Le Burundi s’est encore joint au monde entier mercredi le 12 août 2020 pour célébrer la Journée internationale de la jeunesse. La célébration de cette journée a été l’occasion pour les autorités nationales de réaffirmer leur volonté de soutenir l’autonomisation de la jeunesse.
Adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies en 1999, cette journée est commémorée chaque année afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les problèmes de la jeunesse et de célébrer le potentiel des jeunes en tant qu’acteurs incontournables de la société. Au Burundi, la journée internationale de la jeunesse nous rappelle chaque année que cette dernière constitue plus de 66% de la population selon les résultats du recensement général de la population de 2008.
Les cérémonies de commémoration de cette journée se sont déroulées dans la ville de Gitega, capitale politique du pays mercredi le 12 août 2020 sous le thème :“Jeunesse unie et active pour le développement”. Visiblement, les gestionnaires du pays sont désormais préoccupés par la grande question qui hante la jeunesse à savoir : le chômage. Dans le but d’amortir le poids de cette question combien importante, le pays a mis en place une Banque d’Investissement pour les Jeunes (BIJ). Ce qui constitue le chef d’œuvre le plus important du programme d’autofinancement des jeunes burundais.

Les hautes autorités nationales ont encore une fois réaffirmé leur volonté de soutenir l’action de la jeunesse.
Les autorités promettent un soutien sans faille à la jeunesse
Lors des cérémonies de commémoration de la journée dédiée à la jeunesse qui ont été organisées dernièrement à Gitega, les hautes autorités nationales ont encore une fois réaffirmé leur volonté de soutenir l’action de la jeunesse. Leurs propos traduisent un véritable souci de chercher une réponse à la grande question de l’heure, à savoir : le chômage des jeunes. Dans son mot de circonstance, le premier ministre Alain Guillaume Bunyoni a appelé la jeunesse burundaise à créer au moins une association sur chaque colline dans le but de lutter contre le chômage. Il a également fait savoir que l’Etat a prévu les moyens nécessaires pour soutenir les associations des jeunes.
Quant au ministre des Affaires de la Communauté Est-Africaine, de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Ambassadeur Ezéchiel Nibigira, il exige que ces associations soient inclusives et qu’elles rassemblent tout le monde sans aucune forme de discrimination.
Le Président de la République a abondé dans le même sens. Sur son compte twitter, Evariste Ndayishimiye a réaffirmé son engagement à l’endroit de la jeunesse. « J’exhorte la jeunesse burundaise à prendre conscience de son rôle dans l’édification de la Nation. Votre action façonnera le destin de notre pays et je réaffirme mon engagement à soutenir tous les jeunes travailleurs et innovateurs», a tweeté le président.
Le projet reste encore à parfaire pour une vraie réussite
S’exprimant sur le soutien leur promis par le gouvernement, certains jeunes pensent que la garantie exigée par la BIJ risque de leur barrer la route. Pour Jean Nibigira, un jeune universitaire, la banque doit exiger la garantie pour éviter de tomber en faillite. Or, beaucoup de jeunes chômeurs n’en ont pas. Pour lui, ou bien certains jeunes seront bloqués, ou bien la banque s’exposera à des pertes.
Interrogé sur la nouvelle politique de la jeunesse entreprise par l’Etat Burundais, Eric Ndayikengurutse, coordinateur national de REJA affirme avoir été fortement réconforté. Il relève néanmoins les points faibles de ce projet et donne sa contribution.
Pour lui, le travail en associations permettra aux jeunes d’augmenter les chances d’être éligibles au crédit. Pourtant, Ndayikengurukiye rappelle qu’au cas où seules les associations seraient éligibles au crédit, une partie des jeunes serait exclue. Ce qui constituerait un obstacle à l’inclusivité et au résultat escompté. Il donne l’exemple des jeunes qui ont déjà réussi à lancer leur business par leurs propres moyens qui seraient exclus. Il pense qu’il serait mieux de laisser une brèche pour ces jeunes entrepreneurs qui restent en besoin de financement.
Pour éviter que la BIJ ne tombe en faillite et garantir l’éligibilité au crédit de la grande partie des demandeurs, Ndayikengurukiye trouve qu’il est important de mettre en place un fonds de garantie. Il pense qu’il est possible d’associer les partenaires de l’Etat burundais pour qu’ils apportent leur soutien à la création dudit fonds. « C’est normal que les partenaires du Burundi apportent leur soutien à un programme priorisé par le président de la République », affirme le représentant légal de REJA. Il rappelle surtout que le projet de soutenir l’autonomisation de la jeunesse devrait aller au-delà de l’aspect capitaliste. Les jeunes chômeurs sont toujours susceptibles de participer dans des actes de perturbation de la paix.




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