Le déplacement interne des personnes occasionne la surcharge sur la famille hôte. En ce qui concerne le mouvement de la population au Burundi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’occupe essentiellement du rétablissement des liens familiaux. Mais dans d’autres pays, cette organisation humanitaire peut apporter une assistance aux populations concernées. Dans ce cas, il faut cibler non seulement les déplacés, mais aussi les familles hôtes. Cela pour éviter de créer d’autres problèmes
Selon Philippe Beauverd, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Burundi, lorsqu’on a des personnes supplémentaires dans les communautés que cela soit dans les camps de déplacés, dans les familles hôtes, dans les camps de réfugiés, il y a un impact sur les communautés suivant le volume des personnes. Ce qui déstabilise les communautés locales.
En République Démocratique du Congo par exemple, la politique du pays n’est pas d’implanter des camps de déplacés dans le pays. Des familles accueillent généreusement les déplacés comme l’explique le chef de la délégation du CICR au Burundi.
« Dans ce cas, le CICR assiste non seulement les déplacés, mais aussi les familles d’accueil. Les grandes interventions concernent la distribution des semences aux familles d’accueil afin de partager la récolte après », déclare M. Philippe Beauverd avant de préciser que la RDC n’a pas de conflits liés à la terre.
L’autre cas auquel on peut assister dans les camps des déplacés, informe-t-il, c’est le soutien accru aux structures de santé locales qui peuvent être débordés.
Rétablissement des liens familiaux, une activité principale au Burundi
Le chef de la délégation du CICR informe qu’ils ont entrepris à leur niveau des activités en faveur à des gens qui se trouvent dans un pays tiers juste dans le périmètre, aux alentours voire plus loin.
« De manière générale, l’activité principale au Burundi c’est le rétablissement des liens familiaux. Nous enregistrons avec nos amis de la Croix-Rouge tanzanienne, rwandaise et congolaise les enfants non accompagnés qui n’ont pas de parents proches. Ceux-ci peuvent ne pas être en contact direct avec leurs familles », fait-il remarquer.

Philippe Beauverd, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Burundi : « En matière de mouvement de la population, l’activité principale du CICR est le rétablissement des liens familiaux »
Le nécessaire est de rétablir les liens avec la famille qu’elle soit dans un autre camp, dans un autre pays ou au Burundi. Pour le faire, les équipes de la Croix-Rouge du Burundi sillonnent le pays pour localiser la famille de l’enfant. Elle les met en contact par téléphone ou par un message croix rouge (lettre ouverte, manuscrite écrite par les personnes, collectée et distribuée par la Croix-Rouge du Burundi).
Ces lettres sont lues pour s’assurer qu’il y a des nouvelles familiales uniquement et non des nouvelles politiques ou autres.
« Si l’enfant le souhaite ainsi que la famille et si les conditions de retour sont réunies, le CICR ramène l’enfant en famille », renchérit M. Philippe Beauverd. Et de signaler : « Le CICR fait en sorte que l’enfant réinséré ait le nécessaire pour retourner à l’école.
Le processus de réunification familiale n’est pas faite seulement par le CICR. D’autres organisations humanitaires y sont impliquées. Dans les camps des réfugiés par exemple, il y a le processus appelé « Best Interest for the Child » (Ce qui est le mieux pour l’enfant). Le CICR n’est pas impliqué dans ce processus.
Les activités du CICR au Burundi ne se limitent pas seulement à la réinsertion des enfants. L’organisation humanitaire s’occupe également des personnes vulnérables, parfois des prisonniers (cas des réfugiés arrêtés. S’ils le souhaitent, le CICR le signale au HCR). Les programmes du CICR sont exécutés en collaboration avec les communautés locales, les autres organisations humanitaires et l’administration, de la base au sommet.
Qui tire profit des mouvements des personnes ?
D’après le rapport « Rendre les migrations bénéfiques à tous » des Nations Unies de décembre 2017, les migrants apportent une contribution positive tant à leur pays d’accueil qu’à leur pays d’origine. Sur le plan financier, les migrants, y compris en situation irrégulière, contribuent en payant les impôts et en injectant environ 85 % de leurs revenus dans les économies des pays d’accueil.
Les 15 % restants sont injectés dans les pays d’origine par envois de fonds. On estime qu’en 2017 environ 596 milliards de dollars ont été transférés par envois de fonds à l’échelle mondiale, dont 450 milliards de dollars à destination des pays en développement.
Le montant des envois de fonds équivaut jusqu’à trois fois le montant total de l’aide publique au développement. D’après des études empiriques, les migrants acceptent souvent des emplois que la main-d’œuvre locale dédaigne et stimulent ainsi l’activité économique.
Les migrants apportent aux sociétés qui les accueillent des compétences et un esprit d’entreprise. De même, les migrations contribuent à améliorer les compétences et l’éducation dans les pays d’origine. Les migrants et les rapatriés échangent des idées et motivent d’autres personnes à élever leurs ambitions économiques.
Le rapport stipule par contre que les pays qui voient émigrer de grands nombres de travailleurs qualifiés peuvent rencontrer des difficultés à combler les vides créés dans leurs marchés de l’emploi. Les envois de fonds, le transfert des compétences et d’idées, la formation des réseaux et l’ouverture des marchés d’exportation ont tendance à peser davantage que la perte temporaire des travailleurs.
Le CICR est une organisation strictement humanitaire, indépendante et neutre qui protège et assiste les victimes des conflits armés et d’autres situations de violence. Il intervient dans les situations d’urgence et s’emploie également à promouvoir le respect du droit international humanitaire et son intégration dans les législations nationales.




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