La gestion des déchets ménagers est devenue problématique au Burundi. Les ménages ont été envahis par ces derniers malgré pas mal d’associations de collecte des déchets qui sont à l’œuvre. Dans ce numéro, on revient sur ce qui se passe dans certains pays développés et en voie de développement sur la même thématique
La gestion des déchets représente un défi important dans les pays en voie de développement. En effet, le stockage, le traitement et la valorisation des déchets sont des pratiques courantes dans les pays développés. Ce n’est pas le cas dans les pays en voie de développement. Ceci serait lié à la quasi absence de conventions internationales dans le domaine de la gestion des déchets ménagers. En effet, la législation internationale en matière de gestion des déchets s’intéresse aux déchets dangereux (Convention de Bale sur les déchets dangereux, ratifiée le 5 décembre 2011) et à leur transport (Convention de Bamako sur l’interdiction de transfert des déchets dangereux en Afrique, signé en 1999) ou aux polluants organiques persistants (Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants signé le 23 mai 2001).
Quid de l’échec de la gestion des déchets ménagers en Afrique ?
Dans les pays en voie de développement, la responsabilité de la gestion des déchets ménagers revient à chaque pays. Depuis une dizaine d’années, des initiatives se sont multipliées dans les pays en voie de développement pour faire face à la dégradation de l’environnement et de la santé. Les secteurs informels et les structures associatives se sont multipliés dans de nombreuses villes africaines avec pour objectif «la gestion des déchets ménagers». Malheureusement, ces organisations se sont heurtées à de nombreux problèmes. Ce sont entre autres un niveau de vie de la population très bas (qui fait qu’elle n’honore pas ses engagements vis-à-vis de la collecte des déchets), l’urbanisation (qui ne permet pas l’accès à tous les ménages), la croissance démographique (qui évolue à une vitesse imprévisible), le niveau d’instruction bas de la population et le manque de soutien des gouvernants des Etats concernés. Ceci fait que les déchets ménagers continuent à augmenter avec des risques sur l’environnement et la santé de la population. Néanmoins, ces risques pourraient être évités si l’autorité publique assumait son rôle et si la population était éduquée sur les risques qui la ménacent.
Acteurs de la gestion des déchets dans les pays en développement
Dans les pays en voie de développement, de nombreux acteurs interviennent dans la gestion des déchets ménagers à différents niveaux quand bien même les responsabilités en matière de gestion quotidienne des déchets ménagers reviennent aux autorités étatiques. Les acteurs se répartissent les lourdes tâches de gestion des déchets ménagers. Il s’agit du secteur public représenté par la mairie, du secteur privé formé des petites et grandes entreprises, du secteur informel composé soit des particuliers regroupés en associations dans des quartiers, soit de petites entreprises non officielles qui s’occupent de la pré-collecte porte à porte, de la population, premier producteur des déchets ménagers, qui contribue par les impôts et les taxes locales, des ONGs et des associations, très nombreuses dans les pays en voie de développement (PVD), qui contribuent à la collecte des déchets, au transport et au stockage des déchets à l’extérieur de la ville.
L’exemple du Burkina Faso et de l’Algérie
Par exemple, la collecte des déchets ménagers au Burkina Faso est assurée par le secteur public, les services techniques municipaux (SETEMU) attachés aux ministères de l’administration, des travaux publics, de l’habitat, de l’environnement et du cadre de vie.

Les Européens ne se posent plus la question de savoir comment se débarrasser des déchets, mais plutôt comment les valoriser comme produit ayant de la valeur ajoutée et donc les transformer en tant que ressource
En Algérie, la gestion des déchets est assurée par un service public, le Programme national pour la Gestion intégrée des Déchets Ménagers (PROGDEM) et par l’Agence Nationale des Déchets (AND) créée par le décret exécutif n°02-175 du 20 mai 2002. Les ONGs qui travaillent en Algérie sur la gestion des déchets ménagers sont regroupés dans une association appelée coordination des entreprises de gestion des déchets (CEGED) dont les actions sont soutenues par l’administration publique qui exige aux habitants d’adhérer pour se débarrasser des déchets ménagers.
Ce qui se passe en RDC
En RDC, particulièrement dans la ville de Bukavu, la gestion des déchets ménagers est assurée par les ONGs locales qui ne bénéficient d’aucun soutien du gouvernement. Elles collectent les déchets uniquement dans les ménages aisés minoritaires capables d’honorer la lourde facture exigée pour cette facilitation. L’adhésion d’un petit nombre de ménages serait due à l’absence de l’implication de l’Etat, à la pauvreté et au coût élevé loué de la collecte. La population est alors obligée de jeter les déchets ménagers dans les rues, les rivières, les no men’s lands… Ce comportement de la population de la ville de Bukavu pourrait contribuer à la dissémination des microbes résistants, des ML et d’autres polluants dans l’environnement dont les conséquences sont néfastes sur l’homme et la biodiversité dans les écosystèmes. Les conséquences néfastes de la mauvaise gestion des déchets ménagers pourraient être évitées si la population était sensibilisée pour se révolter contre l’absence de l’implication de l’Etat dans la gestion des déchets comme ce fut le cas en Angleterre au 19ème siècle. En effet, à cette période, la population britannique soutenue par les médias et les ONGs œuvrant dans la protection de l’environnement a forcé les autorités de l’époque à la démission et on a procédé à l’élection de nouvelles autorités qui étaient pleinement impliquées dans la gestion des déchets. La venue de la démocratie au Congo pourrait permettre à la population de se choisir des autorités qui militent pour la protection de l’environnement si et seulement si elle était sensibilisée sur les dangers que présenteraient les déchets sur la santé et l’environnement.
La gestion des déchets ménagers dans les pays développés
L’Europe s’est penchée depuis de longues années sur ce problème pour le résoudre et ne cesse de trouver des solutions qu’elle améliore d’année en année pour les rendre plus efficaces. Les Européens ne se posent plus la question de savoir comment se débarrasser des déchets, mais plutôt comment les valoriser comme produit ayant de la valeur ajoutée et donc les transformer en tant que ressource.
En France, tout a commencé par la loi du 15 juillet 1975 en décrétant que la collecte et le traitement des déchets ménagers, mais aussi des déchets des établissements publics et des sociétés (non dangereux), sont assurés par un service public. Depuis cette date, cette loi a subi une multitude d’amendements pour améliorer ce service et en définir les responsabilités et les règles. La loi est basée sur la responsabilité des communes. Cette responsabilité est soumise au respect des règlementations environnementales et sanitaires.
Les communes (municipalités) peuvent transférer tout ou partie de cette mission à une structure intercommunale (groupement de municipalités chez nous), qui peut aussi les déléguer à des sociétés privées dans le respect des lois et de la réglementation.
La réglementation européenne encourage le recyclage des déchets.
Tri sélectif en France
En France, le tri sélectif a été instauré vers 1990. Aujourd’hui, le verre, le papier-carton, les emballages plastiques, les métaux, les déchets des jardins, les déchets de cuisine, les déchets encombrants (toutes sortes de produits électroniques, meubles, électroménagers, vélos) sont tous collectés.
Chaque commune (municipalité) choisit son mode d’organisation de collecte sélective et sa fréquence : porte-à-porte, apport volontaire dans des « poubelles » placées à certains endroits. Il y a des poubelles qui regroupent les déchets recyclables ou poubelles spécialisées. La liberté est donnée aux communes de choisir le mode de collecte qui serait le plus adéquat financièrement pour cette commune.
Les déchets ainsi collectés sont dirigés vers les centres de tri qui les redirigent selon leur destination finale : recyclage, compostage, centres d’enfouissement (pour les déchets non recyclables), incinération avec production d’énergie ou sans production d’énergie.
La collecte est financée en France par une taxe d’enlèvement des ordures ménagères faisant partie des impôts locaux perçus par la commune auprès de chaque ménage. Le financement doit se faire aussi par les recettes tirées de la vente des matériaux issus du tri, de l’énergie issue de l’incinération avec production d’énergie, du compost, et par diverses autres subventions étatiques et privées. Le modèle français de financement par les producteurs pourrait ne pas être appliqué au Liban, car il est basé sur la Responsabilité Elargie des Producteurs (REP) qui implique les producteurs dans la gestion des déchets découlant de leurs produits (principe pollueur /payeur), qui cotisent auprès d’un «Eco-Organisme» qui reverse, lui, la cotisation aux collectivités.
Pour ne pas s’éterniser sur la nécessité de la valorisation des diverses matières qui composent les déchets, nous indiquerons seulement que le recyclage permet d’économiser les ressources naturelles en matières premières et énergie et de faire face à la hausse de la demande de ces ressources.
Il est nécessaire de mettre à contribution le secteur privé pour le rachat des matières à recycler et de les utiliser dans les industries respectives. On peut citer les industries découlant de l’utilisation de la ferraille, du verre, des métaux non ferreux, des plastiques, du textile, des bio -déchets, des équipements électriques et électroniques, des piles et accumulateurs, des ampoules à basse consommation, etc. L’enfouissement reste néanmoins nécessaire pour les déchets ultimes et l’incinération avec ou sans production d’énergie est toujours en vigueur.




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