A environ 4 km du centre de Cibitoke, on découvre, à quelques dizaines de mètres de la RN5, le lac Dogodogo. Ce lac qui se serait créé de manière spontanée fait la joie de la population environnante. Cependant, il regorge de potentiels économiques qui restent sous-exploités. La pêche y est rudimentaire, les plages ne sont pas aménagées et l’activité commerciale est très limitée. Reportage

Au niveau de la zone riveraine de ce lac, l’activité commerciale est presque limitée à la vente des poissons.
Nous arrivons au niveau du lac Dogodogo au moment où le soleil va disparaitre derrière les monts Mitumba. Les derniers rayons du joyau lumineux de la journée effleurent les rives du lac en grande partie marécageuses. Depuis la route, on peut voir des personnes attroupées sur une plage exiguë sur la partie Est du lac. La plupart d’entre elles sont des femmes. Dans moins d’une minute, nous avions abandonné la route et débarquions sur la rive. Présents dans ce milieu à cette heure, nous avons pu faire contact avec les gens qui sont venus cueillir la manne du lac Dogodogo. Sur la plage, les pêcheurs débarquent de leurs petites pirogues dans une position accroupie. Paniers ou petits seaux en mains, les jeunes filles et les femmes sont venues chercher un peu de poissons pour le souper. A chaque arrivée d’un pêcheur, les clients se précipitent pour voir s’il revient avec quelques poissons au bord.
Plus loin sur le lac, on pouvait voir une multitude de pièges tendus aux poissons qui flottent sur la surface de l’eau. Apparemment, la pêche n’avait pas été bonne en cette fin de journée. Certains pêcheurs reviennent mains bredouilles. Ce qui ne manque pas de provoquer un malaise qui se lit sur les visages des chercheurs de poissons. « Au moins, le matin, les choses se sont mieux passées », lâche une grosse femme portant un pagne autour des reins, les bras sur la tête en signe de lassitude. En effet, la pêche y est pratiquée au mode le plus simple et la production varie du matin au soir.
Une manne pour la population environnante
Malgré sa faible exploitation, le lac Dogodogo constitue une source de revenus pour plusieurs ménages. Un des pêcheurs rencontrés a accepté de nous peindre son métier. «Chaque matin, nous nous rendons dans le lac pour en sortir à 11 heures et pour y retourner à 15 heures», indique notre interlocuteur. Le soir, la pêche se clôture aux environs de 19 heures et le cycle continue dans le strict respect de l’horaire. Pour ce jeune homme qui affirme que les pêcheurs opérant sur le lac Dogodogo ne vivent que de la pêche, il s’agit d’une source de revenus qui permet à plusieurs familles de vivre. «Non, je n’ai pas d’autre job que celui-ci comme c’est le cas pour mes collègues», réagit-il à la question de savoir si ce métier suffit pour faire vivre leurs familles.
Cet homme qui n’a pas pu capturer les poissons cet après-midi ne semble pas inquiet pour autant. Selon lui, le matin de cette journée-là avait été riche en poissons. Ce qui justifierait leur rareté dans cet après-midi, une situation qui affecte les prix des poissons. En effet, ces prix sont fixés et discutés entre vendeur et acheteur sans aucune autre alternative que la prise en compte de la quantité de poissons.

Malgré qu’elle est pratiquée dans des conditions très rudimentaires, la pêche sur le lac Dogodogo constitue une source de revenus pour certains ménages.
Un business qui ne se développe pas
Seul lac du Nord-Ouest du pays, situé aux abords de la route près du chef-lieu de la province de Cibitoke, Dogodogo devrait permettre de booster le tourisme. Ce qui n’est pas le cas. Au niveau de la zone riveraine de ce lac, l’activité commerciale est presque limitée à la vente des poissons. A côté du petit site de débarquement situé sur la côte Est du lac, un seul bistrot est installé sur les berges et cet endroit ne semble pas suffisamment fréquenté. Tout montre que le potentiel de cette étendue d’eau est depuis longtemps en jachère.
Amené à s’exprimer sur les défis qui les empêche de bien profiter de ce lac, un pêcheur nous a fait part des défis auxquels les pêcheurs font face. Il indique que son association a toujours demandé à la commune de mettre en place des frigos pour conserver les poissons fraîs, mais sans succès. En effet, les frigos permettraient de gérer la production et de maîtriser les prix du poisson au niveau de ce lac.
Dogodogo est un des lacs du Burundi qui a son caractère à lui d’être retiré à l’intérieur de la province et de se trouver au milieu des villages. Selon certains témoignages recueillis sur place, ce lac dont l’existence date de moins d’un siècle se serait créé dans un espace qui était auparavant habité. A moins de 4 km du chef-lieu de la province de Cibitoke, Dogodogo s’étend aujourd’hui sur une soixante-dizaine d’hectares nourrit aujourd’hui de nombreuses familles et fait entrer des recettes dans les caisses de la commune.




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