Société

Laver les véhicules n’est pas un piètre métier

Dans la ville de Bujumbura, beaucoup de gens vivent de petits métiers. Alors qu’ils sont rentables et essentiels pour les connaisseurs, certains de ces petits métiers passent inaperçus et n’attirent pas l’attention du public. Nous nous sommes entretenus avec un laveur de véhicules qui nous a fait part des méandres de son métier

« Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre…», lança Dieu à l’homme après que celui-ci ait commis le péché originel, selon les saintes écritures. La persévérance et le travail sont inséparables de la vie d’un bon nombre de petits citadins de Bujumbura qui se battent comme des lions pour assurer leur survie. Un job, quelle qu’en soit la dureté, c’est la chose la plus précieuse pour ces gens qui ont laissé leurs villages et leurs familles derrières eux pour descendre sur Bujumbura parfois avec un avenir incertain. Quand l’aventure échoue dans cette ville considérée comme la « Mecque du pays », c’est un véritable crash de la vie. Cependant, certains réussissent à se maintenir debout en exerçant de petits boulots. C’est le cas de « Wasere », un laveur de véhicules dans la ville de Bujumbura.

Certains citadins réussissent à se maintenir debout en exerçant de petits boulots.

Un long labeur pour un travailleur persévérant

Il se fait appeler Wasere par ses collègues. Originaire de la province de Gitega, il est descendu dans la capitale économique du Burundi à la recherche de la vie il y a de cela plusieurs années. Cet aventurier de renom affirme avoir exercé différents métiers dans la ville avant de devenir laveur de véhicules, un job auquel il s’adonne depuis dix ans. «J’ai d’abord exercé comme domestique avant de devenir un laveur de véhicules», raconte-t-il.

Cet homme âgé d’une trentaine d’années qui refuse de dévoiler son vrai nom et de raconter son histoire en détail ne méprise pas son métier. Il sait plus que quiconque comment mener le combat de la vie. « Nous gagnions assez d’argent dans les années passées. Avant, il n’y avait pas beaucoup de concurrence dans ce métier », raconte-t-il. D’ailleurs, c’est par le truchement de cet argent que Wasere a décidé de se marier. «Il faut se marier au moment où on a la chance d’avoir de l’argent», dit-t-il en souriant. Aujourd’hui, il est marié et père de trois enfants dont deux déjà sur le banc de l’école.

C’est l’un des petits métiers les plus rentables

Selon les propos de Wasere, laver les véhicules n’est pas le job le moins rentable à Bujumbura. Le coût du lavage intérieur et extérieur d’un véhicule gravite entre 20 000 FBu et si le lavage concerne l’extérieur du véhicule uniquement, le couut s’estime entre 2000 FBu et 10000 FBu. Quant au moyen de paiement, la formule et simple : on en définit au départ le mode entre l’employeur et le travailleur. Celui-ci peut être journalier ou salarié. Quand il s’agit d’un travailleur journalier, on s’entend bien sur la part de chacun sur chaque véhicule lavé. «Par exemple, si la facture est de 10000 FBu, 6000 FBu revient au patron et le reste va dans ma poche», explique-t-il. Si elle est de 3 000 FBu, j’en prends 1200.

Ainsi, il affirme que la somme avec laquelle il rentre à la maison ne va pas en dessous de 10 000FBu.

Ce travail pourtant méprisé par certaines gens offre d’autres avantages. « Plusieurs d’entre nous rejoignent le volant quand ils partent d’ici, car ce métier offre l’opportunité d’apprendre à conduire », indique-t-il. En effet, selon lui, un laveur de véhicules doit savoir conduire, car il est souvent obligé de déplacer et de garer des véhicules de temps en temps.

Un travail pour les seuls initiés

Pour devenir laveur de véhicules, ce travailleur des « car wash » communément appelé « umuborayi », il faut une certaine formation. «J’ai des amis qui m’ont initié au départ», confie Wasere. Selon ce dernier, toute personne qui veut intégrer le métier doit passer par un senior et exercer comme stagiaire pour en intérioriser les méandres. « Ce n’est pas tout le monde qui peut laver un véhicule parce qu’il existe même des risques de l’endommager », explique-t-il.

Même si ce métier n’est pas le plus ingrat, les professionnels qui en vivent affirment que les défis ne manquent pas. Ces travailleurs gardent leurs mains et leurs pieds dans l’eau. Ce qui ne va pas sans danger pour leur santé. Interrogé sur les risques que présente son job, Wasere a levé son pied dont l’épiderme de la partie inférieure est rongée par l’eau et le sable. Mais son espoir inébranlable : un jour, il sera chauffeur de voiture

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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