Dès début juillet 2025, les citoyens de la commune Gishubi, dans la province de Gitega, peinent à accéder à certains services administratifs de base. La réorganisation en cours au niveau communal a laissé de nombreux postes vacants, plongeant la population dans l’incertitude et la privant de documents pourtant essentiels à leur quotidien.

A Gishubi, l’administration en veille compromet le bon fonctionnement des services publics.
En mission journalistique dans la commune de Gishubi au début du mois de juillet 2025, un reporter de Burundi Eco s’est heurté à une réalité déconcertante : l’impossibilité d’obtenir la signature de son ordre de mission, faute d’autorité compétente présente sur les lieux. Cette mésaventure, loin d’être un cas isolé, reflète un dysfonctionnement plus large touchant toute la structure administrative de la commune. Selon les constats faits sur place, presque tous les postes communaux sont vacants en attendant de nouvelles orientations de la part des autorités hiérarchiques.
La seule autorité officiellement en fonction reste le secrétaire exécutif communal. En son absence ou en cas d’indisponibilité, les citoyens n’ont d’autre choix que de patienter. Cela concerne notamment les personnes qui souhaitent obtenir une carte nationale d’identité, un document indispensable dans de nombreuses démarches administratives ou lors des contrôles routiers.
D’anciens fonctionnaires communaux rencontrés sur place ont accepté de témoigner, bien qu’ils reconnaissent être aujourd’hui sans pouvoir décisionnel. « Même si nous sommes ici physiquement, nous ne sommes pas autorisés à poser le moindre acte administratif, car la loi ne nous y autorise pas. C’est le nouveau secrétaire exécutif communal qui détient ces compétences, mais son agenda est extrêmement chargé », explique l’un d’eux. En effet, la nouvelle commune élargie de Gishubi regroupe plusieurs anciennes entités, notamment Nyarusange, Buraza, Bukirasazi et Ryansoro. Une vaste étendue que le secrétaire exécutif est censé couvrir à lui seul.
Dans un échange avec ces anciens agents communaux, l’un d’eux a proposé de communiquer au journaliste le numéro du secrétaire exécutif en espérant qu’un rendez-vous puisse être convenu. Contacté, ce dernier avait accepté de rencontrer le journaliste, mais des urgences imprévues ont empêché la tenue de cette entrevue, laissant le reporter sans solution. Il n’est pas le seul à avoir fait les frais de cette situation.
Les citoyens, premiers victimes
Un jeune homme rencontré au bureau communal confie sa frustration : « Je suis venu chercher une nouvelle carte d’identité, mais on m’a informé qu’elle ne peut pas être délivrée actuellement, car le poste de l’administrateur communal est vacant. Cela me pénalise, car je voyage souvent entre Gishubi et Bujumbura. Sans pièce d’identité, je risque d ’avoir des problèmes avec la police lors des contrôles routiers. »
Les anciens fonctionnaires s’efforcent d’orienter les citoyens, dans la limite de leurs capacités. Ils peuvent encore dans l’accomplissement de certaines tâches simples et le secrétaire exécutif communal, quand il est disponible, peut signer des documents comme des attestations, extraits de naissance, etc. Mais les demandes de cartes nationales d’identité restent en suspens, du moins jusqu’au début du mois d’août, selon les informations recueillies sur place avec le nouvel administrateur communal qui sera élu.
La paralysie administrative n’est pas propre à Gishubi. D’après les témoignages recueillis sur place, ce vide administratif est généralisé dans différentes communes du pays, en lien avec les récents changements de structures administratives et l’attente des nouvelles autorités. Les élections des nouveaux administrateurs sont prévues pour le 24 juillet 2025 mais, d’ici là, de nombreux citoyens resteront confrontés à ces lenteurs administratives, parfois lourdes de conséquences.




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