Dans la commune de Gishubi de la province Gitega, les citoyens ne peuvent plus se promener pieds nus ou portant des vêtements sales dans les lieux publics. Les autorités locales ont mis en place des mesures de contrôle visant à encourager la propreté et le respect des normes vestimentaires, sous peine de sanctions administratives.

Selon l’administrateur de la commune Gishubi, Ir Apollinaire Baryana, le port des chaussures dépasse la simple notion de civilisation et traduit avant tout une évolution des mentalités.
Jean Paul (pseudo) habitant la colline Murangara, raconte une situation qui illustre cette nouvelle mesure. « Nous revenions du centre de santé de Gishubi, où nous avions transporté un malade sur une civière. Parmi nous, un homme ne portait pas des chaussures. Chemin faisant, nous avons croisé une personne qui lui a demandé pourquoi il ne portait pas de chaussures. Elle était sur le point de le sanctionner, mais nous avons intercédé pour lui en expliquant que nous venions du dispensaire. Heureusement, nous avons été entendus », relate-t-il.
Un autre citoyen explique ce qui lui est arrivé. « Revenant de mon champ de maïs avec les pieds couverts de boue, j’ai été interpellé. Je portais mes pantoufles à la main. Un leader sur une moto s’est arrêté et m’a menacé de sanction si je ne les mettais pas. J’ai dû m’excuser et les enfiler rapidement », confie-t-il.
L’administrateur de la commune Gishubi, Ir Apollinaire Baryana, précise que le port des chaussures ne relève pas non seulement d’une question de civilisation, mais reflète un changement de mentalité. « Ce n’est pas une loi que j’ai instaurée, mais une mesure provinciale et nationale liée à la salubrité. On ne peut pas maintenir la propreté en marchant pieds nus. Les vêtements propres et le corps soigné sont des signes de respect pour soi-même et pour la communauté. Nous encourageons les citoyens à adopter cette bonne habitude », explique-t-il. Selon l’administrateur communal de Gishubi, la collaboration avec la population est constante : « Nous avons parcouru les 15 zones de la commune Gishubi, organisé des réunions de sensibilisation, diffusé des communiqués et des rappels sous diverses formes. Nous appelons la population à adopter des comportements appropriés et à se défaire des mentalités rétrogrades. »
La mesure reste ferme
En peu de mots, toute personne se rendant dans un lieu public ou à un service administratif portant des vêtements sales ou marchant pieds nus n’est pas la bienvenue. Lorsque nous avons voulu savoir les sanctions réservées au récalcitrants, l’administrateur Baryana préfère ne pas donner des précisions, se contentant de dire que « tout le monde est au courant ». Cependant nos enquêtes sur le terrain ont montré qu’un citoyen se présentant dans un service public avec des vêtements sales ou pieds nus risque de rentrer bredouille ou s’il se rend dans un lieu public, de devoir payer une amende dont le montant varie d’une personne à une autre.
Pour M. Baryana, cette initiative s’inscrit dans une politique plus large visant à promouvoir l’hygiène et le respect des normes sociales, en cohérence avec la vision du Burundi pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 qui encourage le civisme, le bien-être des familles et le respect de l’espace public.




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