Au moment où le Burundi à travers sa vision 2025 a ciblé le secteur de l’agro-industrie comme moteur de croissance et de transformation structurelle de l’économie, Godefroid Manirankunda, coordinateur de l’association Action, Développement et Interaction Régionale (ADIR) précise qu’il n’est pas facile d’aboutir à ce résultat dans un pays qui n’est pas encore doté d’une politique nationale d’industrialisation. Ne pas disposer de cette politique est une entorse à la croissance de l’économie.

Godefroid Manirankunda, coordinateur de l’association Action, Développement et Interaction Régionale (ADIR) :« C’est le Burundi qui ne dispose pas de la politique nationale d’industrialisation dans les pays de l’EAC»
Le secteur de l’agro-industrie constitue une potentialité et une perspective pour un développement industriel, indique Godefroid Manirankunda, coordinateur de l’ADIR. Néanmoins, René Nsabimana, chercheur à l’Institut de Développement Economique (IDEC) s’inquiète que ce secteur soit confronté à pas mal de défis pour être un secteur prometteur.
A titre d’exemple, Il n’est pas facile d’aboutir au résultat escompté alors que le Burundi n’est pas encore doté d’un document de politique nationale d’industrialisation qui définit les domaines prioritaires à promouvoir.Il souligne qu‘elle est là pour stimuler la croissance économique et la compétitivité de l’ économie à travers la hausse de la productivité.
Un frein à l’économie nationale
Selon lui, ne pas disposer de la politique nationale d’industrialisation constitue un frein à la croissance de l’économie nationale. En effet, on ne peut pas définir ni les interventions prioritaires, ni les normes d’industrialisation à suivre. De plus, on ne peut pas non plus définir les domaines dans lesquels on a un avantage comparatif et qu’il faut développer davantage.
Etat d’avancement encore timide
Le document de la politique nationale d’industrialisation se trouve encore à la Deuxième Vice -Présidence de la République du Burundi, indique Serges Birizanye, directeur du développement industriel au ministère du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme. Pour être adoptée, elle doit être accompagnée par le plan stratégique de développement qui contient les objectifs globaux de développement de tous les ministères. Ce plan est en cours d’élaboration et d’analyse. Selon toujours lui, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) est prêt pour financer sa mise en œuvre. Après analyse, on va passer à l’adoption de la politique nationale d’industrialisation.
A refaire
Isidore Ntirampeba, porte-parole du deuxième Vice-président de la République du Burundi rejette en bloc les propos du directeur du développement industriel au ministère du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme. Selon lui, les experts de cette institution après avoir analysé le contenu du document de la politique nationale d’industrialisation ont constaté qu’il est vide d’idées au regard de la pertinence du secteur industriel. Ce n’est que de bonnes phrases de français. Par après, il fait savoir qu’on l’a soumis aux experts de la présidence de la République du Burundi. Le constat a été le même. Il ne tourne pas autour du pot en précisant que ce document est à refaire.
Impact positif
Le Rwanda a commencé à observer un impact positif de sa politique d’industrialisation. Le volume des importations a baissé de 6% dans les quatre derniers mois de l’année 2016. C’est ce que révèlent les statistiques fournies par l’Institut National des Statistiques dans son rapport trimestriel. Le rapport souligne que le pays a importé des marchandises d’une valeur de 439,39 millions USD au cours du dernier quadrimestre 2016 alors que ce volume était de 481,15 millions USD durant la même période de 2015.
Le rapport montre que le Rwanda importait le gros des marchandises d’Ouganda avec 95,39 millions USD, de Chine avec 52,75 millions USD, du Kenya pour 35,83 millions USD, de l’ lnde avec 33,01millions USD, des Emirats Arabes Unis pour 25,07 millions USD. Il a importé principalement des produits pharmaceutiques, des produits pétroliers, des téléphones portables, des motocyclettes, des semences de céréales et du sel.
Les marchandises rwandaises ayant subi une transformation se sont accrues de 12,04% dans le dernier quadrimestre 2016. Elles sont passées de 45,98 millions USD au dernier quadrimestre 2015 à 51,52 millions USD au dernier trimestre 2016. La Suisse, le Kenya, la RDC et le Singapour ont été les principaux pays qui ont importé les minerais et les cultures d’exportation dont le café et le thé rwandais. Le volume des marchandises exportées tel que le montre ledit rapport est de 112,54 millions USD au moment où les importations s’évaluent à 439.39 millions USD.
Signalons qu’un atelier national d’échange et de validation de la politique d’industrialisation du Burundi a eu lieu le 08 décembre 2016. Et Manirankunda de préciser que c’est le Burundi qui ne dispose pas de la politique nationale d’industrialisation dans les pays de l’EAC.




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