Société

Le célibat géographique, un frein à l’auto-développement des fonctionnaires

Les fonctionnaires sont conviés à aller au-delà de leur métier et d’exercer des activités génératrices de revenus pour le bien-être de leurs familles. Cependant, les fonctionnaires séparés de leurs familles estiment impossibles de le faire. Cela car les dépenses se dédoublent. Ils déplorent également que ceux qui ont des enfants ont du mal à les encadrer

« Nous nous engageons à travailler dans tout le pays. Cependant, travailler dans de bonnes conditions influe non seulement sur le rendement, mais aussi sur la vie des ménages », explique Rosette Niyonkuru, infirmière à l’intérieur du pays.

Pour elle, le boulot se trouve à environ 120 km de son habitation. La trentaine et mère de 4 enfants informe qu’elle regagne la demeure familiale une fois le mois. «Le travail exige. Je dois rester au boulot, travailler jour et nuit afin de récupérer au moins 2 à 3 jours par mois», indique Mme Niyonkuru avant de déplorer que les moyens ne puissent pas permettre d’effectuer beaucoup de va-et-vient de lieu du travail au domicile familial.

Elle indique que le ticket aller-retour pour aller au travail est d’environ 20 mille FBu. Ce ticket s’ajoute à d’autres consommations mensuelles comme le loyer et la ration.

« Les dépenses sont presque les mêmes que celles de ceux qui sont restés à la maison. J’utilise par exemple le charbon d’une valeur de 2 mille FBu par jour. Il en est de même du charbon utilisé par mon mari et mes enfants qui sont restés à la maison », déplore Mme Niyonkuru.

Pire encore, regrette-t-elle, ma fille aînée approche l’âge de l’adolescence. « Son éducation devrait nécessiter l’apport des deux parents dont son père et moi », signale-t-elle avant de marteler que les tentations sexuelles peuvent occasionner l’infidélité. Ce qui expose les deux parties aux maladies sexuellement transmissibles (MST).

Les fonctionnaires séparés de leurs familles ont du mal à accomplir convenablement leur devoir.

La noblesse oblige

Depuis le début de l’année 2019, cinq ministères devaient déménager vers Gitega, la capitale politique.

« Pour construire la maison dans laquelle nous habitons, nous avons contracté un crédit. Le ministère dans lequel je travaille a déménagé vers Gitega avant que nous ne liquidions le crédit. Mon époux travaille à Bujumbura et reste avec les enfants. Moi, j’ai été obligé de louer une maison de deux chambres et salon à 150 000 FBu », fait remarquer Générose Inakamana, employé au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage.

Elle certifie que n’eût été la rareté de l’emploi public, elle aurait abandonné son boulot. « Si je calcule l’argent que nous encaissons dans notre ménage comme revenu mensuel et les dépenses mensuelles, nous nous retrouvons avec un déficit budgétaire énorme », s’inquiète-t-elle. Et de continuer : « Dans de telles conditions, je ne peux pas exercer une activité génératrice de revenus faute d’épargne ».

Mme Inakamana ambitionnait de payer à ses enfants les cours du soir, mais elle s’est retrouvée dans l’incapacité de le faire. Ceux-ci étaient dispensés par elle-même avant qu’elle ne change le lieu de travail.

Un enseignant de l’Ecole Fondamentale originaire d’une province du Sud du pays a déniché son emploi au Nord-Est à Muyinga à plus de 140 km. Cela après 8 ans de chômage. Ayant une famille dans sa province d’origine, les conditions pour lui rendre visite souvent ne sont pas réunies.

Des fonctionnaires disent qu’ils sont engagés pour servir dans tout le pays. Toutefois, ils estiment qu’en cas d’engagement, de demande de mutation, d’interchangement de lieux de travail ou lors du redéploiement…, les autorités habilitées tiennent compte de la dimension humaine à défaut d’encourager les concernés par des primes supplémentaires.

Pour des raisons d’anonymat, les noms ont été changés.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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