Le remaniement ministériel survenu un mois après l’adoption du budget national risque de perturber pendant un certain moment le bon déroulement des activités au sein des différents ministères. Cela parce que le budget général de l’Etat pour l’exercice 2025-2026 avait été conçu selon l’ancien organigramme. Pour l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), cette situation découle principalement d’un déficit de planification de la part du gouvernement du Burundi.

Le budget adopté pour l’exercice budgétaire 2025-2026 était adapté à l’ancien organigramme gouvernemental.
En date du 24 juin 2025, le gouvernement du Burundi a procédé à l’adoption de la loi n°1/12 portant fixation du Budget Général de la République du Burundi pour l’exercice 2025-2026. Ce budget était destiné à financer les activités des différentes institutions de l’État, dont les 15 ministères alors en fonction. Cependant, le 5 août 2025, soit à peine un mois plus tard, un remaniement ministériel a été opéré à la suite de la nomination d’un nouveau Premier ministre, M. Nestor Ntahontuye. Ce remaniement a entraîné une réduction du nombre de ministères, passant de 15 à 13, avec des fusions, des suppressions et des modifications dans les attributions de certains ministères.
Une situation plutôt complexe
Cette situation a entraîné tant de changements, que ce soit sur le plan économique ou administratif. Selon Alexis Nimubona, porte-parole de l’OLUCOME, l’un des impacts de cette situation est le désalignement budgétaire. Comme l’explique Nimubona, le budget adopté pour l’exercice budgétaire 2025-2026 était adapté à l’ancien organigramme gouvernemental. La fusion, la suppression ou le changement de portefeuilles des ministères peut donc causer des défis, surtout au niveau de l’allocation des ressources, car les lignes budgétaires de l’époque ne correspondent plus aux nouvelles entités. Ce qui nécessitera obligatoirement la réorientation des budgets selon le nouvel organigramme. Ce qui va demander encore plus de ressources.
Sur le plan opérationnel, M. Nimubona souligne un autre défi: le temps nécessaire pour mettre en place les nouvelles équipes au sein des ministères et des administrations provinciales. Ce délai risque de ralentir l’exécution des projets en cours, dans un contexte où le pays fait déjà face à des difficultés d’absorption budgétaire. L’OLUCOME craint que cette situation entraîne l’annulation de nombreux frais engagés.
De plus, il y aura un problème dans l’exécution des projets des ministères. Et cela car le personnel est obligé de s’adapter à la nouvelle structure. Ce qui implique une nouvelle attribution des cahiers des charges. Ce temps d’ajustement peut engendrer des confusions de la part du personnel. Ce qui peut affecter leur efficacité dans l’exécution des projets prévus.
Un manque de planification
Pour l’OLUCOME, cette situation découle principalement d’un déficit de planification. « Chez nous, nous avons un problème de planification. C’est comme si nous fonctionnions dans un système de tâtonnements », déplore M. Nimubona. Il estime que le remaniement ministériel n’a pas été improvisé et qu’il aurait été plus judicieux d’attendre son aboutissement avant d’adopter le budget national. Cela aurait permis de concevoir un budget aligné sur le nouvel organigramme, évitant ainsi les déséquilibres actuels.
L’OLUCOME recommande vivement au gouvernement de développer une culture de planification rigoureuse. Selon M. Nimubona, sans une planification stratégique, il sera difficile d’atteindre les grandes ambitions politiques du pays, notamment la vision 2040-2060. Il appelle à une meilleure coordination entre les réformes institutionnelles et les processus budgétaires afin de garantir une gouvernance efficace et une utilisation optimale des ressources publiques.




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