Education

Les longues études, cadet des soucis pour les femmes

Les longues études  ne sont pas  le premier souci de la plupart des  filles/femmes qui terminent le baccalauréat. Les raisons sont multiples. La plupart des lauréates se préoccupent de la gestion de leurs ménages.  Embrasser les niveaux Master et Doctorat devient une surcharge. Raison pour laquelle elles s’en désintéressent

A l’université du Burundi, l’effectif des filles/femmes est de loin inférieur à celui des garçons dans les sciences comme dans les lettres.  Selon les données recueillies au service  des statistiques  de l’UB  lundi le 1er février 2021, le niveau master était constitué de 522 étudiants  dont 482 de sexe masculin et seulement 40 de sexe féminin pendant l’année académique 2019-2020.  Pendant la même période, le niveau Baccalauréat était constitué de 10 607 étudiants dont 7951 de sexe masculin et 26 56 de sexe féminin. Les étudiants  qui se sont entretenus avec Burundi Eco expliquent les raisons de cette situation.    

Selon Jeanne Kwizera, les femmes / filles sont représentées à un taux très faible à l’Université du Burundi et surtout dans les niveaux Master et Doctorat. Selon elle, c’est compréhensible. Si elles terminent le niveau Baccalauréat, la plupart des lauréates se préoccupent de la recherche de l’emploi.  De plus, elles cherchent à  fonder leurs foyers à toute bride.  Une fois qu’elles mettent au monde des enfants,  leur priorité première devient de s’en préoccuper.  Les femmes, mères au foyer accomplissent la totalité des tâches domestiques. Ce sont elles qui se chargent de la propreté, de la cuisine, etc. Selon elle, penser à embrasser les niveaux Master et Doctorat est considéré comme une surcharge et elles préfèrent se contenter du niveau d’études dont elles  disposent.

André Nduwimana, doyen de l’Institut de Pédagogie Appliquée (IPA) à l’Université du Burundi : «Même le taux des femmes qui parviennent à terminer le niveau Bac est faible par rapport à celui des garçons dans presque toutes les facultés. Dans les niveaux Master et Doctorat, là c’est le pire».

L’emploi et la gestion de leurs foyers : priorités pour les femmes

Selon l’étudiant Jean Claude Niyongabo,  les taux faibles de fréquentation des niveaux Master et Doctorat par les filles/femmes est une réalité au Burundi. Selon lui, dès qu’elles terminent le niveau licence, la majorité d’entre elles ne pensent pas à continuer leurs études. Selon toujours lui, les longues études ne concernent pas la plupart des femmes/filles.   Elles préfèrent chercher de l’emploi  ou se marier.  Selon lui, elles ont raison, car c’est bon qu’une fille qui parvient à terminer le niveau Bac se marie à un jeune âge. Néanmoins, cela a des conséquences.  C’est une charge de plus pour celle qui souhaite continuer leurs études.         

L’étudiante Claudette  Niyonkuru fait savoir qu’en Afrique en général et au Burundi en particulier,  les filles sont confrontées à  beaucoup d’obstacles tout au long de leur parcours scolaire. Ce sont notamment les mariages précoces, les conditions de sécurité, les violences sexuelles, les barrières culturelles, etc. Le Burundi n’est pas été épargné. Ces dernières décennies, à l’échelle nationale et internationale, les parties prenantes  dans la promotion de la femme se sont mobilisées  pour que les filles puissent aller à l’école et achever le cursus éducatif.  Petit à petit, avec les décisions politiques et les multiples actions des acteurs tant nationaux qu’internationaux, l’effectif des jeunes filles qui fréquentent l’école augmente.  Néanmoins, elles s’amenuisent au fur du temps avec la hiérarchisation des niveaux scolaires.

L’éducation, la clé pour atteindre la majorité des ODDs

Selon ces étudiants, malgré leurs multiples préoccupations, les femmes  doivent savoir que l’éducation est la clé qui permet d’atteindre la majorité des objectifs de développement durables. L’enseignement de qualité constitue un tremplin pour le développement. L’éducation aide à réduire les inégalités sociales et de genre. Elle offre également les moyens de vivre de façon plus saine et durable. Aussi, l’éducation contribue-t-elle à la tolérance et, par ricochet, à l’instauration des sociétés plus pacifiques. Si on s’accorde sur le rôle fondamental de l’éducation dans le processus de développement, il devient évident qu’écarter les filles du milieu scolaire c’est les condamner à l’éternelle pauvreté. Les exclure du milieu scolaire, c’est les condamner à l’éternelle domination masculine. L’accès inégal aux lieux de formation est une façon de condamner nos sociétés au  sous-développement.

Sur 750 professeurs de l’UB, 99 sont de sexe féminin

Un cadre de l’Université du Burundi  s’inquiète du fait que les taux des filles/femmes sont faibles dans les niveaux master et doctorat. Selon elle, les conséquences sont énormes. A titre d’exemple, le taux des professeurs de sexe féminin est affecté. Il est très faible, car il n’y a pas de candidates. A titre d’exemple, Sur 515 professeurs à temps plein dont dispose l’UB, seulement 69 sont de sexe féminin. Sur 235 professeurs à temps partiel de cette même Université, seulement 30 sont de sexe féminin. Au total, sur 750 professeurs de l’UB, 99 sont de sexe féminin.

Selon André Nduwimana,  doyen de l’Institut de Pédagogie Appliquée (IPA) à l’Université du Burundi,  même le taux des femmes qui parviennent à terminer le niveau Bac est faible par rapport à celui des garçons dans presque toutes les facultés.  Dans les niveaux Master et Doctorat, la c’est le pire.  Selon lui, Beaucoup de femmes sont en couple avec des charges inhérentes parfois contradictoires à la recherche et contraignantes en termes de disponibilité. Au niveau des compétences pour celles qui se présentent aux concours, elles sont comparables à celles des garçons, mais ces derniers sont plus disponibles.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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