L’inaccessibilité à l’éducation est un de nombreux obstacles socio-économiques auxquels font face les personnes vivant avec un handicap physique malgré l’engagement des Nations Unies et des Etats à lutter contre ce genre de discrimination. Au Burundi, les défis sont encore énormes malgré les efforts consentis
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité », stipule la déclaration universelle des droits de l’homme en son premier article. Or, des millions de personnes vivant avec un handicap physique sont stigmatisées et discriminées dans le monde. Selon le magazine «Faire Face», le handicap serait le premier motif du chômage dans le monde.
Cela a amené l’Organisation des Nations Unies à adopter le 13 décembre 2006 une Convention relative aux droits des personnes handicapées. Ladite convention empêche la discrimination des personnes vivant avec un handicap afin que les droits fondamentaux des handicapés soient bien compris et garantis par les Etats signataires. La discrimination basée sur le handicap physique reste pourtant une réalité à travers le monde en général et au Burundi en particulier.
Le Burundi peine toujours à s’en sortir
Au Burundi, ce problème social qui touche la planète dans sa globalité n’est pas inconnu. Des milliers de personnes sont discriminées à cause de leur handicap physique. Cette discrimination se manifeste sous des formes variées parmi lesquelles la non scolarisation. L’insuffisance en infrastructures scolaires et en centres de formation adaptés, le manque de personnel outillé, la stigmatisation et les mentalités liées à la culture… Tout cela conduit à la non scolarisation de la personne handicapée.
Le manque d’infrastructures appropriées pour l’accueil des enfants avec un handicap physique et d’autres kits utiles pour leur scolarisation a comme conséquence l’inaccessibilité de l’éducation. Dans la suite, cette personne qui n’a pas acquis les compétences requises ne pourra bénéficier d’aucun de tous les antécédents de la formation scolaire. D’autres personnes subissent la discrimination liée à la couleur de leur peau et cela influe négativement sur leur éducation
Un pas dans la lutte contre la discrimination des handicapés dans les écoles
Sur le même front, l’Etat Burundais se joint à certains bienfaiteurs locaux pour pérenniser la scolarisation des personnes handicapées. Des écoles pour handicapés accueillent des enfants vivant avec un handicap physique. C’est le cas de l’Institut Saint Kizito entretenu par l’Archidiocèse de Bujumbura en Mairie de Bujumbura.

La discrimination basée sur le handicap physique reste une réalité à travers le monde en général et au Burundi en particulier.
Selon les informations recueillies auprès Sœur Anne-Marie Mushiranzigo Directrice de l’Institut Saint kizito, l’effectif des élèves vivant avec un handicap physique est de 175. La directrice indique que ce n’est pas tous les élèves vivant avec un handicap physique qui sont accueillis à l’internat. Interrogée sur les critères de sélection, la chargée de la communication donne la lumière. « Nous donnons la priorité aux plus vulnérables, surtout ceux qui éprouvent des problèmes de locomotion ». A ce centre, les élèves internes reçoivent tout le kit nécessaire pour relever leur handicap et tout le matériel scolaire. D’après la même source, l’incapacité financière est l’une des raisons de ne pas accueillir un grand nombre d’élèves vivant avec un handicap malgré la volonté des initiateurs du programme. Cet institut qui a accueilli et éduqué des enfants en situation d’handicap a déjà orienté ses lauréats dans différentes écoles.
« Cet institut n’est pas d’hier. A part ceux qui sont à l’université, nos anciens élèves sont présents dans différents secteurs d’activités », se félicite notre interlocutrice.
L’Etat apporte sa pierre à l’édifice. Dans la droite ligne de sa politique de lutte contre la discrimination basée sur le handicap, l’Etat burundais contribue à la bonne marche de l’Institut. Cette responsable indique que son école bénéficie de l’eau et de l’électricité comme appui de la part de l’Etat. Par ailleurs, l’Etat intervient quelquefois dans le financement de petits projets.
De son côté, l’Etat fait des efforts dans le sens de lutter contre la discrimination faite aux personnes vivant avec un handicap. Sur le plan politique, le parlement burundais a adopté en mars 2014 un projet de loi portant ratification de la convention relative aux droits des personnes handicapées. Cette volonté politique s’ajoute aux efforts consentis par certaines ONGs locales opérant dans ce domaine depuis longtemps.
Les efforts consentis par l’Etat dans l’éducation inclusive sont illustrés par certaines réalisations. La ligne budgétaire y allouée est passée de 47 millions FBu en 2018 à 170 millions FBu en 2019. A part d’autres écoles offrant des facilités aux élèves handicapés, un centre de référence a été récemment inauguré à Kigobe en mairie de Bujumbura.
Visiblement, l’éducation des jeunes malvoyants, sourds-muets ou souffrant d’autres infirmités n’est plus une affaire des seuls religieux. L’Etat manifeste la volonté de s’engager dans la lutte contre les discriminations de ce genre.




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