Malgré la mise en place d’un cadre juridique propice à l’épanouissement de l’enfant, la situation demeure précaire. La pauvreté, les mentalités qui ne changent pas, le manque de ressources… impactent le vécu quotidien des enfants. Chacun doit jouer son rôle pour inverser la tendance

Me Gaudence Aimé Kabuyenge, consultant de la FENADEB : « La pauvreté qui sévit dans le pays ne permet pas à l’enfant de s’épanouir comme il faut »
En marge de la célébration de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant, la Fédération Nationale des Associations engagées dans le Domaine de l’Enfance au Burundi (FENADEB) a organisé une conférence publique pour évaluer l’état des lieux de mise en œuvre de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). « La CIDE est dédiée naturellement à la Journée Internationale des Droits de l’Enfant. Elle est l’occasion idéale pour rappeler qu’un enfant a non seulement le droit d’être éduqué, soigné, protégé quel que soit l’endroit du monde où il est né, mais aussi de s’amuser, d’apprendre et surtout de s’exprimer », précise Mme Christine Ntahe dite Maman Dimanche, vice-présidente de la FENADEB.
Quid de la Convention relative aux droits de l’enfant ?
La CIDE reconnait que l’enfant est un individu à part entière, de moins de 18 ans, appartenant à une famille et une communauté, avec des droits et des responsabilités. Elle se compose de 54 articles dont 41 premiers articles dédiés aux droits fondamentaux (les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels) de l’enfant et aux obligations des tiers à son égard. Les 13 derniers articles (art. 42 à 54) précisent les modalités et la date d’entrée en vigueur de la Convention, celles afférentes au contrôle du respect de ses dispositions et son interprétation pratique ainsi que l’instance qui en est chargée (Comité des Droits de l’Enfant, siégeant à Genève), résume Me Joseph Bugingo, consultant à la FENADEB.
Me Bugingo rappelle que les droits fondamentaux de l’enfant sont le droit à l’identité, le droit à la santé, le droit à l’éducation, le droit à la protection et le droit à la participation. De plus, poursuit-il la CIDE repose sur des principes fondamentaux sans lesquels aucun de ces droits ne peut être respectés. Ce sont notamment : la non-discrimination, l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit à la (sur)vie et au développement et le droit à la participation.
Etat des lieux de la mise en œuvre du CIDE
Le Burundi dispose d’un arsenal juridique et institutionnel favorable à l’épanouissement des enfants mais les moyens ne suivent pas. «Moins de 20% du budget de l’Etat sont investis dans les secteurs sociaux pour l’épanouissement de l’enfant», fait savoir Me Gaudence Aimé Kabuyenge, consultant de la FENADEB. La pauvreté qui sévit dans le pays ne permet pas à l’enfant de s’épanouir comme il faut. A cela s’ajoute les mentalités qui n’évoluent ou se dégradent. Par conséquent, l’enfant Burundais subit les contrepoids de son contexte socio-économique, se désole-t-il.
Pour Mme Ntahe, la situation de l’enfant laisse à désirer au regard du nombre d’enfants qui dorment à la belle étoile, d’enfants abandonnés, d’enfants déplacés, d’enfants privés du droit à l’éducation et à la santé, d’enfants spoliés de leurs biens et legs, … déplore-t-elle.
Le rôle des pouvoirs publics est indéniable
Il est vrai que de nombreuses initiatives des organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de l’enfance et de l’UNICEF et d’autres partenaires étrangers existent. Par contre, rien ne peut combler le vide créé par l’effectivité de l’engagement concret des pouvoirs publics dans la protection des droits de l’enfant. Les phénomènes d’abandon scolaire, d’exploitation sexuelle et de travail dur des enfants prennent de l’ampleur à travers tout le pays. La journée internationale des droits de l’enfant est une occasion pour rappeler aux pouvoirs publics son rôle dans la protection des droits de l’enfant en y investissant davantage, estime Kabuyenge.
D’ailleurs, la protection de l’enfant n’est pas seulement une affaire de l’Etat, de l’UNICEF, de la FENADEB ou d’une seule organisation. C’est l’affaire de tous et de chacun, a-t-il conclu. Mme Ntahe abonde dans le même sens en invitant tout un chacun de redoubler d’efforts car bien du chemin reste à parcourir pour la mise en œuvre effective de la CIDE.
Les festivités marquant la Journée Internationale des Droits de l’Enfant se sont déroulées au centre jeunes Kamenge. Les enfants journalistes ont profité de l’occasion pour animer une émission publique en synergie des médias suivi d’un mini-concert. La Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) a été adopté le 20 novembre 1989 par l’assemblée générale des Nations Unies et ratifié par le Burundi en 1990. Le thème choisi cette année au niveau international est: « Les enfants prennent les commandes et peignent le monde en bleu ». Au niveau national, le thème retenu est : « Conjuguons nos efforts pour garantir l’espoir et un avenir meilleur pour tous les enfants ».




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