Société

Les personnes vivant avec handicap reléguées aux oubliettes

Le manque d’infrastructures adaptées à leur handicap, le problème de communication, tels sont entre autres les grands maux des personnes vivant avssec handicap au Burundi. Cela constitue une barrière à leur développement socio-économique. Pourtant, ils devraient jouir de leurs droits comme tout autre citoyen burundais.

Léopold Manirambona :« Certainement qu’il y a encore des sourds qui disposent des anciens billets par manque d’information », fait-il savoir.

Le langage utilisé par certaines personnes vivant avec handicap comme les sourds et les aveugles est inconnu de la plupart des personnes de leur entourage. Cela fait qu’ils se retrouvent dans l’incapacité de jouir de leurs droits, notamment en ce qui concerne l’accès à l’information. Cela a été précisé par un sourd du nom de Léopold Manirambona. C’était lors des cérémonies de remise de certificats à 42 jeunes formés par le centre de loisir Betsaleel dans les domaines de l’écriture braille et de la langue des signes.  L’exemple donné par Manirambona est celui de la mise en circulation des nouveaux billets de 5 mille FBu et ceux de 10 mille FBu. « Certainement qu’il y a encore des sourds qui disposent des anciens billets par manque d’information », fait-il savoir.

Comme l’a précisé Jean Daniel Mugisha, directeur du centre de loisir Betsaleel, les personnes vivant avec un handicap ont le droit de vivre heureux tout comme leurs pairs normaux. Cela n’est donc possible que si elles peuvent librement s’exprimer et être comprises dans la société. Il a appelé ces jeunes formés à utiliser les connaissances acquises pour aider cette catégorie de personnes à jouir pleinement de la vie comme tout autre citoyen burundais.

Et si on leur facilitait la vie ?

Fabrice Ntiranyibagira a suivi la formation sur l’écriture braille abrégée. Pour lui, la motivation a été de venir en aide aux personnes aveugles de son entourage. Notamment Regis Bigirindavyi, son ami et camarade de classe en Bac III dans la faculté de Psychologie et sciences de l’Education à l’université du Burundi. « Si les dirigeants tenaient en compte les personnes vivant avec handicap dans les différentes décisions qu’ils prennent, tout irait bien », fait-il savoir. Il prend l’exemple de ses camarades aveugles qui paient cher pour accéder au moindre de leurs droits : les notes des différents qu’ils apprenent à l’université. Suite au manque d’imprimerie adapté à l’écriture braille, ceux-ci n’ont pas beaucoup de choix. Il n’y en a que deux au niveau national. C’est soit à Bubanza, soit à Gitega. Cela n’arrange personne parce qu’ils doivent d’abord envoyer les notes à l’une de ces deux imprimeries en version électronique et attendre que la version papier soit imprimée et renvoyée via les agences de transport à Bujumbura. Un processus long qui n’est pas sans impact sur le rendement de ces étudiants. Surtout que ces notes leur parviennent avec un certain retard.

La non-disponibilité des infrastructures adaptées ne hante pas seulement les personnes malvoyantes, c’est une problématique commune à toutes les personnes vivant avec handicap. Peu sont les services que ce soient publics ou privés qui disposent d’un personnel capable de comprendre la langue des signes pour aider les sourds qui ont besoin de leurs services. Autant sont les infrastructures aménagées de telle sorte que les personnes sur chaises roulantes puissent y accéder facilement. Pourtant, les personnes vivant avec handicap ont le droit de solliciter les différents services comme tout autre Burundais. Cela constitue donc une barrière à leur développement socio-économique.

Dans le souci de redonner le sourire à ces catégories de personnes, Mugisha a précisé que le centre de loisir Betsaleel compte ouvrir une imprimerie adaptée au langage braille et une bibliothèque pour les personnes malvoyantes. Des chants et d’autres programmes de divertissement en langage des signes seront initiés à cette fin. Toutefois, il a souligné que les   formations en langage des signes et en écriture braille continuent au centre de loisir Betsaleel pour tous ceux qui ont la vocation d’aider les personnes sourdes et malvoyantes.

A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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