L’Agence de Promotion des Investissements (API) annonce une année record en matière de création d’entreprises. L’année 2018 a été également riche en événements : une semaine couplée à la foire des entreprises a été organisée. Cette année, l’API compte promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes
En date du 18 janvier 2018, l’Agence de Promotion des Investissements (API) a présenté ses réalisations pour l’année 2018. « Ainsi l’année 2018 aura été une année aux réalisations satisfaisantes. Le guichet unique de création des sociétés a immatriculé 3 430 entreprises contre 2 289 entreprises enregistrées en 2017, soit une hausse de 49, 84%. Parallèlement, les emplois projetés s’élèvent à 23 902 contre 19 410 déclarés au cours de l’année précédente », détaille Léonard Sentore, directeur de l’Agence de Promotion des Investissements (API).
Pourtant, ces chiffres ne renseignent pas sur la part des Investissements Directs Etrangers (IDE). « Les statistiques en rapport avec les IDE sont produites après les investissements. On ne peut pas nécessairement se fier au nombre d’entreprises créées pour tirer la conclusion sur l’importance des IDE », explique M. Sentore. En ce qui concerne le suivi des entreprise créées, il reconnait que l’API s’est dotée d’un département de suivi des entreprises créées, mais que celui-ci n’a pas de moyens pour suivre toutes les entreprises immatriculées. Pour le moment, l’attention est accordée aux entreprises ayant bénéficié des avantages du code des investissements. Par ailleurs, l’API compte mener une enquête de grande envergure qui va donner la tendance sur le cycle de vie des entreprises créées.

Léonard Sentore, directeur de l’API : « Nous comptons organiser des formations à l’endroit des jeunes de l’intérieur du pays sur l’élaboration des plans d’affaires bancables »
Le revers de la médaille
Le rapport « Doing Business » de la Banque Mondiale (BM) place le Burundi en tête du classement en Afrique en matière de « création des sociétés ». De plus, les données de l’API montrent que le nombre d’entreprises créées augmente d’année en année mais le pays reste dans la catégorie des pays pauvres.
Pour Sentore, l’éradication de la pauvreté est un processus. Ce n’est pas donc un seul indicateur qui va permettre d’éradiquer la pauvreté. C’est plutôt une conjugaison de plusieurs facteurs. Tous les acteurs doivent mobiliser les efforts pour contribuer au développement du pays, poursuit-il. Il existe même des pays qui sont champions dans les réformes, mais qui demeurent dans la catégorie des pays en développement, conclut-il.
« L’union fait la force »
Les campagnes de sensibilisation de la population pour se regrouper dans des coopératives par secteur d’activités portent leurs fruits. C’est ce que laisse entendre le directeur de l’API sur l’affluence sans précédent des coopératives vers le guichet unique « création de sociétés ». Ainsi, près de 50% des sociétés immatriculées en 2018 sont des coopératives. L’effectif flore 865 coopératives créées contre 420 coopératives créées en 2017, soit un taux de croissance de 105, 95%.
D’après Sentore, l’engouement de ces coopératives fait suite à l’appel solennel du chef de l’Etat adressé aux Burundais de se regrouper dans des sociétés commerciales, agricoles, industrielles, artisanales en général et des coopératives en particulier. A cela s’ajoutent les campagnes de sensibilisation initiées par l’API dans toutes les communes des provinces de Makamba, Ruyigi et Muyinga.
La promotion des exportations, un challenge
La promotion des produits d’exportation est l’une des préoccupations de l’API. Dans cette optique, une réunion à l’intention des professionnels de l’industrie du cuir a été organisée en novembre dernier. Les participants ont échangé sur la problématique de l’approvisionnement en matières premières de l’industrie du cuir et les mesures à prendre pour soutenir le développement de ce secteur. En ce sens, des orientations stratégiques ont été adoptées pour guider les investisseurs potentiels dans le développement de l’industrie du cuir.
Dans le but d’appuyer et d’assister les exportateurs, l’API a organisé une formation sur le petit commerce transfrontalier. Les modules dispensés portaient essentiellement sur les coûts et les procédures à suivre pour migrer du secteur informel vers le secteur formel. Le développement du commerce axé sur les meilleures pratiques du commerce international a été également abordé. Les entreprises à potentiel d’exportation ont été sensibilisées sur les mesures sanitaires et phytosanitaires, les règles d’origine et les obstacles techniques au commerce qui affectent le commerce international. Le directeur de l’API espère que cela permettra aux opérateurs économiques de se positionner sur le marché international et, partant, d’augmenter les recettes d’exportation.
2018, une année d’innovation
Le directeur de l’API a dévoilé quelques innovations de l’année 2018 par rapport aux années précédentes. Il s’agit de l’organisation d’une semaine dédiée de l’entreprise et d’une foire des entreprises créées et certifiées. L’évènement a eu lieu dans la province de Ngozi du 22 au 24 novembre 2018. Le thème choisi était : « Promouvoir les entreprises pour développer le Burundi ». Cette activité s’inscrit dans la droite ligne des missions de l’API, à savoir la promotion des entreprises.
L’API a également dressé pour la première fois, le bilan d’application du code des investissements. M. Sentore fait savoir que les résultats de la première édition se limitent à l’année 2017 et seront publiés bientôt sur le site officiel de l’API. Il a annoncé que chaque année un bilan portant sur l’année précédente sera élaboré, le but étant de faire connaître l’état des lieux et l’impact des exonérations octroyés aux entreprises. Sentore rappelle que le gouvernement qui exonère les investisseurs des droits de douane attend en contrepartie des effets induits : la création de l’emploi pour réduire le chômage, la promotion des produits d’exportation, la contribution au trésor public etc.
Quelques perspectives pour l’année 2019
Dans ses perspectives, l’API compte rester à l’écoute des investisseurs. Pour ce faire, il sera organisé une fois le mois une journée portes-ouvertes aux investisseurs qui veulent poser des questions relatives aux difficultés rencontrées. Les entrepreneurs en herbe ne sont pas en laisse. Il est prévu donc une formation des jeunes sur la conception des plans d’affaires bancables cette fois-ci à l’intérieur du pays. Tout jeune qui a une idée entrepreneuriale précise ou pas est éligible. L’API s’engage à accompagner les cinq meilleurs projets qui seront sélectionnés par les projets présentés lors des formations.




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