Commerce

Frontière de Gatumba : La reprise des flux commerciaux

Après environ deux mois de fermeture, le poste frontalier de Gatumba reprend vie. Derrière la reprise des flux commerciaux entre Bujumbura et l’Est de la RDC, ce sont des milliers de familles burundaises et congolaises qui retrouvent source de revenus.

Le parking des agences de voyages reliant le Burundi à la RDC est de nouveau saturé et la plupart des bureaux de ces agences ont rouvert leurs portes.

 

La frontière de Gatumba est de nouveau opérationnelle depuis la fin du mois de janvier 2026. Cette réouverture met fin à deux longs mois de fermeture depuis le 10 décembre 2025, forcée par la situation sécuritaire qui s’était détériorées à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) vers le début de l’an 2026. Les signes de reprise, sont éclatants.

Au centre-ville de Bujumbura, les files d’attente devant les bus de la ligne Centre-Ville-Kajaga-Gatumba s’allongent à nouveau. Un détail ne trompe pas : après deux mois de conversations exclusivement burundaises, le swahili domine de nouveau les échanges à bord. Les passagers ne voyagent pas les mains vides : rouleaux de gaines électriques, vêtements de friperie et boissons en bouteilles plastiques s’entassent, destinés à être utilisés ou revendus de l’autre côté de la frontière.

L’ambiance a également changé au marché « Chez Sion », l’un des marchés les plus fréquentés par les Congolais. Ce mardi 3 mars 2026, lors de notre visite dans ce marché, la rhumba (musique congolaise) résonne de nouveau dans les haut-parleurs, certainement à l’honneur de leurs clients potentiels. Le parking des agences de voyages reliant le Burundi à la RDC est de nouveau saturé et la plupart des bureaux de ces agences ont rouvert leurs portes. Un soulagement immense pour les agences de transport qui, faute de voyageurs, avaient dû cesser toute activité pendant près de deux mois.

La survie des familles enfin restaurée

Pour les petits commerçants, cette période a été une épreuve de force. Nadine Nizigiyimana, vendeuse ambulante, confie que ces deux mois ont été les plus longs et les plus durs pour sa famille : « Je n’ai aucun autre métier. C’est ce petit commerce qui fait vivre les miens. J’ai dû abandonner le marché, car je passais mes journées à circuler sans croiser le moindre client », dit-elle. Pour ne pas rester les bras croisés, elle s’était résignée à vendre des fruits dans son quartier, une activité bien moins rentable.

Le constat est le même pour son collègue vendeur de chaussures qui avait fini par quitter le marché pour aller cultiver ses champs à l’intérieur du pays. « On pouvait rentrer sans un sou pendant une semaine entière », regrette-t-il. Aujourd’hui, il espère que la stabilité perdurera : « La plupart de nos clients congolais ont tout perdu pendant les hostilités et nous ne sommes même pas sûrs que certains soient encore en vie », regrette-t-il.

Une interdépendance économique vitale

Pour Mme Nizigiyimana, ce marché sans clients congolais n’est qu’une « simple balade ». Ce sentiment illustre une réalité chiffrée : la RDC demeure le principal débouché pour les exportations burundaises dans la sous-région. Selon les statistiques de la Banque de la République du Burundi (BRB), rien qu’entre janvier et août 2025, les exportations vers la RDC s’élevaient à 49 718 millions de FBu

Rappelons que cette frontière avait été fermée en date du 10 décembre 2025, suite à l’aggravation de la situation sécuritaire en RDC. Le souhait de nos interlocuteurs est que la paix s’installe durablement à nos frontières car, en cas de conflit, ce sont toujours les plus vulnérables qui paient le prix fort.

A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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