Dans le message adressé au peuple burundais par le Président de la République Pierre Nkurunziza le 31 décembre 2019, il a grâcié plus de 3 mille locataires des maisons de détention. La mise en exécution de la volonté du président n’est pas encore effective. La ministre de la Justice tranquillise
Le président burundais a pris l’habitude d’accorder la grâce présidentielle aux détenus chaque année et cela depuis qu’il est arrivé au pouvoir. Il s’agit d’un bon moyen et d’une meilleure initiative pour désengorger les établissements pénitentiaires qui abritent plus de détenus que prévus. Malheureusement, la mise en application de la volonté du président se fait attendre pour certains détenus. A plus de trois mois, certains des grâciés attendent toujours leur libération. Nombreux de ces bienheureux qui espéraient revoir de nouveau le soleil et retrouver leurs familles n’ont pas encore joui de la liberté leur promise par le numéro un burundais
Quatre groupes de détenus ont eu la chance de rencontrer les faveurs du Président et les critères pris en considération sont assez simples. Les prisonniers avec un handicap physique, ceux ayant déjà purgé la moitié de leur peine, les femmes enceintes ou allaitantes et les détenus dont la peine ne va pas au-delà de cinq ans.
La libération n’a pas respecté le calendrier
Les inquiétudes ne manquent pas, mais la ministre de la Justice rassure l’opinion. Le processus de mise en liberté des bénéficiaires a pris du retard. Jean Marie Nshimirimana, représentant légal de l’association Amis des prisonniers et de leurs familles est sorti du silence. A la fin du mois de janvier, il a demandé aux autorités compétentes d’accélérer le processus: “Il y a des prisonniers qui ont bénéficié de la grâce présidentielle, mais qui ne sont pas dans leurs familles », avait-il rappelé lors d’une conférence de presse qu’il a tenue au mois de janvier. Ce défenseur des droits humains a demandé, lors de son intervention sur la Voix d’Amérique, l’augmentation du nombre des membres de la commission chargé de préparer le dossier des détenus concernés par la grâce présidentielle.

A plus de trois mois de retard, certains des graciés attendent toujours leur libération.
Au cours du mois de mars, lors de la célébration de la journée mondiale des droits de la femme, la libération des femmes figurant sur la liste interviendra. Interrogée sur cette question par la Voix d’Amérique, la ministre de la Justice Aimée Laurentine Kanyana affirme que le travail est en cours. Elle promet que ce travail qui exige beaucoup de précautions pour ne pas se tromper au niveau des listes seront clôturés avec la fin du mois de mai.
La ministre de la Justice Aimée Laurentine Kanyana a repris la parole vendredi le 03 avril 2020 pour confirmer que les bénéficiaires de la grâce présidentielle pourraient être libérés à la fin du mois de mai prochain.
Selon les propos du ministre, les dossiers sont en cours d’analyse dossier par dossier. Les concernés pourront également suivre une formation patriotique avant de quitter les maisons de détention
La grâce présidentielle est importante pour la vie socio-économique
Au niveau socio-économique, les avantages liés à la grâce présidentielle ne manquent pas. Plusieurs observateurs relèvent les conséquences néfastes liées aux emprisonnements. Quand il s’agit d’un parent, les conséquences sont énormes pour sa famille. Différents rapports des Nations Unies montrent que plusieurs milliers d’enfants dans le monde ont été fortement touchés par l’incarcération de leurs parents. La mesure du Président de la République de libérer certains prisonniers, saluée par les défenseurs des droits humains, est de nature à amortir le choc socio-économique chez les prisonniers graciés et leurs familles.
Même si l’emprisonnement est synonyme de la protection de la société dans une certaine mesure, le retard dans la libération des détenus grâciés constitue un manque à gagner pour la société. Les familles des détenus qui devraient retrouver le soutien des leurs s’inquiètent. Dans les prisons jugées surpeuplées, la libération de certains détenus constitue un des moyens efficaces de désengorger les établissements pénitentiaires.
Lors de son intervention sur les ondes de la VOA, la ministre de la Justice Aimée Laurentine Kanyana a affirmé que le processus de libération des prisonniers grâciés est en cours et qu’il s’agit d’un dossier qui lui tient à cœur. Pour cette autorité, il est primordial que les grâciés retournent dans leurs familles. Elle tranquillise et informe l’opinion que les moyens nécessaires sont disponibles pour mener à bien ce travail.




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