Lors d’une réunion avec les forces de sécurité de la région Est, tenue dans la ville de Muyinga jeudi le 24 juillet 2025, Martin Niteretse, ministre de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique, a annoncé des décisions draconiennes censées entrer en vigueur immédiatement.

Mélance Maniragaba, rédacteur en chef adjoint.
Ces mesures visent à lutter contre la spéculation sur les produits de grande consommation, notamment les boissons BRARUDI, le sucre et le ciment BUCECO. Les spéculateurs devront être arrêtés, et les biens saisis seront vendus aux enchères. Quant à l’administration de base et au policier responsable de la colline qui ne dénonceraient pas ces pratiques, ils seront poursuivis pour complicité.
Par ailleurs, d’autres cibles de ces mesures sont les rabatteurs, les commissionnaires et les fraudeurs. Depuis un bon moment, les autorités compétentes peinent à enrayer la spéculation et les activités illégales de ces intermédiaires. Un combat qui s’apparente à un véritable parcours de combattant.
Cependant, une inquiétude grandissante émerge : pourquoi le ministre prend-il ces mesures alors qu’il est en transition vers l’Assemblée nationale ? S’agit-il d’une réelle volonté de réforme ou d’une simple opération de communication ?
Ce qui est certain c’est que la spéculation sur les produits de grande consommation comme les boissons de la BRARUDI, le sucre, et le ciment BUCECO) est un phénomène récurrent. Elle se manifeste par une rareté artificielle, une hausse injustifiée des prix et une difficulté d’accès pour les consommateurs. A cela s’ajoutent des circuits de distribution entachés de favoritisme, la complicité passive ou active de certaines autorités locales, le déséquilibre entre l’offre et la demande et le détournement des produits vers le marché informel.
Si la décision ministérielle semble répondre à une urgence, elle soulève néanmoins des doutes quant à sa durabilité et sa mise en œuvre effective, surtout en l’absence d’un mécanisme de suivi robuste et dans un contexte de changement de leadership.
Néanmoins, elle marque une prise de conscience de ce phénomène au sommet de l’Etat. Ce qui pourrait ouvrir la voie à des réformes plus profondes, à condition que le futur ministre s’inscrive dans cette continuité.
Il est souhaitable donc mettre en place un système de traçabilité pour les produits sensibles, d’obliger les distributeurs agréés à publier les quantités reçues et vendues, d’utiliser des applications numériques de suivi, de prendre des sanctions exemplaires contre les spéculateurs, d’encourager les citoyens à dénoncer les abus et à refuser d’acheter à des prix excessifs…



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