Les guides touristiques jouent un rôle essentiel dans l’attraction des visiteurs. Pour dynamiser ce secteur porteur de croissance, il est indispensable de renforcer les compétences des guides déjà en service et de sélectionner avec soin les meilleurs profils lors des recrutements.

Les guides touristiques jouent un rôle essentiel dans l’attraction des touristes.
A l’enclos royal de Muramvya, nous rencontrons Joselyne Harerimana, guide touristique sur ce site. A notre arrivée, elle porte son bébé sur le dos, revenant tout juste de l’hôpital. Oui, être une mère responsable, c’est aussi cela. Elle confie alors son enfant à sa bonne pour nous accompagner sans gêne. L’histoire du lieu ? Elle la récite avec assurance, précision et richesse de détails. Si elle est à l’aise pour raconter cette histoire à ses concitoyens, cela reste un défi pour d’autres.
La barrière linguistique, un défi majeur
Titulaire d’un diplôme des humanités générales en lettres modernes, Mme Harerimana se débrouille dans plusieurs langues étrangères apprises à l’école. Ce qui lui permet de communiquer avec les touristes étrangers. Toutefois, elle avoue avoir des difficultés en Swahili, « Nous n’avons jamais appris cette langue à l’école. Quand quelqu’un parle swahili, je suis obligée de lui dire honnêtement que je ne peux pas répondre », confie-t-elle.
Elle indique avoir déjà demandé une formation en langues étrangères sans succès. « Même les livres ayant appartenu aux rois, qui pourraient m’aider à mieux comprendre et expliquer l’histoire du site, sont introuvables. Ils avaient été récupérés par la commune, mais on m’a dit qu’ils ont disparu », déplore-t-elle.
M. Paul Uwizeyimana, guide touristique au site des eaux thermales situé près de la rivière Ruhwa à Cibitoke depuis trois ans affirme recevoir ponctuellement des formations. Toutefois, celles-ci se limitent à l’accueil des visiteurs même s’il aurait aimé en avoir aussi en langues étrangères.
Un secteur primordial délaissé
Bernard Barahinyuza, ancien conseiller en charge de la culture dans la province de Muramvya, reconnait l’importance des guides touristiques. Pour lui, ces derniers jouent un rôle essentiel dans l’attraction des touristes. Il avoue qu’il y a des fois où les touristes viennent se plaindre qu’ils n’ont pas été bien guidés. « Parfois, je suis obligé de les accompagner pour leur donner des explications. Il serait judicieux d’y affecter des personnes expérimentées, capables de présenter les sites correctement », estime-t-il.
Il reconnait toutefois la qualité du travail de certains guides. Il cite notamment Novence, actif sur un site touristique à Kiganda: « Très apprécié pour son éloquence, il parvient à captiver les visiteurs au point qu’ils ne veulent plus repartir. Pourtant, il n’a pas fait de longues études. Quand j’envoie des touristes sur son site, je sais qu’ils sont entre de bonnes mains », affirme-t-il avec fierté.
Pour Bernard Barahinyuza, il est essentiel que l’Etat investisse dans la formation des guides touristiques. Un bon guide conjugue maîtrise du patrimoine et talent de communicateur. Il adapte son discours aux visiteurs, partage anecdotes et culture locale avec passion. A l’aise dans les langues étrangères, il communique aisément avec les touristes peu importe leur provenance. Organisé et réactif, il transforme chaque visite en une expérience unique. Son professionnalisme, soutenu par une formation solide, garantit une prestation mémorable. « Même si un site n’est pas très impressionnant, un guide bien formé saura le rendre intéressant et captivant », conclut-il.




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