Commerce

Le marché de Kamenge décolle à merveille malgré certains défis

Après que le marché de Kamenge ait été ravagé par le feu dans la nuit du 3 octobre 2020, il a été réhabilité quelques mois plus tard. Il y a sept semaines, ledit marché a été ouvert officiellement. Actuellement, les activités commerciales vont bon train, mais les commerçants des denrées alimentaires déplorent les conditions dans lesquelles ils travaillent    

Il est 11 h passée. A bord d’un minibus, depuis le centre-ville de Bujumbura, nous débarquons au marché de Kamenge nouvellement réhabilité. Dans cette zone, la circulation est intense que ce soient les motos, les bicyclettes et les véhicules. Ainsi, les piétons font preuve de beaucoup de prudence pour éviter d’être percutés par les engins motorisés. A toutes les entrées de ce marché se trouvent de grands récipients d’eau pour se laver les mains en vue de limiter la propagation du Coronavirus. Malheureusement, tout le monde ne le fait pas. Certaines personnes trompent la vigilance des agents de sécurité qui sont sur place.

A l’intérieur du marché, les activités commerciales vont bon train. Apparemment, la majorité des échoppes ou des stands sont occupés et sont remplis de marchandises. Il y en a d’autres qui sont inoccupés. Leurs propriétaires sont en train de finaliser les travaux qui précèdent l’installation des marchandises tels que la mise en place des étagères et, d’ailleurs, les bruits des meuleuses retentissent dans différents coins où les soudeurs sont à l’œuvre pour cette fin.

Certaines denrées alimentaires sont étalées juste près d’une poubelle qui dégage une odeur désagréable.

Le marché de Kamenge est un édifice en étages. Mais il est plus dynamique en bas qu’en haut. « Les acheteurs préfèrent beaucoup plus les marchandises du rez-de-chaussée que celles qui se trouvent en étage », indique un réparateur de téléphones mobiles rencontré à l’étage, côté Ouest.  Les allées sont plus ou moins larges et, en conséquence, les camions anti incendie peuvent avoir accès à certains endroits. Mais dans d’autres, il leur serait difficile d’y arriver. Par exemple dans la partie réservée à la vente des denrées alimentaires.

En plus de cela, un système anti incendie a été mis en place, mais les tuyaux déjà installés à cette fin ne sont pas suffisants compte tenu de la grandeur du marché. Une chose à saluer c’est que les parkings sont opérationnels (bien qu’ils soient payants) et les voitures sont séparées des vélos.

Tous les commerçants ne sont pas satisfaits

En général, les commerçants œuvrant dans le marché de Kamenge sont à l’abri du soleil et de la pluie, car il est couvert de tôles un peu partout. Par contre, dans sa partie Sud qui se trouve au bord de la rivière Nyabagere, ce n’est pas le cas. Cette zone réservée à la vente des denrées alimentaires périssables n’est pas couverte de tôles. Les commerçants qui y travaillent (majoritairement des femmes) sont toujours exposés au soleil et à la pluie. Ils doivent se munir des parapluies pour s’abriter. C’est le grand défi auquel ils font face.

« Que nous soyons bien traités comme les autres commerçants de l’intérieur du marché, car nous sommes aussi en ordre avec le fisc. La partie dans laquelle nous travaillons mérite d’être réhabilitée et couverte de tôles », se lamente une commerçante de patates douces. Quand il pleut, précise-t-elle, tout un chacun quitte cette partie du marché avec certaines de ses marchandises pour revenir quand le beau temps sera là. Ce qui fait que leurs marchandises se fanent rapidement et perdent leur qualité. Cela étant, les frais que ces commerçants payent mensuellement sont exorbitants par rapport aux années passées. Ils sont passés de 15 000 FBu à 50 000 FBu. Si la tendance n’est pas inversée, les commerçants et les clients risquent d’attraper les maladies liées au faible niveau d’assainissement, car la poubelle est juste à côté et dégage en permanence une odeur nauséabonde.

Quid du marché provisoire ?

Après que le marché de Kamenge ait pris feu en 2020, certains commerçants ont déménagé dans les autres marchés se trouvant dans la ville de Bujumbura. Mais il y en a qui se sont installés le long de la 7ème avenue de Kamenge et des 11ème et 12ème avenues de la zone de Cibitoke. Actuellement, ils n’y sont plus sauf dans une petite partie de l’avenue séparant les zones de Cibitoke et Kamenge. Quelques-uns y étalent les marchandises telles que les friperies, les chaussures voire les denrées alimentaires. « Certains d’entre nous n’ont pas de capitaux suffisants pour s’installer à l’intérieur du marché. Et d’ailleurs, les places à occuper sont rares », lâche une femme qui vend l’huile de palme.

Le marché de Kamenge a été ouvert officiellement le 27 novembre 2021 après qu’un incendie l’ait ravagé le 3 octobre 2020. Il compte environ 3 000 places et a été réhabilité pour environ deux milliards de FBu.

A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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