Les syndicats des enseignants ont joué un rôle incontournable dans la promotion de l’amélioration des conditions de vie et de travail de l’enseignant. Aujourd’hui, leur dignité commence à être retrouvée grâce à l’indemnité d’ajustement salariale introduite depuis 2016. La COSSESONA demande à l’Etat de penser toujours à l’amélioration du bien-être de l’enseignant, car il est le pilier du développement
Depuis que le mouvement syndical a vu le jour au Burundi, le secteur de l’enseignement s’est distingué dans la création des syndicats, a indiqué Emmanuel Mashandari, président du syndicat CONAPES jeudi le 31 octobre 2019 lorsque les enseignants de la circonscription de la Mairie de Bujumbura célébraient la journée mondiale de l’enseignant. Les syndicats ont manifesté un dynamisme dans la revendication de meilleures conditions de vie et de travail et dans la défense des intérêts des travailleurs. Pour plus d’efficacité, Mashandari fait savoir que ces syndicats ont adopté des stratégies de travailler en synergie afin de renforcer leurs moyens d’action. Ils ont mis en avant le dialogue social. Et de noter que le dialogue social est un outil incontournable dans un monde de travail apaisé. C’est une voie indéniable pour la réussite.
Réalisations à caractère social
En 1999, suite à la revendication de l’harmonisation des salaires, Mashandari signale que la prime d’encouragement a été revue à la hausse. Elle est passée de 3500 FBu à 7000 FBu pour les diplômes de niveau secondaire et de 8500 FBu à 15 000 FBu pour les diplômes universitaires sauf ceux qui n’ont pas présenté leurs mémoires. En 2002, suite à une longue grève de 3 mois, le gouvernement a accepté le déblocage de la carrière des enseignants. Cette opération a été financée par le royaume de Belgique à hauteur de 4 millions de dollars. En 2002 même, suite aux négociations entre le gouvernement et les syndicats des enseignants, le grade 1 a été supprimé pour les enseignants grâce au gain de 6 ans d’anciennetés, au recrutement. En 2003, suite à la revendication des enseignants, la catégorie d’exécution a été supprimée pour les enseignants. Les D4, les D6 et les équivalents ont passé dans la catégorie de collaboration. Les diplômes supérieurs ont été reclassés. En 2007, suite à la révision du statut général des fonctionnaires de 1999, les syndicats ont réclamé l’opération de transposition. Cela n’a été concrétisé qu’en 2009 après une grève de deux mois. Une régularisation administrative et pécuniaire a été opérée.

Victor Ndabaniwe, président de la COSSESONA : «Je me réjouis du fait qu’il y a 5 ans que les grèves ne s’observent pas»
En 2007, consécutivement à l’octroi des 34% par le chef de l’Etat de l’époque, Mashandari fait remarquer que l’allocation familiale était passée de 150 FBu pour enfant à 1000 FBu et 300 FBu à 2000 FBu pour un conjoint qui ne travaille pas. Mashandari indique qu’un litre de lait coûtait 5 FBu à cette période. Pour fixer l’allocation familiale, on supposait qu’un enfant d’un enseignant consomme un litre de lait et deux litres de lait pour son conjoint s’il ne travaille pas. Mashandari demande à l’Etat d’actualiser ces données afin de se conformer aux réalités du moment, car le coût de la vie augmente du jour au jour. Il signale qu’un litre de lait coûte aujourd’hui plus de 1000 FBu. De Plus, on a instauré une indemnité de déplacement. Elle a été fixée à 9680 FBu et n’a jamais été adaptée à la situation actuelle.
La FLE, pour accorder des crédits de logement aux enseignants
En 2008, en vue de pallier à l’incapacité des enseignants de construire leurs propres logements, une fondation pour le logement du personnel de l’enseignement (FLE) a vu le jour. Cela a été mis en application sur l’initiative des syndicats avec l’appui du gouvernement. Cette fondation compte actuellement 15 309 adhérents et 4130 crédits ont été déjà octroyés, soit 23 898 565 775 FBu contre un dépôt de 3 223 843 367 FBu.
En 2016, après de longues grèves et négociations, un pas a été franchi dans la réduction des disparités salariales à travers l’instauration de l’indemnité d’ajustement salarial. Le processus de politique salariale équitable a été amorcé et est en cours jusqu’aujourd‘hui. Le licencié qui touchait un salaire de 150 000 FBu par mois touche aujourd’hui plus de 300 000 FBu par mois.
Néanmoins, il s’inquiète qu’il y a certaines primes et indemnités qui ont été supprimées. En 2016, quand on a introduit l’indemnité d’ajustement salarial, on a procedé au gel de certaines primes et indemnités. Ce sont les primes de fidélité et de rendement ainsi que l’indemnité d’équipement qui se trouve dans les clauses de négociation entre le gouvernement et les syndicats. Et de se lamenter du fait qu’actuellement elles ne sont pas octroyées aux enseignants qui débutent leur carrière.
En 2017, en vue de répondre à l’appel des hautes autorités du pays pour venir en aide aux populations victimes des aléas climatiques, une coalition spéciale des syndicats des enseignants pour la solidarité nationale COSSESONA a été créée. Elle a déjà assisté 9 enseignants en besoin de soins de santé à l’étranger et dans les hôpitaux de la place à hauteur de 17 millions de FBu.
Mashandari se réjouit du fait que la dignité des enseignants commence à être retrouvée. Auparavant, les établissements de crédit manifestaient un certain mépris à l’égard des enseignants du fait qu’ils avaient de maigres salaires. Aujourd’hui, suite à l’amélioration de leurs conditions salariales, les enseignants font objet d’une forte sollicitation des établissements de crédit et des institutions de microfinance.
Victor Ndabaniwe, président de la COSSESONA se réjouit du fait qu’il y a 5 ans que les grèves ne s’observent pas. Il demande à l’Etat de penser toujours à l’amélioration du bien-être de l’enseignant, car il est le pilier du développement. Et d’inviter les enseignants à s’atteler à leurs activités quotidiennes pour augmenter le taux de réussite qui laisse à désirer malgré les nombreux défis.




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