Le centre d’accompagnement psychosocial Saint François d’Assise demande aux parents de s’impliquer beaucoup plus dans l’éradication de la toxicomanie. S’occuper de leurs enfants dès leur bas âge est une nécessité pour gagner le pari
Le centre d’accompagnement psychosocial Saint François d’Assise situé dans la zone Kamenge de la commune Ntahangwa a organisé samedi le 27 février 2021 un atelier de sensibilisation à l’endroit des parents sur le thème » Psychopathologie de l’addiction ». A cette occasion, Dr Lydie Raïssa Ihorimbere a fait savoir que la toxicomanie est encore une réalité dans les milieux scolaires, dans les ménages et dans les milieux de travail et de loisir.
Selon la psychologue Séraphine Niyakire, l’ampleur de la toxicomanie dépend de trois principaux facteurs. Le premier est le milieu social, c’est-à-dire que la situation à la maison, à l’école, au travail, dans le quartier ou dans la collectivité où on vit et où on va peut avoir une incidence sur le risque d’avoir des problèmes d’abus des drogues.

Séraphine Niyakire, psychologue :« La consommation de la drogue peut se faire de père en fils (peut être héréditaire) ».
Qu’en est-il des principaux facteurs de la toxicomanie ?
Selon toujours elle, la consommation de la drogue peut se faire de père en fils (peut être héréditaire). Il se peut que certaines personnes soient génétiquement plus vulnérables aux propriétés toxicomanogènes de la drogue. Et Niyakire d’ajouter les facteurs psychologiques. Les personnes qui prennent l’alcool ou de la drogue en consomment parce que ces substances psychotropes stimulent le cerveau et leur procurent un sentiment de bien-être. Cette boulimie immédiate pousse à en consommer de façon récurrente jusqu’à atteindre le stade de la dépendance.
Au regard des effets de la toxicomanie, Espoir Uwase, psychologue au centre d’accompagnement psychosocial Saint François d’Assise demande aux parents de se préoccuper de leurs enfants dès leur bas âge. Pour les enfants déjà toxicomanes, il demande aux parents de ne pas les maltraiter et de ne pas les discriminer pour ne pas aggraver la situation. Plutôt, privilégier le dialogue pour créer un climat de confiance est une nécessité.
Les parents alertent sur les effets de la toxicomanie
Les parents se réjouissent des efforts qui ne cessent d’être déployés pour prévenir la toxicomanie. Néanmoins, ils précisent que le chemin est encore long pour qu’ils puissent atteindre leur objectif. Ils ont fait savoir que l’effectif des enfants toxicomanes augmente du jour au jour. Les parents des enfants qui en consomment vivent un cauchemar sans nom, laisse entendre un des parents présents à cet atelier. Il demande à tout le monde de ne pas reste indifférent sur cette situation. Selon lui, les parents de ces enfants ne savent pas à quel saint se vouer. Ils sont fatigués. Ces enfants constituent un danger public, ajoute-t-il. Ceux qui ont déjà atteint le stade de dépendance volent tout ce qu’ils rencontrent sur leur passage. Ils ont de mauvais résultats à l’école. La pauvreté, les conflits et les perturbations au sein de la communauté s’ensuivent.
Albert Mbonerane, représentant légal du centre d’accompagnement psychosocial Saint François d’Assise suggère la mise en place d’un programme national sur la santé mentale comme piste de solution.
Notons qu’on enregistre plus de 190 patients qui se sont adressés au centre d’accompagnement psychosocial Saint François d’Assise depuis que ce centre est opérationnel en 2019. Parmi ces derniers, 92% sont de sexe masculin et 8% de sexe féminin.




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