Médias

Journée mondiale de la liberté de la presse

Karenga

Hon.Karenga Ramadhan, président du CNC

Alors qu’en 2015 la Journée mondiale de la liberté de la presse n’a pas été célébrée, en 2016, elle vient d’être célébrée dans des conditions inhabituelles. Pourtant, cela donne quand même une lueur d’espoir.

 

Pas de scotches noirs sur la bouche comme ça été le 3 mai 2015. Cette année, la fête a eu lieu. Cependant, elle n’a pas vibré au même rythme que les journées habituelles. Au moment où les journalistes étaient habitués à porter les t-shirts semblables et partager un verre, ils n’ont partagé qu’un débat et un verre de thé. Par ailleurs, le nombre de journalistes participant à la célébration de cette journée avait diminué. « Nous aurions tous aimé que cette journée mondiale de la liberté de la presse retrouve tous nos collègues à l’œuvre. Malheureusement ce n’est pas le cas. C’est la raison pour laquelle nous avons voulu une célébration très simplifiée, centrée sur la réflexion au sujet des questions qui nous préoccupent », fait remarquer Denise Mugugu, présidente de la Maison de la Presse du Burundi (MPB). Parmi les questions évoquées, les participants au débat ont soulevé la question de la sécurité du journaliste et de son matériel. Ils ont en outre insisté sur les actions menées par certains organes comme l’Union Burundaise des Journalistes (UBJ), l’Observatoire de la Presse Burundaise (OPB), la MPB … pour témoigner la solidarité envers les journalistes d’une manière générale et une centaine de journalistes qui ont pris le chemin de l’exil et d’autres qui sont au chômage, de façon plus particulière.

 

Un organe régulateur tranquillisant

 

A part les inquiétudes soulevées dans le débat, le discours de l’UBJ crée une situation de désespoir. « Cette journée arrive au moment où la presse burundaise est malmenée, presqu’interdite dans notre pays et tous les journalistes ne jouissent plus de leurs droits à l’exercice de la profession ! C’est vraiment regrettable, inimaginable, impensable vu le pas que le Burundi avait déjà franchi en matière de liberté de la presse ! C’est un recul ! Qu’ai-je dit ? C’est plutôt l’enterrement pur et simple de toutes les libertés et droits fondamentaux ! Malgré tout, je m’en voudrais de ne pas vous souhaiter bonne fête. Oui, bonne fête malgré que plusieurs d’entre nous ne pouvons plus mettre le pied sur la terre de nos ancêtres puisque nous avons choisi notre métier, le journalisme ! Et bonne fête malgré que plusieurs d’entre nous, sommes obligés de vivre cachés pour éviter le lynchage ou l’enlèvement puisque nous sommes journalistes ! », lit-on dans le discours de l’UBJ. Toutefois Hon. Karenga Ramadhan, président du Conseil National de la Communication (CNC) et professionnel des médias se veut rassurant. Il se réjouit d’abord que la fête a eu lieu. Ensuite, renchérit-il, une année après la fermeture des programmes de certains medias burundais, il y en a qui ont déjà rouvert leurs programmes. Hon. Karenga Ramadhan revient sur la table ronde qui s’est tenue en Belgique fin mars 2016. Selon lui, les professionnels des médias qui œuvrent au Burundi, ceux qui sont en exil et les bailleurs se sont convenus de travailler dans le respect de la législation en vigueur. Hon. Karenga Ramadhan rappelle que le CNC est un organe constitutionnel. Il indique qu’il ne va ménager aucun effort pour que la situation des journalistes poursuivis par la justice soit analysée objectivement et pour la réouverture des programmes des médias qui ont été fermés ou vandalisés.  « Néanmoins, nous déplorons l’inexistence de document d’identification des journalistes, de textes régissant le droit à l’information, de l’application des mécanismes d’autorégulation ainsi que la non reconnaissance de l’appartenance au CNC des domaines de la publicité, de l’imprimerie et du cinéma », regrette-t-il. Le Président du CNC reste aussi confiant que l’application effective de la loi de mai 2015 sera une opportunité pour promouvoir le métier de journalisme au Burundi.vue des participants au début

 

Panorama du paysage médiatique burundais

 

Selon Innocent Nsabimana, secrétaire exécutif de l’OPB, la peinture du paysage médiatique burundais est suffisamment sombre. Il peint ce paysage à partir de 2015. Pour lui, en 2015, sauf une petite manifestation des journalistes, scotches noirs à la bouche, la fête n’a pas eu lieu. Il signale que le 9 mai, une loi sur la presse a été promulguée, mais n’a pas été vulgarisée. « Cinq jours après, un putsch a manqué. Ce qui a causé l’incendie de 5 radios et radios-télévisions ainsi que la fermeture de deux radios », souligne M. Nsabimana. Cela a provoqué la fuite des journalistes, leur poursuite judiciaire et leur réduction au chômage. M. Nsabimana précise également que le 27 avril 2015, la Maison de la Presse qui abritait le studio de l’Association Burundaise des Radiodiffuseurs (ABR) a été fermé. La conséquence a été, selon toujours lui, l’impossibilité d’organiser les synergies. Tout n’est pas noir. M. Nsabimana certifie une petite avancée notamment à travers la promulgation de la loi sur la presse, la réouverture de la Maison de la Presse, de la radio Isanganiro et de la radio-télévision Rema, …

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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