Santé

La pénurie des médicaments, une réalité

L’Ordre des Pharmaciens confirme la pénurie des médicaments dans le pays depuis 2015. La CAMEBU estime cela plutôt comme un phénomène normal, car un médicament  manquant est remplacé par un autre qui agit de la même façon

« Je suis à la recherche d’un médicament pour mon fils qui souffre d’une déficience mentale. Il prenait ce médicament  depuis le bas âge, suivant  les recommandations d’un médecin indien. Ce médicament devrait être pris sans arrêt ou interruption .Malheureusement, je viens de le chercher partout mais en vain .Je ne sais pas quoi faire », se désole une maman rencontrée devant  une des pharmacies de la ville de Bujumbura, lundi le 2 avril 2018.

Quand un seul médicament manque, c’est déjà un risque pour beaucoup de vies humaines

N.N, femme enceinte   souffrant de l’hypertension  artérielle  déplore au cours de la même période le manque des médicaments lui  recommandé par son gynécologue. Pourtant, elle devrait prendre ces médicaments tout au long de la période de grossesse.

Les intervenants dans le secteur essaient d’expliquer ce phénomène de pénurie de médicaments sur le marché dans les lignes qui suivent.

Manque de devises et retrait de la COFACE

«Nous avons un problème principalement lié au manque de devises. Celui-ci est un grand défi auquel les importateurs de médicaments font face. Il y a aussi  la perte de confiance entre les importateurs de médicaments Burundais  et la Compagnie Française d’Assurance Pour le Commerce Extérieur (COFACE) », explique Désiré Bizimana, président de l’Ordre des Pharmaciens du Burundi (OPB). « Auparavant la COFACE  assurait les produits de nos fournisseurs, mais avec la crise de 2015, elle s’est retirée. D’où les  fournisseurs ne peuvent pas livrer des médicaments non  assurés et de ce fait ils exigent des cautions énormes », ajoute-t-il. C’est pour cette raison qu’il y a pénurie de médicaments dans quelques pharmacies.

C’est un phénomène normal

«L’absence sur le marché de tel ou tel autre médicament  est un phénomène normal .Quand il y a absence d’un médicament, il y a souvent un autre qui va être disponible pour le remplacer .En fait, c’est une question de programmation »,fait savoir Julien Mpeteye, Directeur Technique de la Centrale d’Achat des  Médicaments du Burundi (CAMEBU).Sur la question du  manque de devises , M.Mpeteye n’est pas du même avis .Cependant, pour lui, le grand problème est plutôt  celui des laboratoires fabriquant les médicaments qui négligent de servir  les petits marchés, y compris le Burundi et ils privilégient les grands marchés comme l’Inde.

Des conséquences  indirectes

« Les conséquences ne sont pas visibles comme s’il y a par exemple la pénurie du carburant. Puisque les patients ne souffrent pas des mêmes maladies, chaque patient cherche un médicament et dans le cas où il ne le trouve pas, on assiste à beaucoup de pertes en vies humaines.                                                                                                                                                                                                                                                                           

Il a enfin lancé un appel à tous les spécialistes de ce secteur  pour  qu’ils se mettent  ensemble en vue de faire la quantification. Il faut également que le gouvernement du Burundi  prévoit un budget suffisant pour  assurer la disponibilité des  médicaments en quantité suffisante  sur tout le territoire du Burundi.

A ce propos, la CAMEBU tranquillise les pharmaciens, les hôpitaux et les centres de santé que le pays  contrôle la situation.

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Journal Burundi Eco.

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