Les règles d’hygiène restent ignorées dans les restaurants et petits bistrots de la mairie de Bujumbura. Les gens qui fréquentent ces lieux sont exposés aux maladies des mains sales. Un reporter de Burundi Eco s’est rendu sur terrain pour constater de ses propres yeux cette calamité. Reportage

A certains endroits, le non-respect des règles élémentaires d’hygiène constitue un véritable danger.
C’est 12 heures passées de quelques minutes. C’est à ce moment que les étudiants sortent pour prendre leur déjeuner. Au quartier Nyakabiga III, les restaurateurs sont de véritables dealers. Ils savent profiter d’un service moins cher rendu aux pauvres étudiants dont l’objectif n’est autre que de trouver un plat à bas prix et à proximité. Certains de ces restaurateurs ne tiennent aucunement compte des règles d’hygiène. Sans poubelles, des tas d’ordures sont entassés devant ces restaurants dont les clients potentiels sont les étudiants de l’Université du Burundi. Des serveurs éprouvés par la chaleur servent le repas aux nombreux clients. Des seaux munis de robinets fabriqués de façon rudimentaire attendent les demandeurs de la pâte de maïs ou de manioc. Midi et soir, les étudiants sont en abondance dans ces petits restaurants où ils ont parfois contracté des abonnements.
Ces restaurants ne manquent pas d’être fréquentés par un bon nombre de clients malgré un état de propreté qui ne rassure personne. Les employés à faibles revenus, ceux qui exercent de petits métiers et les étudiants sont obligés de se rabattre sur ces restaurants où ils espèrent trouver un plan à bon marché. Pour Jean Paul Hakuziyaremye, un étudiant à l’Université du Burundi rencontré sur place, on n’a pas de choix. « C’est parfois dégoutant, mais nous ne pouvons faire autrement avec le peu de moyens dont nous disposons», explique-t-il.
La même situation de précarité et d’insalubrité s’observe dans certaines buvettes. On vend de la bière dans certaines des petites cabanes en planches érigées tout près de la clôture de l’Université du Burundi alors que ces dernières ne disposent même pas de toilettes. Les clients se soulagent juste derrière ces maisonnettes. La situation s’aggrave pendant la période pluvieuse.
Interrogé si les clients trouvent où faire leurs besoins, A.N, une jeune femme gérante d’une petite buvette de la localité indique que ceux-ci n’ont pas à s’inquiéter. « Il n’y a aucun problème à ce niveau. Nous sommes à proximité des ménages et ceux qui viennent ici viennent des parages», a-t-elle expliqué. Pas plus loin de là, un cabaret d’Urugombo ouvre ses portes aux fidèles de cette boisson locale très prisée dans les quartiers populaires. Là, la situation est similaire à celle ci-haut décrite.
« Kukabasazi », une anarchie qui ne dit pas son nom
Après une quinzaine de minutes de marche, nous sommes arrivés à Mutanga Nord à l’endroit communément appelé « Kukabasazi ». Il s’agit de l’un de ces petits centres commerciaux que les résidents appellent « Kukansoko ». Coincé entre le quartier VIP de Mutanga Nord et la rivière Ntahangwa, ce fief de dealers de petites affaires est plutôt caractérisé par un désordre criant comme l’indique son nom. La situation y est plutôt chaotique.

Les règles d’hygiène restent ignorées dans les restaurants et petits bistrots de la Mairie de Bujumbura. Ce qui expose ceux qui les fréquentent aux diverses maladies.
Bon nombre de consommateurs y compris les étudiants sont sur les lieux. Plusieurs petits restaurants ont ouvert leurs portes aux clients qui font la queue devant l’entrée. Pour certains de ces restaurants, la cuisine se fait au dehors. On peut voir les cuisiniers retardataires, couverts de sueurs, préparer encore la pâte de manioc ou de maïs.
Dans les restaurants de la place, on se fout des règles élémentaires d’hygiène. Les ustensiles de cuisines sont lavées dans une eau très sale où assiettes et cuillères sont trempées chaque fois de besoin. Vu que cet endroit n’est pas alimenté en eau potable, les propriétaires des restaurants doivent payer l’eau par bidon. Certains endroits proches de ces restaurants sont très humides et l’odeur nauséabonde coupe l’appétit.
Cependant, ce petit centre commercial abrite diverses activités alors qu’il ne dispose ni d’eau ni de lieux d’aisance. Quelques cabarets se trouvant à l’intérieur de ce petit marché inventé par des gens en quête d’activités rémunératrices sont ouverts même pendant les heures de la mi-journée. Certains buveurs consomment déjà en causant paisiblement alors que d’autres tiennent leurs plats dans les mains, la bouteille à la bouche. Les uns se servent la bière locale tandis que d’autres ouvrent leur première bouteille de bière de marque BRARUDI. Et les toilettes ou urinoirs, on s’en fout. Dans certains endroits, l’odeur nauséabonde chasse le passant. Les gens font leur petit besoin en pleine air quelque part derrière les cabanes tout près de la rivières Ntahangwa.
Les zones Kamenge et Cibitoke ne font pas l’exception
Nous avons fait un petit tour pour nous enquérir de la situation dans ces zones. Ces places de restauration de la zone Kamenge ne sont pas à envier. A la cinquième avenue du quartier Gituro de la zone Kamenge, un restaurant est encore ouvert au-delà de 13 heures. Devant l’entrée, plusieurs sacs pleins d’ordures sont superposés. Des essaims de mouches, une odeur nauséabonde provenant des eaux usées qui stagnent dans une petite rigole où sont entassées des pourritures de toutes sortes… Un climat tout à fait inacceptable.

L’insalubrité reste une réalité dans les bas fonds des quartiers populaires de la capitale économique.
A côté de ce petit restaurant, un cabaret est ouvert. Le cabaretier sort le gros emballage «RUDI PAINT» achevé la veille. Une odeur de la bière de banane pollue l’air et vient se mêler à celle de la brochette de porc grillé. Autour de cette buvette, pas de toilette ni urinoir. Où vont les clients en cas d’un quelconque besoin ? Apparemment, chaque client doit se débrouiller. Visiblement, cet endroit est très sale. Un client de boisson locale résidant dans ce quartier, rencontré sur place, a fait part de ses inquiétudes: « Et, si ces boissons ne sont pas mauvaises pour la santé, pourquoi ceux qui les vendent n’en boivent pas ? », s’interroge ce maçon qui indique être venu dans la capitale à la recherche du boulot.
Rappelons que lors de sa dernière rencontre avec les administratifs à la base dans la ville de Bujumbura, le maire de la ville Bujumbura a insisté sur le problème de l’insalubrité qui se remarque dans divers quartiers de Bujumbura. Les mettant devant leurs responsabilités, Jimmy Hatungimana a vivement recommandé aux responsables à tous les échelons de lutter contre l’insalubrité et la construction anarchique dans la Mairie de Bujumbura.




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