Faustin Ndikumana, directeur national de Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités (PARCEM), a analysé le rapport de politique monétaire du quatrième trimestre 2025 publié par la Banque de la République du Burundi (BRB). Lors d’une conférence de presse tenue le 6 mars 2026, il a exprimé ses inquiétudes face à l’inflation élevée au Burundi et a appelé la banque centrale à renforcer la transparence dans la gestion des devises et de la politique monétaire.
Au cours de sa rencontre avec les médias, Faustin Ndikumana a rappelé que la mission principale de la Banque centrale consiste à veiller à la stabilité des prix tout en favorisant les conditions nécessaires à l’augmentation de la production nationale. Selon lui, pour éviter une hausse excessive des prix, il est essentiel d’empêcher une circulation excessive de la monnaie sans contrepartie réelle dans l’économie. Parallèlement, l’augmentation de la production nécessite des investissements et l’existence d’un environnement favorable aux producteurs.
Il explique que la b*Banque centrale doit maintenir un équilibre entre la quantité de monnaie injectée dans l’économie et la capacité de production du pays. « L’argent qui entre dans l’économie doit contribuer à accroître la production. Sans cet équilibre, les effets peuvent être négatifs », a-t-il indiqué.
Le rôle du taux directeur est important, mais…
M.Ndikumana a également évoqué l’impact du taux directeur fixé par la Banque centrale. Selon lui, lorsque la BRB augmente ce taux, les banques commerciales ont tendance à relever leurs taux d’intérêt. Ce qui rend les crédits plus coûteux et limite l’accès aux prêts. A l’inverse, une baisse du taux directeur peut encourager les banques à accorder des crédits à des taux plus bas. Cependant, M. Ndikumana souligne que la baisse du taux directeur ne suffit pas à elle seule à stimuler la production. « On ne peut pas espérer une augmentation de la production sans électricité suffisante, sans routes praticables, sans carburant ou encore sans accès à Internet. L’environnement des affaires doit être favorable pour que les investissements prospèrent », a-t-il expliqué.
Se référant au dernier rapport de la BRB, Faustin Ndikumana a indiqué que le Burundi reste le pays de la sous-région affichant le taux d’inflation le plus élevé, estimé à environ 21,7 %. Selon lui, une inflation qui dépasse le seuil de 10 % est le signe d’une économie en difficulté. « Quand l’inflation ne descend pas en dessous de 10 %, cela signifie que l’économie est malade et que la population fait face à de grandes difficultés économiques », a-t-il affirmé.
Le directeur national de PARCEM s’est également inquiété du recours du gouvernement aux avances de la Banque centrale tout en évoquant une augmentation de la dette publique estimée à 16 %. Il estime que ce mécanisme peut fragiliser l’économie. Selon lui, injecter de l’argent dans l’économie sans une production correspondante revient à affaiblir la valeur de la monnaie. « L’économie ne repose pas sur la quantité de billets imprimés, mais sur la production et sur les personnes qui travaillent », a-t-il souligné.
Le responsable de PARCEM a également évoqué la forte différence entre le taux de change officiel et celui pratiqué sur le marché parallèle. Ce dernier serait presque deux fois plus élevé que le taux officiel. Il affirme que plus de 70 % des importations seraient aujourd’hui réalisées grâce au marché parallèle. Ce qui montre, selon lui, l’importance de ce circuit dans le fonctionnement de l’économie burundaise.
La Banque centrale appelée à privilégier la transparence
M.Ndikumana appelle la BRB à renforcer la transparence dans la gestion des devises. Il demande notamment la publication de l’historique du rapatriement des devises et des contrats y relatifs afin que la population puisse comprendre comment ces ressources sont utilisées. Il a également demandé plus de clarté en ce qui concerne l’utilisation des devises destinées à l’importation des produits stratégiques.
L’activiste s’interroge notamment sur les importations de carburant. Selon lui, alors que la BRB indique que les dépenses pour l’importation des produits pétroliers ont augmenté de 72 %, mais la pénurie de carburant persiste dans le pays. Face à cette situation, il appelle la Cour des comptes du Burundi et l’Inspection Générale de l’Etat à mener des investigations afin d’éclairer l’opinion publique.
Pour PARCEM, la Banque centrale doit exercer ses fonctions de manière indépendante et professionnelle, tout en restant redevable devant les institutions de contrôle et la population. Faustin Ndikumana espère que le prochain rapport de politique monétaire apportera davantage de transparence. Une attente largement partagée, selon lui, par les Burundais.




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