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Former les formateurs : la clé pour révolutionner l’enseignement des métiers

A Gitega, une formation a rassemblé les enseignants ou formateurs au sein des Centres d’Enseignement des Métiers (CEM) et des Centres de Formation Professionnelle (CFP) pour renforcer les compétences entrepreneuriales. L’objectif final est de doter les jeunes ou les élèves de compétences concrètes pour créer leur propre emploi et lutter efficacement contre le chômage.

140 enseignants (ou formateurs) issus des écoles techniques et centres d’enseignement des métiers suivent une formation en entrepreneuriat à Gitega pendant deux semaines.

 

Une formation d’envergure nationale se tient à Gitega du 1er au 14 septembre 2025, à l’intention des enseignants et formateurs au sein des Centres d’Enseignement des Métiers (CEM) et des Centres de Formation Professionnelle (CFP). Cette initiative vise à insuffler une nouvelle dynamique à l’enseignement technique au Burundi, en mettant l’accent sur l’entrepreneuriat comme levier de lutte contre le chômage récurrent des jeunes. Loin d’être une formation de routine, ces sessions visent à transformer la manière dont les enseignants envisagent leur rôle : transmettre non seulement un métier, mais aussi l’esprit d’initiative nécessaire à l’autocréation d’emploi.

L’initiative en question s’inscrit dans le cadre du projet Umwuga – Akazi mis en œuvre par l’organisation Création des Opportunités pour les Jeunes (CREOP-Jeunes) en partenariat avec Spark et soutenu par l’Union Européenne, qui entend répondre à ce défi de manière concrète, stratégique et durable.

Une réponse directe à un défi structurel

Le système éducatif burundais, notamment dans le domaine de la formation professionnelle, fait face à un défi de taille : préparer efficacement les jeunes à un marché du travail limité, ou, mieux, leur permettre de créer leurs propres opportunités d’emploi. Dans un contexte où le chômage des jeunes reste élevé, cette problématique devient une priorité nationale.

Au cœur du projet : la formation de 140 enseignants (ou formateurs) issus des écoles techniques et centres d’enseignement des métiers du pays. Ces formateurs sont appelés à jouer un rôle central dans la transformation des parcours de formation. A terme, 1 316 jeunes bénéficieront d’un enseignement plus pratique et adapté, tandis que 876 d’entre eux recevront un accompagnement individualisé pour se préparer à intégrer le monde professionnel. Ce n’est donc pas seulement une formation pour enseignants, mais un investissement dans l’avenir de centaines de jeunes burundais.

Une formation pensée pour un changement durable

Selon Lydie Ndayishimiye, directrice exécutive de CREOP-Jeunes, cette formation s’inscrit dans une logique de réforme en profondeur de l’enseignement professionnel. « Les études menées dans le cadre de ce projet ont montré que de nombreux formateurs n’étaient pas bien outillés pour enseigner l’entrepreneuriat. Il est difficile de transmettre ce qu’on ne pratique pas soi-même », explique-t-elle.

Lydie Ndayishimiye directrice exécutive de CREOP-Jeunes souligne que la formation inclut à la fois la théorie et des exercices pratiques pour que les bénéficiaires s’approprient les compétences entrepreneuriales avant de les enseigner aux élèves.

 

C’est pourquoi la formation inclut à la fois des modules théoriques et des exercices pratiques, pour permettre aux formateurs de s’approprier les compétences entrepreneuriales avant de les enseigner à leur tour. Un accompagnement post-formation est également prévu, pour assurer le suivi et l’évaluation de la transmission effective des compétences.

« Après l’école, ces élèves seront des acteurs du changement. Ils auront la capacité de définir leur destin, car ils sortiront avec un métier maîtrisé, et un projet déjà élaboré », poursuit Mme Ndayishimiye. L’enjeu de taille consiste à faire de chaque apprenant un entrepreneur potentiel, avec une vision claire, des compétences pratiques et, surtout, la confiance de se lancer dans la création de sa propre activité.

Un appui gouvernemental affirmé

Le projet Umwuga – Akazi bénéficie également d’un fort soutien des autorités. Présent à Gitega pour le lancement de la session de formation, Avith Nsengiyumva, Directeur général de l’enseignement technique et de la formation professionnelle au ministère de l’Education Nationale et de la Recherche scientifique, a salué l’initiative. « Le recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage a montré que notre pays compte un grand nombre de jeunes sans emploi. Le gouvernement a donc introduit dans le système éducatif un enseignement orienté vers les métiers. Mais apprendre un métier ne suffit pas ; il faut aussi apprendre à créer de la valeur ajoutée à partir de ce métier », indique M. Nsengiyumva.

Selon lui, les formateurs formés deviendront des agents clés de transformation, en diffusant une nouvelle culture de l’initiative et de l’autonomie économique. Le projet Umwuga – Akazi s’inscrit pleinement dans la vision du Burundi 2040–2060, qui place les jeunes au centre de la croissance durable du pays. « Nous voulons que chaque jeune soit capable de créer un emploi, pour lui-même et pour les autres. C’est à cette condition que nous pourrons espérer un développement endogène et durable. » ajoute-t-il.

Des témoignages qui confirment l’impact sur le terrain

Du côté des bénéficiaires, la formation est accueillie avec enthousiasme et espoir. Sabine Karundi, enseignante au CEM de Kinama à Bujumbura, témoigne : « Nous n’avions pas assez de notions en entrepreneuriat. Après leurs stages, nos élèves étaient souvent sans perspectives concrètes. Maintenant, nous allons leur apprendre comment créer leur propre emploi. » Elle explique que cette formation lui donne une nouvelle posture pédagogique centrée sur l’autonomisation de l’élève. Elle estime que les contenus reçus sont adaptés aux réalités locales et sont facilement transférables.

Sabine Karundi, enseignante au CEM de Kinama explique que la formation lui donne une nouvelle posture pédagogique centrée sur l’autonomisation de l’élève.

 

Vital Nibirantije, directeur du CFP Mugara à Rumonge souligne quant à lui le caractère structurant de cette formation: « La formation pour renforcer les capacités des enseignants des écoles des métiers est capitale. Elle tombe au bon moment et répond à un besoin urgent. Nous avions des enseignants très compétents sur le plan technique, mais démunis lorsqu’il s’agissait d’aborder les dimensions économiques et entrepreneuriales. »

Un projet ciblé, mais une ambition nationale

Pour l’instant, le projet est mis en œuvre dans trois anciennes provinces : Rumonge, Bururi et Bujumbura. Un choix stratégique basé sur des critères d’impact, d’accessibilité et de besoins identifiés. Cependant, les porteurs du projet ne comptent pas s’arrêter là. CREOP-Jeunes affiche une ambition claire d’extension nationale. « Au-delà de ces zones, nous espérons étendre ce modèle à l’échelle nationale si les moyens nous le permettent. Le programme national privilégie l’entrepreneuriat et l’autocréation d’emploi chez les jeunes. C’est aussi notre objectif », souligne Mme Ndayishimiye.

Cette ambition repose sur un principe fondamental : former les formateurs pour multiplier l’impact. Chaque enseignant formé devient un relais de savoirs et de pratiques et peut influencer des dizaines voire des centaines de jeunes.

Vers un avenir où les jeunes deviennent des créateurs de solutions

L’un des apports les plus importants du projet Umwuga – Akazi est sans doute le changement de mentalité qu’il introduit. Il ne s’agit pas simplement de former des techniciens, mais de former des bâtisseurs, des jeunes qui ne se contentent pas de chercher un emploi, mais qui ont les outils et l’état d’esprit nécessaires pour en créer. Le projet s’inscrit ainsi dans une vision structurelle de transformation socio-économique, où l’éducation est pensée comme un levier d’autonomisation individuelle et collective. Les modules d’entrepreneuriat enseignés ne se limitent pas à la théorie : ils incluent la gestion des projets, la planification financière, le développement des produits et l’analyse du marché local.

Le projet Umwuga – Akazi montre que conjuguer les efforts pour répondre aux problématiques sociales urgentes est possible. Il reste toutefois des défis à relever ; par exemple assurer un suivi durable, maintenir la qualité des formations, etc. Mais une chose est sûre : les semences ont été mises dans le sol. Et si elles sont bien entretenues, elles pourront porter les fruits d’un Burundi où chaque jeune est un acteur du développement.

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