Construits sur financement du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), les marchés de Rugaragara et Mucungwe situés dans la commune Isale de la province de Bujumbura Rural ont été inaugurés mardi le 29 octobre 2019. Le PNUD estime que l’avantage de ces marchés va aller au-delà de l’aspect économique pour favoriser la cohésion sociale
« Mieux vaut tard que jamais. C’est un ouf de soulagement que la construction des marchés de Rugaragara et Mucungwe soit terminée. C’est aussi un grand plaisir pour moi de venir pour l’inauguration de ces marchés et les remettre officiellement à la commune Isale. Je remercie les bénéficiaires pour la patience dont ils ont fait montre tout le long de ces années », déclare Nicole Flora Kouassi, Représentante Résidente du PNUD au Burundi.

Nicole Flora Kouassi, représentante résidente du PNUD au Burundi : « Que ces marchés soient bien entretenus et deviennent des lieux de convivialité, d’animation, de rencontre et d’échange »
Pour elle, la construction de ces marchés fait partie de l’appui que le PNUD donne au gouvernement du Burundi. Celui-ci se fait à travers les provinces et les communes du pays via le Projet d’Appui à la Décentralisation et au Développement Économique Local (PADDEL).
« Par nature, le PNUD appuie le développement du pays et surtout le développement local. Nous croyons que si les communautés, les villages, les collines et les provinces se développent, cela contribue énormément à un développement intégré d’un pays», rappelle Mme Nicole Flora Kouassi avant de réitérer que le PNUD continuera à appuyer le développement local au Burundi.
L’une des raisons de l’action du PNUD de doter les communes de ces marchés inclusifs est qu’ils « permettent de faire des ponts entre les producteurs, les commerçants, la population et l’autorité locale, cela pour un avantage mutuel qui va au-delà des revenus immédiats élevés. La particularité de ces marchés, dans certaines communautés, est de permettre le rapprochement des populations locales et des populations déplacées pour une cohésion sociale et une facilité de vivre ensemble », fait remarquer Mme Nicole Flora Kouassi.
Des avantages de plusieurs ordres
La Représentante Résidente du PNUD au Burundi estime que ces marchés vont avoir un impact social sur la cohésion au sein de la commune et que les femmes et les hommes deviendront un peu plus économiquement autonomes à cause des nouvelles opportunités de commerce et de transaction qui vont se développer. « Ils ( les marchés) vont favoriser la création des revenus tant pour les producteurs et les commerçants. Et cela non seulement pour les habitants de la commune, mais aussi pour ceux des localités avoisinantes », explique-t-elle.
La priorité aux femmes
Le souhait de Mme Nicole Flora Kouassi est que parmi les commerçants usagers des marchés de Rugaragara et Mucungwe, les femmes soient majoritaires. « Quand l’argent passe par les femmes, il est profité par toute la famille », insiste-t-elle.
De plus, les revenus tirés de ces marchés permettront de combler les besoins de base des populations et des familles en général et plus particulièrement des femmes.
« Que ces marchés soient entretenus et deviennent les lieux de convivialité, d’animation, de rencontre et d’échange », conclut Mme Nicole Flora Kouassi.
Les bénéficiaires détendus
Rosalie Nshinyabigoye est locatrice au village intégré de Rugaragara où est installé le marché. Veuve et mère de quatre enfants, la quadragénaire se réjouit qu’en plus des habitations, le PNUD vient encore de leur offrir un marché. « Il n’y a plus rien à se plaindre. Maintenant, après les travaux champêtres, nous allons faire le marché », lâche-t-elle avec un visage souriant.
Plus question de manque d’occupation. Cela favorise la plongée dans des comportements indésirables. Le marché dans le village nous servira de lieu où nous allons générer les revenus et améliorer la situation de vie dans les familles, témoigne Mme Nshinyabigoye. D’ailleurs, explique-t-elle, même nos voisins vont fréquenter le marché. Ce qui va nouer nos liens.
« Seulement, le PNUD nous a promis des capitaux. C’est une occasion de s’en rappeler », martèle-t-elle.
Le marché fonctionne deux fois la semaine, les mercredis et les samedis, indique une femme détentrice d’un restaurant au chef-lieu de la commune Isale. « Bien que le marché soit à environ quatre kilomètres du chef-lieu de la commune, il a un grand impact sur une vaste communauté. Suite aux mouvements de populations qui vont s’accélérer, moi-même, je vais bénéficier de plus de clients et, partant, de plus de revenus », certifie-t-elle.
Les administratifs éprouvent un sentiment de satisfaction

Les marchés de Rugaragara et Mucungwe serviront de ponts entre les producteurs, les commerçants, la population et l’autorité locale. Cela pour un avantage mutuel qui va au-delà des revenus immédiats élevés
Les marchés de Rugaragara et Mucungwe se situent à plus ou moins 25 km de la capitale économique Bujumbura. Le marché de Rugaragara est installé dans un village comptant 50 ménages. Gilbert Niyonkuru, administrateur de la commune Isale n’y va pas par quatre chemins. « La population de ma commune est très contente d’avoir des marchés avec des hangars et des latrines construits de façon moderne. Cela surtout que ça faisait un bon bout de temps que les travaux de construction de ces marchés étaient arrêtés momentanément. Ils avaient débuté en 2014 », indique l’administrateur.
Il avoue que ces marchés ne seront pas bénéfiques seulement pour 105 mille habitants de sa commune. Les habitants des communes voisines de Kanyosha, de Nyabiraba, de Mugongomanga voire de la Mairie de Bujumbura s’y approvisionnent souvent.

Gilbert Niyonkuru, administrateur de la commune Isale : « Que le PNUD continue dans la même lancée et nous dote de nouvelles infrastructures. Il existe encore des espaces vierges »
« Maintenant que les marchés sont propres. Avec tous les produits (protéines, glucides et lipides) qui y sont vendus, nous nous attendons donc à un accroissement de fréquentation. Les habitants de la commune Isale vont gagner des revenus, nouer des relations avec les autres », dit-il. Et de continuer : « La taxe communale collectée sera également revue à la hausse ».
Abondant dans le même sens, honorable sénateur Pascal Ntahonzigamiye se dit satisfait de l’action du PNUD dans la commune Isale. Il certifie qu’un marché bien construit constitue une source d’attraction pour les usagers, « sans oublier que l’existence des bonnes latrines permet de combattre les maladies des mains sales ».
Pour une bonne cohésion sociale et un bon profit des bienfaits de ces marchés, honorable Ntahonzigamiye conseille à la population de se regrouper dans des associations ou des coopératives. Cela peut même faciliter la création d’une microfinance et la contraction facile d’un crédit auprès d’une institution financière.
L’administrateur de la commune Isale promet de bien entretenir les nouvelles infrastructures. Comme il y a encore des espaces où on peut ériger des stands, M.Niyonkuru convie le PNUD à continuer dans la même lancée et continuer à les doter d’autres infrastructures.




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