Genre

Gestion des catastrophes : Des organisations féminines formées à l’intégration du genre

A l’initiative d’ONU Femmes Burundi, différentes organisations féminines ont pris part, mercredi 11 mars 2026 à Bujumbura, à un atelier de renforcement des capacités consacré à l’intégration de la dimension genre dans la programmation humanitaire et la gestion des catastrophes. Cette rencontre visait à mieux outiller ces organisations afin qu’elles prennent en compte les spécificités liées au genre lors de la planification et de la mise en œuvre des interventions en situation d’urgence.

Les intervenants ont rappelé que les inégalités entre les sexes existent déjà avant les crises et qu’elles peuvent s’aggraver lors des situations d’urgence.

 

Au cours de l’atelier, plusieurs exposés ont été présentés sur l’importance d’intégrer la dimension genre à toutes les étapes du cycle d’un programme humanitaire. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’identifier les besoins différenciés des populations affectées afin d’apporter des réponses plus adaptées et plus efficaces. Intervenant lors de cette session, Doma Dieudonné, Programme Analyst chargé des questions humanitaires et de la réduction des risques de catastrophes à ONU Femmes, a souligné que la prise en compte du genre constitue un élément central dans toute réponse humanitaire. Selon lui, l’intégration des considérations liées au genre et à l’âge dès les premières phases permet de mieux comprendre la situation avant et pendant une crise.

Il a expliqué que cette approche contribue à identifier plus précisément les besoins et les priorités des populations touchées afin d’y répondre de manière ciblée. Elle permet également de s’assurer que toutes les personnes affectées par une crise ou un choc soient reconnues et que l’ensemble de leurs vulnérabilités soit pris en compte. Pour Doma Dieudonné, l’intégration du genre favorise ainsi la conception d’interventions humanitaires plus inclusives et plus efficaces.

Les participants ont également échangé sur les raisons qui rendent essentielle la promotion de l’égalité des genres dans l’action humanitaire. Les intervenants ont rappelé que les inégalités entre les sexes existent déjà avant les crises et qu’elles peuvent s’aggraver lors des situations d’urgence. Femmes, hommes, filles et garçons vivent en effet différemment les conséquences d’une catastrophe et disposent de besoins, de points de vue et de capacités distincts. Les contextes d’urgence peuvent cependant offrir des opportunités pour promouvoir davantage l’égalité entre les sexes.

Tout le monde est vulnérable

Les présentations ont aussi mis en lumière les vulnérabilités spécifiques auxquelles font face différentes catégories de la population lors d’une crise. Les hommes peuvent par exemple subir la perte de leur rôle traditionnel de pourvoyeur ou de protecteur du ménage et être amenés à assumer des responsabilités inhabituelles. Les garçons peuvent être exposés au risque de recrutement forcé par des groupes armés dans certains contextes de conflit.

Les femmes, quant à elles, peuvent se retrouver à la tête des ménages et assumer la prise en charge des enfants, des orphelins, des malades, des personnes âgées ou handicapées, souvent avec un accès limité aux services de base et aux activités génératrices de revenus. Elles sont également davantage exposées aux violences et à l’exploitation sexuelles. Les filles peuvent, de leur côté, faire face à des obstacles à l’accès à l’éducation, à des mariages précoces ou à des grossesses non désirées, tout en étant exposées à des risques d’abus et d’exploitation.

Les intervenants ont insisté sur l’importance de réaliser une analyse sensible au genre lors des crises. Cette analyse consiste notamment à examiner les relations entre hommes, femmes, filles et garçons avant et pendant la crise, à identifier qui est affecté et de quelle manière, et à collecter des données désagrégées par sexe et par âge. Elle permet également de comprendre qui a accès aux ressources, aux biens et aux services, qui détient le pouvoir de décision et quels obstacles empêchent certaines personnes d’accéder à l’assistance.

Enfin, l’atelier a souligné l’importance de la désagrégation des données dans l’action humanitaire. Cette pratique permet de mieux comprendre comment les femmes, les hommes, les filles et les garçons sont affectés différemment par une crise, d’identifier leurs besoins spécifiques et d’adapter les programmes d’intervention en conséquence. Elle aide également à déterminer quelles catégories de la population bénéficient réellement de l’assistance fournie.

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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