Développement

Kamesa-Eau potable : Quand les fuites d’eau deviennent une alternative

Certaines localités de Kamesa sont dépourvues d’eau potable. Les habitants de ces localités profitent des fuites d’eau provenant des tuyaux d’alimentation cassés, un phénomène fréquent dans cette localité. Ils demandent à la Regideso de répartir d’une manière équitable les robinets publics à Kamesa 

L’eau potable vaut de l’or dans certaines localités du quartier Kamesa, zone Musaga en Mairie de Bujumbura. Lorsque nous y sommes arrivés, une fillette de 5 ans puisait à l’aide d’un gobelet de l’eau provenant d’une fuite d’un tuyau d’alimentation en eau potable cassé.

A quelques pas de ce tuyau cassé, le sol est mouillé. Claudine, habitante de cette localité rencontrée sur place nous explique qu’il s’agit d’un autre tuyau cassé. Un phénomène qui, apparemment, ne l’alerte plus.  Selon elle, le problème de manque d’eau potable dans cette localité ne date pas d’hier. Elle a profité de cette rencontre pour nous raconter leur calvaire. « Si nous voulons de l’eau potable, nous sommes obligés de parcourir près d’un kilomètre pour arriver là où il y a un robinet public au sommet de cette montagne, ou acheter un bidon à 100 FBu dans les ménages disposant de l’eau courante », fait-elle savoir. Pour la lessive et d’autres activités ne nécessitant pas de l’eau potable, ils se rabattent sur cette fuite d’eau provenant des tuyaux d’alimentation en eau potable cassés.

Cette eau n’est pas bonne à boire. Malheureusement, les enfants qui ne savent rien de la potabilité de l’eau la boivent. Ce qui peut être à l’origine de pas mal de maladies comme le fait savoir Claudine. «L’eau potable est indispensable dans la vie. Vaut mieux manquer de l’électricité au lieu de manquer l’eau potable. Que la Regideso nous vienne en aide», insiste-t-elle.

Pour la lessive et d’autres activités ne nécessitant pas de l’eau potable, certains habitants de Kamesa se rabattent sur les fuites d’eau provenant des tuyaux d’alimentation en eau potable cassés.

Un trajet de combattant à la recherche de l’eau potable

Princia, une fillette de 8 ans a accepté de nous accompagner pour nous montrer là où elle puise l’eau à boire. « Ce n’est pas loin. Venez, je vais vous montrer », nous lance cette gentille gamine qui, visiblement, s’y est déjà habitué. Sur notre chemin vers ce robinet public, des tuyaux acheminant l’eau sont visibles ici et là au milieu du sentier. Sur certains tronçons, ces tuyaux sont à même la surface du sol. Ils ne sont pas enfuis. Un peu en hauteur sur ce même tronçon, des enfants se lavent et des femmes puisent l’eau courante dans une fosse occupant une bonne partie de la largeur de ce sentier. A voir cette fosse, on dirait une source d’eau aménagée qui, apparemment, ne date pas d’hier. « Cette eau provient d’un tuyau cassé », fait savoir une des femmes en train de puiser l’eau. Evidemment, il y a un tuyau cassé, un troisième, à moins de deux cent mètres sur le même tronçon.

Après près d’une vingtaine de minutes de marche, surtout de montée des pentes sous un soleil de plomb, nous arrivons enfin au robinet public où une dizaine de personnes de tout âge viennent puiser l’eau. Pas de bousculade, l’ordre d’arrivée s’impose. Comme le témoigne un garçon trouvé sur place, il n’y a pas de problèmes liés à l’eau potable dans cette localité. Pascasie Kibinakanwa, une quinquagénaire approche «J’espère que vous voulez nous amener un autre robinet public pour désengorger celui-ci», rétorque-t-elle. Elle fait savoir que ce robinet date de 2005 et qu’auparavant, ils puisaient l’eau de la rivière Kamesa et que pour ce qui est de l’eau potable, il fallait aller à Buhonga où ils passaient toute une journée pour n’amener qu’un seul bidon d’eau.

Lorsqu’on leur a proposé de disponibiliser une parcelle et la main d’œuvre pour l’implantation du robinet public, elle n’a même pas hésité. Elle a volontairement et gratuitement donné une partie de sa parcelle. « Dans certaines localités, la population a politisé cette offre et ont refusé de donner des parcelles. C’est comme ça qu’ils n’ont pas bénéficié de robinets publics », justifie cette brave dame. Elle regrette que beaucoup soient les ménages qui puisent l’eau sur ce robinet, si difficile soit sa gestion.

Les preuves que cette localité a été alimentée en eau potable sont légion. Des tuyaux d’alimentation en eau potable sont visibles un peu partout. Selon Claudine, certains ménages sont raccordés au réseau, mais n’acceptent pas que les autres personnes viennent puiser l’eau chez eux. Et cela avec raison, car ils ne seront pas à même de payer les factures de la Regideso. Elle suggère que ces robinets publics soient répartis d’une façon équitable dans cette localité.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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