La disponibilité du carburant reste problématique pour les automobilistes et perturbe le transport. Les longues files d’attente et les conditions de voyage précaires témoignent des difficultés quotidiennes rencontrées par les citadins, mais les autorités restent optimistes et estiment qu’une amélioration est en cours.

Dans la ville de Bujumbura, le transport en commun n’est toujours pas chose facile.
Lors de la présentation de l’administrateur de la commune de Bugendana, dans la province de Gitega, jeudi le 23 octobre 2025, le Président de la République, Evariste Ndayishimiye, a invité les propriétaires de stations-service à s’approvisionner en carburant auprès de la Société Pétrolière du Burundi (SOPEBU), affirmant que les stocks y sont suffisants. Le Chef de l’Etat a exprimé son mécontentement face à certains exploitants qui refusent de s’approvisionner alors que le carburant est disponible.
« Les Burundais nous étonnent beaucoup. Le carburant est là, en quantité suffisante, mais lorsque nous demandons aux propriétaires de stations-service de venir s’approvisionner, ils répondent qu’ils n’ont pas d’argent », a-t-il déclaré. Selon le Président Ndayishimiye, cette attitude est liée à la frustration de certains propriétaires de stations-service, contrariés par l’interdiction gouvernementale de revendre le carburant au marché noir. Il a souligné qu’il est incompréhensible qu’une personne ayant réussi à construire une station-service prétende manquer de fonds pour acheter du carburant, ajoutant que ces opérateurs regrettent simplement de ne plus pouvoir vendre à des prix exorbitants.
Une réglementation controversée pour l’approvisionnement en carburant
Paradoxalement, le 27 octobre 2025, la SOPEBU a annoncé que l’achat du carburant devra toujours se faire via l’application « Igitoro Pass », selon un calendrier basé sur le dernier chiffre de la plaque d’immatriculation du véhicule. Les véhicules dont le dernier chiffre est compris entre 0 et 4 peuvent se ravitailler de lundi à mercredi, tandis que ceux dont le dernier chiffre est compris entre 5 et 9 le peuvent de jeudi à dimanche. Les pompistes sont tenus de vérifier les quotas et les plaques avant de servir les clients.
Pour Faustin Ndikumana, directeur national de l’organisation Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités (PARCEM), cette mesure est incompréhensible. « Le carburant est disponible à la SOPEBU, mais les stations-service refusent de s’approvisionner. Et maintenant, on limite l’accès en fonction des plaques d’immatriculation… C’est incompréhensible », déclare-t-il. Il illustre son propos par un exemple : « Mon véhicule est autorisé à faire le plein jeudi ou vendredi… mais si je dois me rendre à Ngozi ou ailleurs et revenir à Bujumbura dimanche avec le réservoir vide, dois-je attendre jeudi suivant pour refaire le plein ? Lundi ou mardi, comment vais-je au travail ? » Selon lui, les autorités doivent reconnaître le dysfonctionnement, car il est évident.
Transport en commun à Bujumbura : une amélioration relative
A Bujumbura, les opinions divergent sur la disponibilité du carburant. Certains citadins notent une légère amélioration, tandis que d’autres soulignent que trouver un bus reste un véritable défi. Les files d’attente sur les parkings des bus du centre-ville persistent et la situation est similaire dans les quartiers périphériques.
Les conditions de transport restent difficiles, avec un non respect fréquent des mesures de sécurité. Par exemple, sur la ligne reliant le centre-ville à Carama, au Nord-Ouest de Bujumbura, les passagers sont souvent entassés. Certains assis, d’autres debout, parfois au-delà de la capacité prévue. Dans certains cas, un bus prévu pour une soixantaine de places assises transporte plus de 100 personnes. « Je ne comprends pas comment on peut dire que le carburant est disponible en abondance alors que nous continuons à voyager dans des conditions insupportables », déplore un habitant de Carama se rendant quotidiennement au centre-ville. Pour de nombreux citadins, attendre un bus peut durer plus d’une heure. Et lorsqu’un bus arrive enfin, les passagers doivent accepter les conditions imposées par les conducteurs, souvent au mépris du confort et de la sécurité.




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