Au Burundi, la femme rurale joue un rôle primordial dans le progrès des ménages. Alors que la population burundaise est majoritairement agricole, la femme rurale occupe le devant de la scène. A la rentrée des champs, parfois avec un enfant sur le dos, un fagot de bois à la tête, deux houes sur l’épaule (celle qu’elle utilise et celle de son mari), trainant une chèvre ou un mouton à la main, le patron ou le chef de ménage, lui, effectue des pas cadencés devant elle. Cela quand il n’a pas fréquenté le cabaret et qu’il s’est résolu à l’accompagner dans les plantations. D’autres « grands patrons » passent toute la journée au cabaret.
Le soir ou pendant la période des récoltes, ceux-ci récompensent leurs femmes en leur demandant l’eau pour se laver, vendant les récoltes à leur insu voire en les dévalorisant au profit des deuxièmes bureaux. Notons que la production agricole de la femme dont elle est souvent spoliée par son mari n’est pas consistante pour être compétitive sur le marché. Obtenue souvent à partir de petites portions de terre morcelées suite à l’augmentation de la population, la femme ne pouvant pas retourner chez elle pour exploiter la propriété qu’elle n’a pas héritée suite à la loi sur la succession qui n’a pas encore été adoptée, cette production n’est là que pour assurer la survie des ménages. Que chacun donc se remette en question. On ne doit pas contraindre la femme rurale à utiliser les méthodes traditionnelles dans la production agricole.
Comme on l’a fait pour la mobilisation en faveur de la scolarisation des filles à tous les niveaux, il faut fournir les efforts nécessaires pour accorder à la femme rurale les droits qu’elle mérite afin d’aider les ménages à progresser vers un développement durable. Pour cela, la femme rurale doit être nantie d’un bagage suffisant pour améliorer la production. Par quels moyens ? Informer à travers la sensibilisation et la formation sur de nouvelles méthodes de production adaptées au contexte actuel.



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