Les transactions par monnaies virtuelles (cryptomonnaie) sont déconseillées par l’autorité monétaire burundaise. Ce commerce est considéré comme une forme de spéculation. Cependant, ce moyen d’achat et de paiement par une carte de crédit est utilisé dans la plupart des pays du monde entier car les transactions financières ne connaissent pas de frontières
Au mois de janvier 2020, une société dénommée « CROWD1 » faisant le commerce de monnaies virtuelles a ouvert ses portes puis a directement clôturé ses activités. Elle et les autres sociétés semblables sont qualifiées d’escrocs par la BRB et la population a été invitée à les dénoncer.
Les monnaies virtuelles non réglementées
Dans un avis au public du 20 août 2019, la Banque de la République du Burundi (BRB) indique qu’elle a été alertée à propos de l’existence d’activités d’investissement et de commercialisation de monnaies virtuelles appelées aussi cryptomonnaies. Celles-ci sont le Bitcoin, l’Ether, le Litecoin, le Dogecion, l’Onecoin, le BTC, le Fahari Cash Coin, l’Ello Cash Coin et d’autres produits similaires.
« Ils sont des moyens de paiement non réglementés par aucune Autorité Monétaire », lit-on dans l’avis au public.
Et de continuer : « En effet, ces monnaies virtuelles s’échangent sur des plateformes en ligne non réglementées dans le monde entier et leurs valeurs sont très volatiles. Ce qui entraine des opérations de nature spéculative qui exposent les utilisateurs de ces monnaies à des pertes potentielles sans aucune possibilité de recours légal dans l’éventualité d’un effondrement de leur valeur ou en cas de fermeture de ces plateformes d’échange de cryptomonnaies ».

Les transactions réalisées en utilisant les cryptomonnaies sont sécurisées par la technologie « Blockchain »
Etant donné que les monnaies virtuelles ou cryptomonnaies ne sont pas réglementées et ne sont pas émises ou garanties par aucun gouvernement ou Banque centrale, ces monnaies n’ont pas de cours légal sur le territoire du Burundi, estime la BRB.
A cet égard, la BRB a d’ailleurs rappelé au public qu’aucune entité ni institution financière n’était actuellement autorisée à offrir des services de remise de fonds ou autres services de paiement en utilisant une monnaie virtuelle telle que le Bitcoin, l’Ether, le Litecoin, le Dogecion, l’Onecoin, le BTC, le Fahari Cash Coin, l’Ello Cash Coin et d’autres produits similaires. Il est conseillé au public de faire preuve de prudence et de s’assurer que leurs investissements ou toute autre opération financière est effectuée par des institutions financières de dépôt crédibles et dûment autorisées par la Banque centrale.
Moyen de paiement utilisé parfois comme réserve spéculative de valeur
Selon Michel Armel Ndayikeza, enseignant à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion à l’Université du Burundi, la cryptomonnaie est une monnaie virtuelle qui n’existe que sous forme numérique.
« Il existe plusieurs types de cryptomonnaies qui se différencient tantôt par la technologie qui les sous-tend, tantôt par leur nom seulement. La plus connue est très certainement le Bitcoin. C’est une monnaie dans le sens où elle est acceptée, par quelques personnes, comme moyen de paiement », précise-t-il avant de signaler que toutefois, la plupart des gens l’utilisent comme réserve spéculative de valeur. On l’achète tout en espérant la revendre plus chère dans le futur, comme l’or.
Usage licite et illicite des cryptomonnaies
L’enseignant à l’Université du Burundi informe que ce type de monnaie est géré par des ordinateurs puissants, à travers un processus appelé « minage ».
Pour la plupart de ces cryptomonnaies, explique-t-il, la quantité pouvant être émise est limitée. Cette particularité attire ceux qui veulent se protéger contre la dépréciation des monnaies classiques émises par les Banques centrales.
« Les cryptomonnaies sont par après utilisées dans divers transactions, les uns licites comme l’achat de biens ou tout simplement l’épargne, les autres illicites comme le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », fait remarquer M.Ndayikeza. Les transactions réalisées en utilisant les cryptomonnaies sont sécurisées par la technologie « Blockchain », un registre de toutes les transactions depuis l’origine, protégé contre la falsification.
Plus les transactions en cryptomonnaies augmentent, plus la politique monétaire des Banques centrales devient moins efficace
« En principe, plus les transactions en cryptomonnaies augmentent, plus la politique monétaire de la banque centrale devient moins efficace », indique l’économiste.
Pour lui, la Banque centrale agit sur l’économie en augmentant ou en diminuant la quantité de monnaie en circulation. Donc, plus la Banque centrale perd le contrôle sur la monnaie en circulation, moins elle affecte l’économie.
« Bien que jusqu’à présent les cryptomonnaies n’aient pas encore atteint une popularité pouvant engendrer de telles conséquences ni au Burundi, ni ailleurs, il existe toujours une certaine crainte que les gens perdent confiance dans les monnaies classiques pour se rabattre sur ces nouveaux types de monnaies », précise M.Ndayikeza.
Il faut toutefois souligner qu’au Burundi, si aucune cryptomonnaie n’a cours légal, cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont illégales. Tout simplement, cela implique qu’on a le droit de refuser un paiement en cryptomonnaie sur le territoire burundais.




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