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Ngozi : Emmanuella Harerimana, la femme aux multiples casquettes

Cheffe des notables collinaires de Kanyami, Emmanuella Harerimana, connue sous le sobriquet de Muhuza est active dans l’administration locale depuis 2005. Aujourd’hui, elle aspire à devenir cheffe de colline. En plus de ses responsabilités administratives, elle exerce dans l’agriculture, le commerce et même la boucherie.

Emmanuella Harerimana, alias Muhuza : « Dans ma jeunesse, j’étais timide. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui ».

 

« Lorsque je me suis présentée aux élections des notables collinaires, mon mari n’y croyait pas. Il m’a cependant promis un cadeau si j’étais élue. J’étais classée 28ème numéro sur 33 candidats », se souvient Emmanuella Harerimana, quadragénaire, mère de trois enfants, originaire de la colline Kanyami, dans l’ancienne province de Ngozi.

Finalement élue à la tête des notables collinaires, elle confirme avoir reçu le cadeau promis. Aujourd’hui, elle ambitionne de franchir un nouveau cap en devenant la première responsable de sa colline.

D’une jeune fille timide à une leader affirmée

Mme Harerimana se rappelle qu’elle était très timide durant sa jeunesse. Elle croyait alors que sa vie se limiterait à travailler aux champs, à entretenir les caféiers, à vendre les frites de patate douce et le piment.

Au début des années 2000, une approche mise en œuvre par Care Burundi, appelée Nawe Nuze, lui a ouvert les yeux. Ce programme encourageait l’intégration dans des associations d’épargne et de crédit pour faciliter l’accès aux prêts mutuels. Il sensibilisait également les femmes à sortir de leur isolement et à participer aux instances de prise de décision.

« C’est à ce moment-là que j’ai commencé à développer mes activités. J’ai tenté le commerce de la viande de chèvre grillée, mais cela n’a pas marché. Aujourd’hui, je vends la viande de porc grillée, en plus du vin de banane, des boissons de la Brarudi, et je gère une boutique, un restaurant… », précise-t-elle.

Mme Harerimana affirme également pratiquer l’agriculture moderne. Elle fait partie d’une tontine comptant 75 membres. Chacun y verse 10 000 FBu par tour. Le bénéficiaire touche 750 000 FBu.

« Imaginez si vous cotisez pour deux noms, vous pouvez encaisser environ 1 480 000 FBu », ajoute-t-elle fièrement.

En plus de Nawe Nuze, elle se souvient avoir participé à un atelier animé par un haut cadre de l’Etat en 2005. Ce dernier les avait encouragés à rester concentrés et productifs, pour ne pas dépendre des autres.

« Cela m’a profondément marquée. Depuis, j’ai décidé d’apporter ma contribution au développement de mon foyer et de mon pays », explique-t-elle.

Faire respecter la loi, un principe de base

Mme Harerimana insiste sur l’importance du respect de la loi dans son travail de cheffe du conseil des notables collinaires.

« Pour gagner la confiance des citoyens, je me base sur la législation. Je suis aussi l’une de celles qui luttent contre la corruption. Je n’ai même pas peur d’intervenir la nuit si nécessaire. Et quand la situation l’exige, je demande à d’autres de m’accompagner », signale Muhuza.

Elle déplore que certaines femmes se sous-estiment et hésitent à se porter candidates, souvent découragées par leurs maris.

« Pourtant, les femmes sont capables ! », insiste-t-elle.

Côté personnel, Muhuza révèle qu’elle n’est pas très gourmande. Femme simple et joyeuse, elle mange surtout de la banane et des haricots. Sa boisson préférée est la bière « Primus ».

Elle confie aussi aimer danser, que ce soit des chants religieux, profanes ou politiques.

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A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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