Développement

Guichets Uniques Provinciaux : L’opérationnalisation reste émaillée d’embûches malgré certaines avancées

La création des guichets uniques dans les provinces de Gitega, Ngozi, Muyinga, Mwaro et Bururi  a été  une bonne initiative. Cependant, son opérationnalisation reste émaillée de certaines embûches. La lenteur et les cas de tricherie dans l’octroi des documents s’observent encore

Dans le cadre du Programme National de Réforme Administrative (PNRA), le gouvernement du Burundi à travers le ministère de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) a mis en place depuis 2017 des Guichets Uniques Provinciaux (GUP).  Cinq provinces pilotes, à savoir : Gitega, Ngozi, Muyinga, Mwaro et Bururi ont été ciblées. Ces GUP ont été installés pour permettre à la population d’accéder à des services de qualité de façon rapide sans toutefois enregistrer beaucoup de dépenses. De plus, c’était pour désengorger les administrations centrales qui ont leur siège à Bujumbura-Mairie. Auparavant, certains services étaient souvent débordés par ceux qui ont besoin de documents, car ils étaient seulement offerts à Bujumbura. La population a alors crié haut et fort pour que ces services soient offerts au niveau des provinces, car elle dépensait beaucoup d’argent (les frais de transport, de restauration, de logement, etc) lors des procédures de recherche de ces derniers. De plus, elle perdait beaucoup de temps. Le gouvernement n’a pas tardé à exaucer leurs doléances et  a mis en place ces guichets dans les provinces pilotes.

Quid des documents offerts ?

Actuellement, les documents offerts sont entre autres  le passeport, le laissez- passer, la carte CEPGL, le permis de conduire et l’extrait du casier judiciaire. On espère aussi que d’autres services relevant d’autres ministères sectoriels pourront y être transférés de façon progressive  dans la mesure du possible.

La lenteur dans l’octroi des documents

Lors de la présentation de la revue annuelle 2019 du Pnud organisée le 18 février 2020, on a fait savoir que le projet de mise en place des GUP était venu à point nommé, car il y a de quoi se féliciter au regard de ses contributions. Actuellement, on reçoit certains documents sans toutefois descendre à Bujumbura.

Le projet de mise en place des GUP était venu à point nommé, car il y a de quoi se féliciter au regard de ses contributions

Néanmoins, son opérationnalisation reste émaillée de certaines embûches. Premièrement, il s’observe une certaine lenteur dans l’obtention des documents comme l’extrait du casier judiciaire, car les services du commissariat général de la Police Judicaire ne sont pas informatisés pour valider les données prises au niveau des GUP. Les requérants doivent attendre un peu pour que le service central appose sa signature sur tous les documents.    

Des cas de tricherie remarqués

De plus, il y a des cas de tricherie qui ont été remarqués au niveau des GUP croyant pouvoir contourner le service central alors que c’est ce dernier qui est le seul habilité à valider les données biométriques collectées au niveau des GUP. Pour remédier à cette situation, il y a des fois où on est sommé d’appeler  le requérant du document de descendre vers Bujumbura au niveau du service central.

Quand certains gouverneurs de provinces s’en fichent

Un autre élément concerne les mémorandums d’entente signés entre les autorités des ministères en charge de la fonction publique, de l’intérieur et de la sécurité publique. C’était pour responsabiliser chacune de ces institutions. Au niveau du ministère en charge de l’intérieur, les gouverneurs des provinces devraient considérer les guichets uniques comme des services des provinces qu’ils chapeautent. Pour dire que leur responsabilité dans le suivi et la gestion de ces guichets reste de mise.  Ce qui n’est malheureusement pas le cas. Selon Marie Rosette Nizigiyimana, secrétaire permanent au ministère de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi,  certains gouverneurs se comportent comme s’ils ne sont pas concernés  par l’opérationnalisation des GUP. Les directeurs des GUP peuvent manquer de matériel comme le papier.  Elle s’inquiète  du fait que certains gouverneurs refusent de leur donner ce matériel de première nécessité pour faciliter la bonne marche de leurs activités.

Attention, penser à la pérennisation des acquis

Pour le Pnud, c’est normal qu’il y ait des imperfections dans l’opérationnalisation des GUP dans les provinces ci- haut citées, car on est parmi les rares pays en Afrique à avoir ces types de dispositifs. Il précise qu’on compte alors organiser un atelier d’évaluation du fonctionnement des GUP pour se rendre de ce qui marche bien et ce qui ne l’est pas et de dégager des pistes de solutions dans l’immédiat. Nonobstant, il invite le gouvernement à penser à la pérennisation des acquis. La gestion du fonctionnement des GUP doit être internalisée au niveau local.  Le pays bénéficiaire doit alors penser à prendre les choses en main. Et de leur demander de prévoir l’autofinancement pour s’approprier la continuité de  leur opérationnalisation.

Notons que le Pnud, à travers le projet d’appui à la mise en œuvre du PNRA,  a eu pour rôle de financer tout le projet à partir de son étude jusqu’ à son opérationnalisation effective. Il est aussi prévu de financer la mise en place de cinq autres GUP dans les provinces de Makamba, Kayanza, Rutana, Cibitoke et Bubanza qui disposent d’ infrastructures pouvant abriter ces GUP.  

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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