Economie

L’inflation ralentit mais, le coût de la vie continue de peser sur les ménages

Après plusieurs mois de forte hausse des prix, l’inflation moyenne annuelle au Burundi est passée de 23,3 % en avril à 20,8 % en mai 2026, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique du Burundi (INSBU). Si cette baisse traduit un léger ralentissement de la flambée des prix, les produits alimentaires, le logement, l’habillement et les services restent nettement plus chers qu’il y a un an, maintenant une forte pression sur le pouvoir d’achat des ménages.

 

L’inflation poursuit son repli au Burundi. Publiés le 11 juin sur les plateformes numériques de l’Institut national de la statistique du Burundi (INSBU), les chiffres de mai 2026 montrent que l’inflation moyenne annuelle s’établit à 20,8 %, contre 23,3 % un mois plus tôt. Cette évolution constitue un signal encourageant : les prix continuent d’augmenter, mais à un rythme moins rapide qu’en avril. Pour autant, ce ralentissement ne signifie pas que les produits deviennent moins chers. Au contraire, les consommateurs continuent de payer beaucoup plus qu’il y a un an pour une grande partie des biens et services essentiels. Les prix des produits alimentaires demeurent le principal moteur de cette inflation, avec une hausse moyenne de 17,7 %.

Dans les marchés, les hausses concernent presque toutes les denrées de base. Les céréales et les pains enregistrent une augmentation moyenne de 22,8 %, portée notamment par le riz dont le prix bondit de 35,8 %, tandis que les pains et produits de pâtisserie progressent de 28,9 %. Les légumes affichent une hausse de 12 %, mais certaines catégories évoluent beaucoup plus rapidement. Les tubercules frais augmentent de 17,5 %, alors que les légumes frais en fruits ou racines grimpent de 35,5 %.

Les produits d’origine animale suivent la même tendance. Les viandes deviennent 28,9 % plus chères, principalement en raison de la hausse de 27,7 % du prix du bœuf. Les poissons frais progressent de 25,4 %, contribuant à une augmentation globale de 14,8 % des poissons et fruits de mer. Quant aux fruits, leur prix est supérieur de 20,4 % à celui observé un an auparavant. Ces chiffres montrent que les aliments les plus consommés continuent de subir d’importantes tensions, réduisant davantage la capacité des ménages à maintenir leur niveau de consommation.

Le logement, les transports et les services accentuent la pression

Au-delà de l’alimentation, plusieurs dépenses incontournables connaissent également de fortes hausses. Les dépenses liées au logement, à l’eau, au gaz, à l’électricité et aux autres combustibles progressent de 23,6 %, notamment sous l’effet d’une augmentation de 20 % des combustibles et de 20,3 % des matériaux destinés à l’entretien des habitations.

Le secteur des transports enregistre une hausse moyenne de 13 %. Les pièces détachées et accessoires automobiles augmentent de 19,5 %, tandis que le transport routier des passagers devient 15,8 % plus coûteux. Les services de restauration figurent parmi les plus touchés. Les restaurants et hôtels affichent une inflation de 28,3 %, avec une hausse de 29,9 % dans les restaurants et cafés. Même les consommations dans les cabarets deviennent plus onéreuses, le prix des bières augmentant de 26,5 %.

L’analyse des douze fonctions de consommation utilisées pour calculer l’indice des prix confirme que certaines catégories connaissent une envolée particulièrement marquée. Les vêtements et chaussures arrivent largement en tête avec une hausse de 47,2 %, suivis des boissons alcoolisées et du tabac (32 %). A l’inverse, les communications (5 %) et l’enseignement (9,3 %) enregistrent les progressions les plus limitées.

L’inflation sous-jacente reste élevée

Si le rythme général de l’inflation ralentit, les indicateurs de fond montrent que les tensions sur les prix demeurent importantes. L’inflation sous-jacente (qui exclut les produits frais ainsi que les carburants et les sources d’énergie, afin de mieux mesurer la tendance de long terme) recule de 29,1 % en avril à 26 % en mai. Cette baisse traduit un léger apaisement, mais le niveau reste très élevé et montre que la hausse des prix est désormais largement installée dans l’économie. L’indice spécifique des produits alimentaires suit la même trajectoire. Son inflation annuelle passe de 20,3 % à 17,7 % entre avril et mai. Là encore, la progression ralentit sans s’interrompre.

Ces résultats traduisent une réalité contrastée. D’un côté, le rythme de l’inflation commence progressivement à décélérer. De l’autre, les ménages continuent de faire face à des prix nettement supérieurs à ceux de l’année précédente, notamment pour se nourrir, se loger, se déplacer ou s’habiller. Pour les familles dont les revenus évoluent peu ou pas du tout, cette inflation continue de réduire le pouvoir d’achat et de rendre plus difficile l’accès aux biens et services essentiels.

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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