Editorial

MID : Des questions sans réponse

La Banque Centrale a opérationnalisé le 4 mai 2023 le premier Marché Interbancaire des Devises (MID) avec les banques commerciales et les bureaux de change. Cela avec un taux moyen pondéré des transactions sur ce marché et à la même date de 2 875,16 FBu par USD.

Mélance Maniragaba, rédacteur en chef adjoint.

La veille de l’opérationnalisation de ce marché, c’est-à-dire, le 3 mai 2023, le taux de change officiel fixait le coût d’un dollar américain au vendeur à 2100,8434 FBu et à l’acheteur à 2067,4966 FBu. Ce qui fait une différence de 774,3166 FBu.

Nous ne sommes pas des experts pour dire que la monnaie burundaise a subi une baisse délibérée de sa valeur par rapport au dollar américain. Toutefois, ce qui saute aux yeux, la monnaie burundaise a perdu immédiatement sa valeur, car le coût du dollar américain a augmenté. Ce qui n’est conseillé que quand le taux de change est fixe.

Apparemment, la perte de la valeur de la monnaie occasionne une réduction des importations, soit une augmentation des prix sur le marché. Cela au cas où la production n’est pas conséquente.

Ce qui impacte immédiatement la vie des ménages, d’où la nécessité d’augmenter les salaires des fonctionnaires si cela en est le cas pour le pays.

Egalement, la baisse de la valeur de la monnaie affecte également la compétitivité des exportations. Pour ce qui est du pays, les entreprises sont tenues à produire des produits suffisants et de bonne qualité destinés à l’exportation.

Alors que l’annonce de l’opérationnalisation du MID figure dans un circulaire de la Banque Centrale du 28 avril 2023, le marché noir s’est directement effondré. Le prix d’un dollar américain est passé de 4 700 FBu à 3 000 FBu en un jour.

Ledit circulaire de la Banque Centrale évoque aussi que les banques commerciales et les bureaux de change ainsi que la clientèle vont se référer au taux de change publié par celle-ci dans leurs opérations. Cela sans dépasser un intervalle de plus ou moins 2%.

Au sein des banques, il est difficile de préciser que les clients s’y approvisionnent facilement en devises. Il est encore tôt. Au marché noir, les changeurs ont adopté un autre comportement. Pour ceux qui cherchent les devises, ils disent ne pas en posséder. Malgré cela, ces changeurs n’hésitent pas à l’acheter à ceux qui les amènent tout en spéculant que si la Banque Centrale ne débloque pas les devises, la valeur de celles-ci va reexploser encore une fois.

Il est difficile de tout raconter donc, mais des questions sans réponse restent, notamment si le taux de change officiel sera semblable à celui du marché noir, si les banques commerciales et les bureaux de change seront approvisionner régulièrement en suffisance en devises …Au Banque Centrale de nous éclairer !

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Mélance Maniragaba.

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