Au cours d’une réunion technique du lundi 12 mars 2017, l’ambassadeur de la Chine au Burundi a annoncé que 300 villages vont bénéficier de postes téléviseurs satellitaires. Ce programme viendra pour augmenter le taux de pénétration de la télévision dans les zones rurales, précise le ministre en charge des médias. Il espère que dans 4 mois, les programmes de télévision seront désormais accessibles de l’intérieur du pays
Le projet d’accès à la télévision par satellite vise à promouvoir l’établissement du partenariat stratégique global entre la Chine et l’Afrique. C’est pour répondre à la demande du gouvernement burundais que le gouvernement chinois consent à mettre en œuvre dans 300 villages burundais ce projet, indique M. Li Changlin, ambassadeur de la Chine au Burundi.
Nestor Bankumukunzi, ministre des Postes, des Technologies de l’Information et de la Communication et des Médias explique que le projet consiste à fournir et installer 300 postes téléviseurs satellitaires dans 300 villages qui seront identifiés à travers tout le pays. En moyenne, chaque commune aura environ 3 postes téléviseurs. Les équipements vont être installés dans les villages et les lieux publics, ajoute-t-il.
Les frais d’abonnement seront exigés aux ménages
L’ambassadeur de la Chine rassure que dans un proche avenir, les ingénieurs seront déployés sur 300 villages ciblés pour démarrer les travaux d’installation des équipements. L’étape suivante consistera en la mise en place des services de vente par la société Startimes. A partir des concertations avec les partenaires, le projet pourrait démarrer bientôt. Et le ministre en charge des médias espère que d’ici le mois d’août les citoyens pourraient jouir des bienfaits de la télévision satellitaire à travers le pays.

Nestor Bankumukunzi, ministre des Postes, des Technologies de l’Information et de la Communication et des Médias : « le projet consiste à fournir et installer 300 postes téléviseurs satellitaires dans 300 villages qui seront identifiés à travers tout le pays. En moyenne, chaque commune aura environ 3 postes téléviseurs ».
M. Bankumukunzi fait remarquer que dans un premier temps, la population va bénéficier deux à trois mois d’abonnement gratuit dans les petits villages. « Après cette période, une somme d’environ 5 000 FBu sera exigée pour l’abonnement mensuel. Les négociations sont en cours avec nos partenaires pour fixer les frais de souscription aux différentes chaînes », martèle-t-il. Néanmoins, l’accès à la chaîne de la télévision nationale demeurera gratuit. Bankumukuzi révèle que la convention avec la société chinoise Startimes accorde la chance aux téléspectateurs de bénéficier au plus de deux chaînes gratuites.
La plus-value du projet
La télévision satellitaire apporte une grande contribution au développement. M. Bankumukunzi fait savoir que ce programme viendra pour augmenter le taux de pénétration de la télévision dans les zones rurales qui reste encore bas. Un plus grand nombre de Burundais aura accès aux programmes de la télévision. Les programmes de télédiffusion étant conçus et diffusés pour aider la population à s’épanouir, celle-ci va donc s’informer, s’éduquer et se former. Par conséquent, elle va faire face aux différents défis qui surgissent lors de la mise en œuvre de certaines activités de développement.
Du flou plane sur la transition de l’analogique au numérique
Pour accélérer le processus de migration de l’analogique au numérique, il a été créé une de la Société de Télévision Numérique du Burundi (STNB) dans laquelle le gouvernement détient 40% des actions et la société StarTimes 60%. Dès lors, le projet fait couler beaucoup d’encre. Le ministre en charge des médias a annoncé en 2016 que le programme de numérisation de la télévision est suffisamment avancé et que le réseau est installé à plus de 90%. Selon des sources concordantes, la société chinoise StarTimes aurait refusé le transfert de la technologie tant qu’elle ne percevra pas la contrepartie des tâches accomplies, à savoir l’installation des équipements sur le territoire national.
Prêt de 32,6 millions USD pour financer le projet
De plus, le gouvernement avait annoncé la distribution gratuite de 290 000 décodeurs au sein des ménages de la part du gouvernement chinois. Ce qui inquiète les observateurs c’est qu’au lieu de tenir promesse, le gouvernement s’est endetté auprès des chinois pour financer les activités dudit projet. Le projet de loi y relatif au prêt de 32,6 millions USD de la part d’Exim Bank China a été analysé par la chambre basse du parlement. Les parlementaires ne comprenaient pas l’intérêt de s’endetter pour le compte d’une autre société et surtout en cette période d’austérité. A l’heure actuelle, le projet de loi est inscrit sur le programme des activités du Sénat. Des recensements des postes téléviseurs ont été organisés respectivement par le ministère de l’Intérieur (au niveau national) et la RTNB (en mairie de Bujumbura), mais aucun résultat n’a été publié. Jusque-là, combien de décodeurs ont été distribués ? A quand réellement la télévision numérique inaugurée au Burundi en 2016 ?
Quid des équipements ?
Le projet prévoit que chaque village bénéficiera de deux vidéoprojecteurs StarTimes, d’un téléviseur numérique 32 pouces ainsi que de 20 décodeurs et antennes paraboliques. Etant donné que la plupart des zones rurales ne sont pas connectées au réseau électrique, les projecteurs et le téléviseur seront chacun équipés d’un système d’alimentation solaire et d’une antenne parabolique. Cela permettra aux habitants des zones rurales africaines de regarder la télévision pendant 6 heures après le coucher du soleil.
Rappelons que le projet d’accès à la télévision par satellite a été lancé en 2015 lors du sommet Chine-Afrique de Johannesburg. Il sera mis en œuvre par la société StarTimes qui équipera quelques 10 000 villages des zones rurales de 25 pays africains.




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