L’insuffisance des centres de rééducation physique dans le Sud du pays fait que beaucoup d’enfants naissent et grandissent avec un handicap. Certains sont obligés de parcourir de longues distances et de supporter les dépenses qui en découlent pour rejoindre ces centres. Ce qui n’est pas toujours évident vu la pauvreté dans laquelle baignent la plupart de leurs familles. Ils demandent la décentralisation de ces centres
La province de Bururi ne dispose d’aucun centre de réadaptation physique. Cela constitue une épine dans le pied des personnes nécessitant la rééducation physique dans cette province. Pour le traitement, elles sont obligées de parcourir des kilomètres et des kilomètres et de supporter toutes les dépenses qui en découlent. Ce qui n’est pas à la portée de tous les nécessiteux comme le témoigne la population de la colline Kagoma dans la commune Vyanda en province de Bururi.

L’insuffisance des centres de rééducation physique dans le Sud du pays fait que beaucoup d’enfants naissent et grandissent avec un handicap.
Cette colline enregistre près d’une dizaine de personnes handicapées. La plupart d’entre eux ont été victimes du manque de moyens pour se rendre dans les centres de rééducation physique vu qu’il n’y en a pas un dans cette province. « Le centre proche de chez nous est celui de Makamba. Pour y arriver, il faut payer un ticket de plus de 30 mille FBu, sans parler des autres dépenses engagées pour la prise en charge de ce cas », regrette Jean Damascène Uwikunda, habitant de cette colline. Ces dépenses s’avèrent donc exorbitantes vu que la plupart des personnes handicapées vivent dans une pauvreté extrême. Pourtant, ceux qui ont eu la chance d’être traités à temps sont guéris et les exemples ne manquent pas sur cette colline. « C’est dommage qu’une personne soit handicapée pour toujours pour la simple raison qu’il n’a pas eu les moyens nécessaires pour se faire soigner à temps », regrette Adronis Metero, chef de la colline Kagoma. Il réclame l’installation d’un centre de rééducation physique dans les environs.
La sensibilisation est d’une grande nécessité
Certains ne sont pas soignés à temps parce qu’ils ignorent l’existence de ces centres de rééducation physique ou les fréquentent trop tardivement. C’est le cas de Yvonne Irakoze, âgée de 30 ans, habitant la colline Kiremba de la commune et province Bururi. Elle souffre des difficultés de langage, mais aussi des difficultés de stabilité motrice. Son handicap ne s’est manifesté que quelques mois après sa naissance et cette fille n’a bénéficié d’aucun traitement.
Sa maman nous a dit qu’avant, elle ne trouvait pas d’intérêt à faire soigner sa fille. Lorsqu’elle y a pensé c’était trop tard. « On m’a dit que si je l’avais amené avant 5 ans, son handicap aurait été traité avec succès », regrette sa maman. Elle ne doute pas qu’il y ait d’autres parents qui ont des enfants vivant avec un handicap, mais qui ne savent rien de ces centres et leur utilité. Elle demande aux responsables des associations des personnes vivant avec un handicap de redoubler d’efforts dans la sensibilisation pour qu’il n’y ait aucun enfant qui soit victime de l’ignorance de ses parents.
Les administratifs tirent une sonnette d’alarme
Juvent Ndayikeza, chef de cabinet du gouverneur de la province de Bururi nous a fait savoir qu’il est difficile de donner le nombre exact de personnes handicapées qui vivent dans cette province, car il varie du jour au jour suite aux décès de ceux qui succombent à leur handicap ou aux nouveaux cas causés par les accidents. Selon lui, la province de Bururi ne dispose d’aucun centre de rééducation physique ce qui fait que les personnes vivant avec un handicap sont obligées d’aller se faire soigner dans les provinces de Rutana, Makamba ou Gitega. Il appelle toutes les parties prenantes à faire tout le possible pour qu’il y ait un centre de rééducation physique à Bururi. Son souhait est qu’il n’y ait plus de personnes qui soient condamnées à demeurer handicapées parce qu’il n’y a pas de centre rééducation physique dans les environs.




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