Développement

Le secteur industriel confronté à pas mal d’embûches

La contribution du secteur industriel à l’économie du pays n’est pas négligeable. Elle contribue à hauteur de 17% au PIB. Malgré cela, il évolue dans des défis qui nécessitent une solution immédiate. Le ministère du Commerce, de l’industrie et du Tourisme tranquillise les opérateurs de ce secteur

Le Burundi a célébré la Journée Mondiale de l’Industrialisation le 3 décembre 2019 sous le thème «Positionner l’industrie africaine pour approvisionner le marché de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECA)». Cette journée a été une occasion d’échanger sur les défis de l’industrialisation du Burundi. Selon Olivier Suguru, président de l’Association des Industriels du Burundi (AIB), en Afrique comme partout ailleurs dans le monde, le secteur industriel est d’une grande importance suite à sa participation à la création des richesses, par sa contribution à la production intérieure, à la création des emplois, à l’accroissement des revenus de la population ainsi qu’à la réduction de la pauvreté.

L’industrie améliore la valeur des produits après leur transformation et permet aussi de diversifier l’économie des pays. Elle permet d’accroître le niveau des échanges, le transfert  de technologies pour améliorer le niveau de production des pays en voie de développement comme le Burundi.

L’industrie représente 17% du PIB

Au niveau du Burundi, la contribution de l’industrie à l’économie nationale  n’est pas négligeable malgré les nombreux défis dans lesquels elle évolue. Elle représente 17% du PIB et emploie environ 2% de la population. Cependant, le secteur privé du Burundi et surtout les industriels reconnaissent qu’ils doivent s’adapter au contexte actuel, surtout en ce qui concerne la compétitivité et l’accès au marché, que ce soit  au niveau régional ou international. Ainsi, le rôle de l’Afrique sur le marché mondial n’est plus seulement de produire, mais d’être compétitif pour espérer tirer profit des marchés de plus en plus ouverts et concurrentiels. Cette compétitivité nécessaire pour avoir un accès facile aux marchés dépend de la disponibilité des ressources humaines, de la viabilité d’infrastructures économiques et d’un cadre juridique favorable à la prise de bonnes décisions commerciales.

Olivier Suguru, président de l’Association des Industriels du Burundi (AIB) : «Je demande aux autorités de voter des lois sur la contrefaçon et le piratage comme d’autres pays de l’EAC (le Kenya et le Rwanda) l’ont déjà fait»

Certains défis signalés

En réalité, pour qu’une industrie soit  forte et pourvoyeuse d’emplois, Suguru fait remarquer qu’il faut que ses produits soient concurrentiels, c’est-à-dire de qualité acceptable qui respecte les normes sanitaires et phytosanitaires.  Sur ce point, les industriels demandent au Bureau Burundais de Normalisation et de contrôle de la qualité de redoubler d’efforts pour certifier leurs produits et dans un délai qui n’est pas décourageant. De plus, le manque d’emballages impacte leurs activités. Certains industriels font recours aux emballages récupérés dans la nature. Cela dégrade la qualité des produits. Et d’ajouter le manque de devises pour importer les matières premières.

Appel urgent au gouvernement pour inverser la tendance

Suguru demande aux autorités de voter des lois sur la contrefaçon et le piratage comme d’autres pays de l’EAC(le Kenya et le Rwanda) l’ont déjà fait. De plus, pour avoir un développement industriel au Burundi  capable de créer des emplois et des richesses, il est impératif de mettre en œuvre la politique nationale d’industrialisation. Ceci va de pair avec l’élimination des barrières non tarifaires qui constituent  encore un frein au développement global du pays.   Il propose aussi qu’il soit créé un cadre permanent de dialogue et d’échange entre le ministère du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme et l’AIB.

L’Adhésion du Burundi à la CEA et à la ZLEC, une alternative louable

Audace Ndayizeye, président de la CFCIB a indiqué que cette journée vient au moment où le secteur privé à travers la chambre sectorielle de l’industrie s’est engagé dans la promotion d’une industrie durable et innovante, notamment à travers l’organisation annuelle d’un salon industriel au Burundi. Le secteur industriel doit encore relever les défis soulevés, notamment par la compétitivité au sein de la Communauté Est africaine et dans la ZLEC, marché unique continental de 1,3 milliards de consommateurs avec cumul possible d’une production  annuelle de 2220 milliards de dollars d’après le rapport sur le développement de l’Afrique publié par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). Selon lui, il est donc nécessaire que les opérateurs économiques burundais s’investissent davantage dans le secteur industriel pour profiter de cette opportunité.  Nonobstant, il a signalé que les investisseurs Burundais font face à pas mal d’obstacles dont la corruption, les infrastructures insuffisantes, le difficile accès au crédit, la surtaxation fiscale et la nécessité de l’efficacité du partenariat public -privé.

Jean Marie Niyokindi, ministre du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme affirme que l’industrie du Burundi est en train de se développer malgré pas mal de défis qui la gangrènent. Il cite l’énergie. L’industrie ne peut pas enregistrer des avancées significatives sans ressources énergétiques. Pour cette raison, il a souligné que l’Etat est entrain de se donner corps et âme pour résoudre ce problème. L’effectif des microcentrales hydroélectriques en cours de construction n’est pas négligeable. Quant au manque d’infrastructures suffisantes pour une industrialisation efficace et efficiente, pas mal de routes sont en cours de construction.  Et d’ajouter que l’Etat a l’idée de mettre en place un chemin de fer pour faciliter beaucoup plus les échanges commerciaux. Cela va influencer la baisse des prix sur le marché. Concernant la politique nationale d’industrialisation, Niyokindi a fait remarquer qu’elle a été adoptée. Néanmoins, la stratégie de sa mise en œuvre est en cours d’analyse.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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