Société

Les filles en situation de rue, victimes de tous les dangers

Les filles en situation de rue font face à pas mal de dangers plus que leurs pairs masculins. En plus des violences de toutes sortes, elles sont en butte à pas mal de pathologies. Les ex-filles en situation de rue nous partagent leurs témoignages    

Certes, la vie des enfants en situation de rue est une vie que nul ne souhaiterait ni à son enfant ni à ses connaissances. Mais si les garçons en situation de rue galèrent, à quoi ressemble la vie de leurs pairs féminins ? « C’est catastrophique », répond spontanément G.T, 18 ans, ex-enfant en situation de rue encadré par l’association Bon Geste de Mme Christine Ntahe. 

Un lundi matin vers 6 heures, deux adolescentes en situation de rue empruntaient la route pavée Saint Michel. Elles étaient tellement ivres qu’elles parlaient à peine. Ce phénomène ne semble pas étonner Mlle G.T. Elle nous explique que beaucoup d’enfants en situation de rue, y compris les filles prennent des stupéfiants pour pouvoir oublier les stress de la vie et pour ne pas avoir peur de dormir n’importe où. 

Si les filles peuvent être violées au sein des familles, celles qui dorment dans la rue le sont à forte raison.

Exposées à toutes sortes de violences

Les filles en situation de rue sont aussi victimes de harcèlements et de violences sexuelles. D.I. 22 ans, ex-enfant en situation de rue encadré par New Generation l’explique. «Moi j’ai eu la chance. Ce genre de choses n’existait pas dans notre bande. Nous mendiions en groupe et les garçons de la bande nous prenaient comme leurs sœurs et nous protégeaient en cas de besoin», fait-elle savoir. « Mais un jour en discutant avec les filles en situation de rue au centre-ville de Bujumbura, elles ont confirmé qu’elles sont souvent violées ou sont payées des miettes comme appât », ajoute-t-elle.  Mlle G.T la complète. « C’est compréhensible. Si les filles sont violées dans les ménages, à plus forte raison les filles qui dorment dans les rues et sont souvent ivres le sont », indique-t-elle. Ces jeunes filles sont violées soit par d’autres enfants en situation de rue ou par des hommes sans cœurs dans les quartiers, les bistrots, etc. Cela fait que ces filles portent des grossesses précoces et non désirées dont elles ne connaissent parfois pas les auteurs. Ces jeunes filles qui engendrent d’autres enfants en situation de rue augmente leur effectif.

Exposées à toutes sortes de maladies

En plus des différentes sortes de violences, les filles en situation de rue sont souvent victimes des différentes maladies dont celles qui sont sexuellement transmissibles. Les plus fréquentes sont les infections urinaires. « Pour prendre une douche, nous allions nous baigner dans le lac Tanganyika et cela ne se passait que très rarement », témoigne Mlle D.I. Lors de la période des règles, G.T nous a fait savoir que les plus propres portent de sales petits morceaux d’habits comme serviettes hygiéniques. Les autres s’enfichent et sillonnent les rues avec des habits tachetés « tellement elles sont désespérées qu’elles n’ont plus rien à perdre. Je remercie le Bon Dieu qui m’a épargné de cette misère », témoigne-t-elle avec une voix remplie d’émotions. Dans la plupart des cas, par manque de moyens pour se faire soigner, les maladies s’aggravent et au pire certaines filles meurent. « C’est vraiment Dieu qui garde les enfants en situation de rue », conclut-elle. 

La contribution de tout un chacun est indispensable

Lors d’un atelier organisé par l’association Bon Geste à l’occasion de la célébration de la journée internationale de l’enfant africain, Mme Christine Ntahe a fait savoir que les enfants en situation de rue vivent dans des conditions déplorables. Et d’ajouter que la protection de leurs droits est une urgence. Selon elle, ce combat nécessite la contribution de tout un chacun.  Sinon, les enfants en situation de rue constituent une bombe à retardement car, dit-elle, un seul enfant qui grandit et qui vit toujours dans la rue peut constituer une menace pour toute une nation.

Comme solution, dans son exposé, Hon. Martin Wilson Nivyabandi a proposé le travail en synergie de tous les acteurs en matière de protection des droits de l’enfant. Pour le gouvernement du Burundi, Hon. Nivyabandi suggère la promotion et la coordination de toutes les interventions et le soutien des associations locales œuvrant dans le secteur de l’enfance.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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