L’impartialité, être de véritables porte-paroles de la population, placer les intérêts de la nation au-dessus des intérêts personnels… La population burundaise attend beaucoup des leaders récemment élus. Pour répondre à ces attentes, ces derniers sont appelés à s’appuyer sur les principes de bonne gouvernance, notamment la transparence, la redevabilité, la participation citoyenne et l’intérêt général.

Honorable Martin Nivyabandi : « Gouverner pour tous, c’est penser au pays dans son ensemble, et non à un groupe particulier ».
« Gouverner pour tous, c’est rechercher l’intérêt de tous les citoyens dans leur diversité et non celui d’un individu ou d’un groupe », affirme l’honorable Martin Nivyabandi, député élu dans la province de Buhumuza. Selon lui, le terme « gouverner pour tous » implique la capacité de prendre des décisions et de diriger en étant placé devant les autres. « Les citoyens de notre pays sont intelligents et dotés de talents que Dieu leur a donnés. Mais puisque tous ne peuvent pas être à l’avant, ils choisissent une personne pour les représenter et les aider à suivre la mise en œuvre des décisions prises ensemble », explique-t-il.
Entre le leader et les citoyens qui l’ont mandaté existe ce que l’honorable Nivyabandi appelle un « contrat social » qui est un engagement qu’a le leader envers tous les citoyens. « Pas seulement envers les membres de sa famille, de son ethnie, de sa province, ou de son parti politique, mais envers toute personne vivant dans le pays, qu’elle soit burundaise ou étrangère », tient-il à préciser.
Les élus appelés à une noble mission
Selon Jean de Dieu Mutabazi, du parti RADEBU, les leaders ont une mission noble: être les véritables porte-paroles de ceux qui les ont élus et rester fidèles aux doléances du peuple. Ils servent ainsi de pont entre les citoyens et l’exécutif.
Pour Jules Niyongabo, candidat indépendant aux législatives de 2025, acteur de la société civile, les leaders ont le devoir de placer les intérêts de la nation au-dessus des leurs et de redonner espoir par une gouvernance exemplaire. « Ils doivent reconnaître que le pouvoir est un moyen de servir et non un privilège », souligne-t-il.
Même son de cloche chez l’honorable Nivyabandi. Pour lui, celui qui reçoit un mandat de leadership doit garder à l’esprit que sans l’unité de tous les Burundais dans leur diversité, rien n’est possible. Aucun leader ne doit négliger les intérêts de ceux qui l’ont élu au profit de son propre groupe. Il définit un bon leader comme celui à qui les citoyens n’hésitent pas à poser des questions même s’ils ne partagent pas ses opinions politiques. Il comprend leurs besoins, les guide vers le développement et met en avant les projets collectifs dont tout le monde bénéficie. « Si, tu es un leader, et qu’en arrivant dans une localité, les gens viennent vers toi et te confient leurs problèmes, c’est un signe que tu es un bon leader. Mais si les gens cherchent à t’éviter, c’est un signe que tu gouvernes uniquement pour ta famille, ton ethnie ou ton parti », conclut-il.
Selon Olivier Nkurunziza de l’Uprona, un responsable qui sert uniquement ses co-militants est voué à l’échec. « Il doit comprendre que même s’il est issu d’un parti politique donné, dans ses fonctions, il doit servir tous les Burundais sans discrimination », explique-t-il.
La loi, un miroir pour les leaders
Jean Claude Nzigamasabo, expert en bonne gouvernance, estime que c’est la loi qui doit guider les décisions des élus. Car, selon lui, la loi est faite pour tous. Elle est donc impartiale, non discriminatoire et sans favoritisme. Il ajoute que, dans l’exercice de leurs fonctions, les leaders doivent s’appuyer sur les principes de bonne gouvernance comme la transparence, la redevabilité, la responsabilité, la participation citoyenne et l’intérêt général.
Cependant, M. Nzigamasabo précise que le respect de ces principes n’est pas automatique. Il dépend de plusieurs facteurs, notamment du parcours personnel de chaque élu et de son environnement socio-politique et économique. Il est donc essentiel de se demander si les élus sont compétents pour les missions nobles auxquelles ils sont appelés, s’ils ne subissent pas de pressions politiques, familiales, religieuses ou sociales qui pourraient les détourner de l’intérêt général, et s’ils se sentent véritablement redevables envers le peuple qu’ils gouvernent.




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