaliser avec d’autres cultures plus compétitives.

Digitaliser le secteur café pour plus de rentabilité

Parallèlement à cette politique des prix, le pays mise sur la digitalisation pour assainir la gestion macroéconomique de la filière. Lors d’une conférence-débat sur les réformes économiques pour la stabilité macroéconomique au Burundi tenu au mois d’août 2025, le ministre en charge des finances avait souligné l’importance de ce chantier en rappelant que l’Etat débourse chaque année plus de 43 milliards de FBu via l’ODECA pour l’achat du café aux producteurs. Il regrettait un décalage persistant entre les montants décaissés et les quantités réellement collectées auprès de la population. Selon lui, la mise en place d’une base de données numérique centralisant les informations des stations de lavage et des centres de transit permettra une traçabilité rigoureuse de la dépense publique.

Cette transformation numérique va être concrétisée grâce à une nouvelle plateforme de collecte conçue par le Bureau d’études stratégiques de développement (BESD) en collaboration avec l’ODECA. Cette interface permettra de centraliser en temps réel les informations sur la collecte du café cerise à travers toutes les provinces du pays. Comme l’a précisé le ministre Kibeya, des formations sur la digitalisation de ce secteur avec l’utilisation des tablettes dans la collecte des données ont été dispensées à l’endroit des agents enregistreurs sur toutes les stations de lavage et les centres de collecte.

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Florence Inyabuntu.

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