Dans la commune Mwaro de la province de Gitega, les forgerons continuent à pratiquer un métier ancestral malgré des conditions de plus en plus difficiles. La matière première, autrefois accessible localement, est aujourd’hui rare et chère. Faute de ferraille disponible, ces artisans doivent s’en approvisionner à Bujumbura à une cinquantaine de kilomètres à des prix élevés. Ce qui augmente considérablement le coût de la production.

Plus la matière première est chère, plus le prix des produits finis l’est aussi. Ce qui réduit le nombre de clients.
« Malgré les obstacles, nous persistons par passion et par fierté pour préserver un savoir-faire traditionnel qui fait partie du patrimoine culturel de nos ancêtres », précise Déogratias Niyonizeye, trentenaire, habitant la colline Mago de l’ancienne commune de Kayokwe.
Ce père de trois enfants, aujourd’hui résident de la commune de Mwaro dans la province de Gitega indique qu’il est issu d’une famille de forgerons.
« J’ai commencé le métier de forgeron à l’âge de 12 ans », raconte-t-il avant de préciser qu’il n’a pas eu la chance de fréquenter l’école.
Pour M. Niyonizeye, le métier hérité de ses ancêtres n’est pas mauvais en soi. Il est une source de fierté, car il permet de travailler le fer et de perpétuer une tradition ancestrale. Le principal défi, selon lui, réside dans le manque de matières premières et le coût élevé du transport des ferrailles à fondre.
Le trentenaire explique qu’actuellement, les forgerons de la commune de Mwaro s’approvisionnent en ferrailles provenant de véhicules usagés à Buyenzi, dans la province de Bujumbura, située à une cinquantaine de kilomètres de Mwaro.
Pour s’y rendre, M. Niyonizeye indique qu’il paie un ticket de transport de 20 mille FBu lorsqu’il part du centre de Mwaro et de 25 mille FBu quand il part de Kibumbu. Au retour, en plus de son propre ticket, le transport des ferrailles lui coûte environ 50 mille FBu.
De surcroît, le coût des ferrailles est également élevé. Avec le temps, leur prix a augmenté et elles s’achètent aujourd’hui entre 3 mille et 4 mille FBu le kilo, selon toujours le forgeron de Mago.
La hausse du prix des ferrailles pèse sur celui des produits finis
Fidèle Hatungimana, connu sous le sobriquet de Madori habite la colline Kanka, de l’ancienne commune de Bisoro.
Pour ce résident de l’actuelle commune de Mwaro, dans la province de Gitega, plus la matière première est chère, plus le prix des produits finis l’est aussi. Ce qui réduit le nombre de clients.
Agé d’une cinquantaine d’années et père de sept enfants, ce forgeron explique que par exemple un couteau coûte environ 1 500 FBu, une faucille 5 mille FBu, une harpe 12 mille FBu et une hache 40 mille FBu.
Les forgerons de Mwaro, ajoute-t-il, n’ont pas encore développé la culture du travail en association ou en coopérative. Chacun exerce son métier en solo.




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