Santé

Le Burundi face au coronavirus

Le Burundi se dit prêt à faire face à la pneumonie vitale dite coronavirus (2019-nCOV), un virus qui sème la panique en Chine et qui se propage à une allure inquiétante même dans les autres pays du monde. Au 30 janvier, ce virus a déjà causé plus de 170 décès et plus de 7 500 contaminations en Chine. Le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida (Burundi) appelle au respect des mesures d’hygiène et promet de jouer pleinement son rôle de prévenir et de lutter contre cette épidémie

Les raisons de s’inquiéter de ce virus qui apparut en Chine en décembre 2019 seraient le mouvement des étudiants, des opérateurs économiques, des Chinois même qui font des navettes Burundi-Chine et vice-versa.

Selon le Dr Jean Bosco Girukwishaka, porte-parole du ministère de la Santé, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n’a pas jusqu’aujourd’hui déclaré urgence de santé publique de portée internationale le coronavirus. «Toutefois, le pays doit prendre des précautions pour protéger les citoyens», déclare-t-il.

Point sur l’origine, les symptômes et les modes de contamination

Le porte-parole du ministère de la Santé spécifie que le virus appartient à la famille des coronavirus (comptant un grand nombre de virus). Il est hébergé par les fruits de mer et les crevettes et attaque les voies respiratoires.

Ce cadre du ministère de la Santé explique que la contamination se fait en mangeant les fruits de mer et les crevettes contaminés et d’homme à homme par voie respiratoire. Il annonce également que celle-ci se fait par contact des secrétions nasales et buccales contaminées par le virus.

« Les signes majeurs de ce virus sont semblables à ceux d’un syndrome grippal dont la fièvre, les maux de tête, les courbatures, la fatigue, un écoulement nasal, un gène respiratoire », dit-il.

« Le ministère prêt à l’affronter »

Le Burundi s’est déjà préparé à faire face au virus. C’est facile, car il y avait des mesures qui étaient en vigueur pour la prévention de la maladie à virus Ebola, rassure Dr Girukwishaka.

Il informe que la première chose à faire est la surveillance des points d’entrée dans le pays. « On dépiste tous les passagers qui entrent dans le pays et une attention particulière est accordée aux personnes en provenance de la Chine. Le premier signe à détecter est la fièvre », martèle-t-il.

La deuxième chose à faire est l’interrogatoire. Le porte-parole du ministère de la Santé explique cela par le fait qu’il peut arriver que des passagers ne présentent pas les symptômes au moment des contrôles sanitaires. Cela car la période d’incubation du virus est de sept jours. On peut attraper le virus et présenter les signes après.

Dr Jean Bosco Girukwishaka, porte-parole du ministère de la Santé : «Une alerte du coronavirus est là. Le pays doit prendre des précautions pour protéger ses citoyens»

Quant au rôle du ministère, il indique que celui-ci a déjà formé des équipes du ministère sur ce virus. « Nous disposons aussi de deux centres, à savoir : un centre d’isolement à Gatumba et un centre de traitement des maladies à caractère épidémique de Mudubugu ainsi qu’une équipe d’intervention rapide », tranquillise-t-il.

Dr Girukwishaka fait remarquer que les résultats des recherches sur le traitement des patients ne sont pas encore définitifs. Toutefois, il avoue qu’il existe des protocoles utilisés pour soigner les patients.

Le ministère de la Santé lance un appel aux voyageurs qui vont ou qui viennent de la Chine pour qu’ils collaborent avec les équipes du ministère afin de donner les informations nécessaires.

« Arrivés à la maison, s’ils présentent des signes du coronavirus, nous les conseillons à se rendre au niveau des structures des soins », insiste-t-il. Et de renchérir : « Une fois le virus est détecté, la prise en charge sera gratuite ».

Le porte-parole du ministère de la Santé appelle tous les habitants du   pays à observer les mesures d’hygiènes en se lavant les mains avec de l’eau propre et du savon.

Une alerte peut aussi être lancée aux numéros verts qui sont 109 pour la Croix Rouge, 113 pour la protection civile et 117 pour le ministère de la Santé.

L’OMS suit de près la flambée du coronavirus

Dans la déclaration du 23 janvier du directeur général de l’OMS sur les recommandations du comité d’urgence du Règlement Sanitaire International (RSI) sur le nouveau coronavirus, celui-ci reste une urgence en Chine et non pas encore une urgence sanitaire mondiale.

« L’OMS estime que cette flambée représente un risque très élevé en Chine et un risque élevé aux niveaux régional et mondial », précise Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

Il reconnait qu’à ce jour, 584 cas, dont 17 mortels, ont été notifiés à l’OMS. 575 de ces cas et l’ensemble des décès ont été notifiés en Chine, tandis que les autres cas ont été notifiés aux Etats-Unis d’Amérique, au Japon, en République de Corée, à Singapour, en Thaïlande et au Vietnam.

Et de continuer : « Nous avons connaissance de cas suspects rapportés par les médias dans d’autres pays, mais ces cas font encore l’objet d’enquêtes ».

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus dit que ce virus peut provoquer de graves symptômes et entraîner la mort. Cela même si chez la plupart des gens, les symptômes sont plus bénins.

Il indique qu’un quart des patients infectés ont présenté des manifestations graves. Egalement, la plupart des personnes décédées présentaient des pathologies sous-jacentes (hypertension, diabète ou maladies cardiovasculaires) qui ont affaibli leur système immunitaire.

« Nous savons qu’il y a transmission interhumaine en Chine, mais cette transmission semble, pour le moment, limitée aux groupes familiaux et aux agents de santé qui se sont occupés de patients infectés. Il n’y a pas, à ce jour, de preuve de transmission interhumaine du virus en dehors de la Chine, mais ceci ne signifie pas que cette éventualité est exclue », signale le directeur général de l’OMS.

Il souligne que l’OMS ignore encore beaucoup de choses. Cette institution ne connaissait pas l’origine de ce virus et ne savait pas avec quelle facilité il se transmet. Elle ne connaissait pas précisément le tableau clinique ou la gravité de l’infection.

« L’OMS collabore nuit et jour avec ses partenaires en Chine et dans les autres pays touchés, au niveau régional et au siège pour remédier aussi vite que possible à ce manque de connaissances », rassure le haut cadre de l’OMS.

Et de s’inquiéter : « Il y aura probablement de nouveaux cas dans d’autres régions de Chine et dans d’autres pays ».

Pour le moment, l’OMS ne recommande pas de restriction générale des voyages et du commerce. « Nous recommandons un dépistage à la sortie dans les aéroports, dans le cadre des mesures globales de confinement. Tous les pays doivent mettre en place des mesures pour détecter les cas d’infection par le coronavirus, y compris dans les établissements de santé. Nous pouvons tous prendre quelques mesures simples pour nous protéger mutuellement, par exemple nous laver les mains et nous couvrir la bouche et le nez quand nous éternuons », avertit le directeur général de l’OMS.

Il réaffirme que, bien qu’il ne déclare pas d’urgence de santé publique de portée internationale aujourd’hui, l’OMS estime que la situation est grave et elle prend cette situation au sérieux.

L’OMS suit la situation de cette flambée minute après minute et jour après jour, au niveau national, régional et mondial. Une réunion de l’équipe d’urgence doit se tenir ce 30 janvier pour voir si on peut déclarer ou pas la maladie d’urgence de santé publique de portée internationale.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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